La Marque Rouge de Ruberto Sanquer

La Marque Rouge est le second tome, venant après L’Aura Noire déjà chroniqué. Dans cette chronique je vous parlais justement de ma déception face au « méchant » de l’histoire, le Démon majeur, qui manquait singulièrement de charisme, mais aussi de mon agacement face au personnage principal que je trouvais trop… immature. J’avais toutefois souligné la force de cet univers avec des concepts clairement définis et le rapprochement avec la nature et la magie wicca. Voyons voir ce que donne ce second tome…

Mon résumé

Enfin décoiffée de cette aura noire qui lui aura fait perdre de nombreuses personnes et qui aura dévasté Isafjur, Louyse, accompagnée de ses amies apprenties-sorcières, espère bien mettre tout cela derrière elle. Elle ignore que le Démon Majeur a laissé un nuage de poussière rouge derrière lui qui commence petit à petit à grignoter la population… et à les rendre particulièrement voraces ! Bien décidée à endiguer cette prochaine catastrophe et à tout faire pour enfin accepter son rôle de Sentinelle, Louyse se lance dans la lutte contre le Mal.

Mon avis

Les personnages

Dans ce second tome le personnage de Louyse a enfin évolué, et ce n’est pas pour me déplaire ! Plus sage, plus réfléchie, elle semble également moins hystérique. Il faut dire que l’auteure ne l’avait pas ménagée dans le premier tome… Mais dans celui-ci non plus ! La Mort n’en a pas fini avec elle et semble bien décidée à manger toute crue notre jeune apprentie. Accompagnée de ses hordes de Yeux Rouges, plus tard appelés Lucifuges, la Mort dévaste tout sur son passage et bientôt il ne reste plus aucun citoyen à protéger, dévorés par cette marque rouge qui leur fait perdre la tête. Les seuls qui semblent être épargnés se sont les enfants, les sorcières et les briseciels…

Par contre ses autres camarades, elles, ne semblent pas avoir beaucoup évolué, et on a l’impression parfois étrange qu’elles sont complètement à côté de la plaque à se plaindre, gémir et geindre après les tâches qu’on leur donne, alors que le monde sombre. Alors certes, cela rend Louyse par opposition beaucoup plus intéressante, mais je trouve cela dommage que ses amies ne servent finalement qu’à l’embellir et ne soient pas davantage mises en valeur.

Pour continuer sur les personnages j’ai adoré retrouver Dras que je trouvais déjà très intéressant dans le premier tome, beaucoup plus nuancé que les autres personnages du roman. Il prend ici toute son importance avec ses capacités surnaturelles et semble lui aussi bien décidé à rattraper ses erreurs. Un autre personnage fait son apparition, – une apparition éclair devrais-je dire – , avec des caractéristiques tout à fait singulières par rapport au reste des troupes. Je ne vous en dis pas plus, vous le découvrirez bien assez tôt, mais j’en attends beaucoup !

Pour terminer, je parlerai ici un peu du point de vue de la Mort. En effet, comme dans le premier tome, l’auteure a placé avec justesse le point de vue du « méchant » ici représentée par la Mort qui coiffait auparavant notre jeune Louyse. Elle n’est pas beaucoup plus charismatique que le précédent, ce que je lui avais reproché, mais ici ça ne me dérange pas autant. D’une part, parce qu’elle agit, elle n’est pas inactive, elle va sur le champ de bataille, elle rôde, poursuit sa proie, se fond même dans la masse, bref, elle fait montre de plus de perfidie dans ses actes et ne se cache pas derrière son petit nuage. D’autre part parce qu’elle est aussi moins « humaine » en quelque sorte, presque immatérielle, tout ce qu’elle veut c’est dévorer sa proie un point c’est tout et quelque part ça rend ce personnage très comique et on aurait presque pitié d’elle ^^

Ambiance : ombre et lumière

Ce roman est beaucoup plus sombre que le premier, la mort rôde à chaque coin, les chats se font dévorer, les uns tuent leurs amis, et les cadavres se multiplient un peu partout. Et la révolte gronde du côté des étudiants qui aimeraient bien se faire entendre de leurs aînés… Oui décidément le monde semble sombrer dans le chaos sans aucun secours à l’horizon.

Heureusement pour contrebalancer cet état de siège et cette noirceur, la lumière semble revenir à chaque fois. Les jeunes apprenties, désormais armées de leurs Ringtree apprennent petit à petit à les maîtriser… et là encore Louyse attire toute l’attention. Pourquoi réussit-elle tous ses sorts alors que toutes ses amies mettent un temps fou à les maîtriser ? Pourquoi ses Ringtree se sont-ils débridés tout seul ? Et que signifie être l’Élue, surnom dont on l’affuble allègrement sans lui expliquer quoique ce soit ? Tout aussi perdu qu’elle, on avance dans le noir, à l’aveuglette, les mains tendues devant nous en espérant éviter la chute.
Outre leur magie qu’elles apprennent à maîtriser, les apprenties se rapprochent également de leurs homologues masculins : les Briseciels. Ce qui ne sera pas sans conséquence dans ce monde où sorcières et briseciels n’ont pas le droit de s’aimer… sous peine d’être radiés. Oui mais voilà, en ces temps de doute, de douleur, de peur, l’heure n’est plus vraiment à la réflexion et des couples commencent petit à petit à se former, ce qui pourrait les mener bien plus vite à leur perte que n’importe quelle Mort.

Le rythme dans la peau

Tout va très très très vite. Le roman est littéralement scandé par une partition en quatre parties : d’abord un compte à rebours de 6 jours (p.0 – 113) ensuite l’été (p.114 – 199), ensuite l’automne-hiver (p.200 – 305) et enfin le printemps (306 – 375). De quoi faire tourner la tête… et de quoi se perdre aussi. Heureusement chaque partie est marquée par un événement particulier qui donne des points temporels précis aux lecteurs. Malgré tout j’ai eu l’impression que certaines parties manquaient alors de profondeur, ou manquaient d’être étirées. De plus il n’y a pas seulement cet élément temporel qui rentre en ligne de compte mais aussi l’apprentissage des sorcières, du fait que Louyse soit une Sentinelle, doublée d’une Élue, on a l’impression qu’un entraînement qui aurait dû durer beaucoup plus longtemps est fait avec une facilité déconcertante, tout comme certaines épreuves qui auraient demandé à être corsées pour rajouter un peu de piquant. Certes, l’état de siège obligeait les aînées à les faire gravir les échelons rapidement mais j’ai trouvé cela un peu dommage de « céder » si facilement. Ou tout simplement aussi que je râle uniquement parce que j’aurais bien voulu en apprendre plus, oui, c’est possible !

Par ailleurs en parlant de rythme… je l’ai dévoré. Si si littéralement. Je peux dire ce que je veux, en faire une critique peut-être un peu mitigée, je ne peux pas vous mentir sur un point : je voulais TOUJOURS en savoir plus. Peu importe que certains personnages manquent de ci de ça, peu importe que l’intrigue aille à une vitesse folle, on veut SAVOIR. Parce qu’on sent, indubitablement, que l’auteure veut nous emmener quelque part, qu’elle a un point précis bien ancré, et qu’on s’y dirige la tête la première sans même pouvoir ralentir.

Le mot de la fin

La Marque Rouge est un roman qui se lit d’une traite, sans discontinuer, la tête plongée dedans à ne pas vouloir s’arrêter avant d’avoir eu le fin mot de l’histoire. Si je regrette encore certaines choses (maturité de certains personnages, rapidité dans l’exécution de certains apprentissages, etc.), je ne peux que souligner la détermination avec laquelle nous entraîne Ruberto Sanquer. J’avoue je suis un peu sadique j’ai bien envie de savoir ce qui va encore arrivé à Louyse dans le tome 3 mwahahaha.

Premier roman du mois de la fantasy validé, avec un total de 10 points ! 🙂

2 commentaires sur “La Marque Rouge de Ruberto Sanquer

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    1. J’essaye toujours d’être juste et impartiale dans mes critiques… mais j’avoue que c’est dur quand on sait la merveilleuse personne que tu es et qu’on a des points plus ou moins négatifs à relever ! 😮 Je suis contente que cela t’aide 🙂

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