Sorciers de Maxime Fontaine et Romain Watson

Quelle joie d’être partenaire de maisons d’édition qui prennent autant soin de leurs ouvrages ! Plein de dorures, une couverture magnifique, des cartes de tarot découpables en guise de rabat…et alors lorsqu’ils envoient une box pleine de surprises à leurs partenaires, comment ne pas en être tout émoustillé ? Et vous allez voir que la couverture n’est pas la seule chose qui claque dans ce livre, l’histoire n’est pas en reste.

Mon résumé

Au cirque Palazzi il y a des magiciens. Des vrais. Qui peuvent s’envoler et faire venir des bourrasques, invoquer des iwas et parler aux esprits, voire même voyager jusqu’en enfer. Je devrais dire des sorciers, après tout « La magie blanche n’existe pas. Tout est sorcellerie, et découle de l’ombre. » Il y a donc Ernest, magicien à ses heures perdues, dompteur de souris, vivant une passion tumultueuse avec sa dame, et ayant recueilli Déa, une jeune aveugle étrange et silencieuse. Ensuite il y a Kétinée, pratiquant la sorcellerie vaudou, invocatrice d’esprits, praticante des arts obscurs, et son oncle, Kilma, un vieux grincheux à l’humour grossier pour lequel on se prend d’affection. Ils sont en pleine représentation quand tout part en cacahuète. Un groupe d’affreux grimés en clown balancent des torches sur des chapiteaux et enlèvent les enfants, dont Déa, attirée par leur aura de mystère. Pour les retrouver Ernest, Kilma et Kétinée vont devoir vaincre des dieux dont la folie et la cruauté n’ont d’égale que l’imagination et les cauchemars, triompher d’une justice bancale aux côtés d’un Prince aux airs de Diable et se faire pions dans un échiquier qu’ils auront bien du mal à comprendre. Tremblez, lecteurs qui entrez ici, car cette histoire n’est pas comme les autres. Elle est grandiose, spectaculaire, et pleine d’une sorcellerie terrifiante et surprenante.

Mon avis

Le fait est que je ne m’attendais pas à ça. Dans le résumé originel on nous parle de cirque, de numéro époustouflant, d’une armada de clowns invisibles…et tout cela paraît presque bon enfant. Finalement je crois que la dernière phrase « vous n’êtes pas au bout de vos surprises » résume plutôt bien ce roman dont chaque rebondissement est un possible bouleversement de notre compréhension de l’histoire. Découpé en trois parties aussi tumultueuses les unes que les auteurs, les deux auteurs nous entraînent dans une course poursuite déjantée.

Page après page on se laisse guider par des personnages stupéfiants, qui évoluent aussi, au fil de leurs escapades dans les mondes cachés. Maintenant que je veux en faire une chronique je me demande comment la faire, dès que je prends un bout, il faudrait que je vous déroule toutes les menues raisons qui font de ce texte un roman merveilleux et un tel coup de coeur (je n’en étais pas sûre au début mais bon dieu bien sûr que si), alors, parce que c’est un roman de suspense, de dangers, de multiples nids de poule sous les pages d’un livre lancé à grande vitesse, ne comptez pas sur moi pour être exhaustive, précise ou simplement académique, nous allons opter pour le rock ‘n’ roll.

Voici donc, pêle-mêle mes émotions et des images tirées de ce texte.

Il y a, cette suite de personnes, folles à lier, suivant une déesse étrange du nom de Linda. Ernest en fait partie. Il y a, une voix tonitruante dans une arène qui casse la réalité même du monde. Des yeux blancs, des veines rouges sur un visage. Il y a un Roi Clochard gardien de passages secrets. Il y a beaucoup de ténèbres, de noirceur, d’obscurité, et tous les synonymes mais pour qu’ils existent, il y a aussi la lumière des sourires de Kétinée à son amour inavoué, la tendresse de la relation qui unit Ernest à Déa (beauty), la rencontre inattendue d’un enfant et d’une souris, des blagues potaches d’un vieux Tortue Géniale un peu plus grognon, la volonté inébranlable et dramatique de ramener l’être cher auprès de soi. Il y a aussi des gitans ours et loup, des bons et des mauvais, des quêtes de pouvoir grandioses pour des justes causes et l’appât du plus, toujours plus.

En bref, c’est une aventure humaine remarquable au pays imaginaire, des sauts dans des mondes si étranges et glauques que l’on pense indéniablement à Alice au pays des Merveilles ou à Charlie et la chocolaterie, et une ribambelle de personnages aussi tendres qu’inventifs, mystérieux que dangereux.

La fin ? La fin c’est un « humf » tiré d’un uppercut, d’un dernier coup de savate savamment ajusté, auquel, j’avoue, je m’attendais, mais j’étais aussi étonnamment heureuse qu’il arrive. Comme quand on sourit à la même blague que l’on s’était dit dans la tête.

En résumé

Les sources de l’Ombre porte terriblement bien son nom. Aux côtés d’Ernest, Kétinée, Déa, Kilma et tant d’autres, vous allez plonger dans une aventure étonnante et ambitieuse faite de rebondissements, de tumultes, de dangers, et d’ombres. L’impression tenace, surtout, que les auteurs vous mènent par le bout du nez, à l’instar de celui qui a placé ses pions sur l’échiquier du monde. Mais si chacun de leur mouvement est prédestiné, minutieusement calculé, nous allons de surprise en stupeur, de frayeur en horreur, tout en côtoyant, parfois, des rayons de soleil lumineux, à commencer par la très jolie relation paternelle qui unit Ernest et Déa. Un roman coup de coeur qui vous retourne le cerveau et vous file le vertige. Un roman rock ‘n’ roll plein de folie et de fêlures.

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