Wilder Girls de Rory Power

C’est parti pour ma dernière chronique de printemps ! Oui je sais le solstice c’était hier, mais bon que voulez-vous je suis toujours en retard 😉 Demain petit récap et la pile à lire d’été qui s’annonce fort sympathique. Wilder Girls résulte d’un petit achat impulsif après avoir vu tant de beaux avis et cette couverture à tomber (oui oui c’est superficiel). Pour autant si j’ai globalement apprécié ma lecture je reste légèrement sur ma fin.

Résumé éditeur

Voilà bientôt dix-huit mois qu’un mal inconnu, la Tox, a frappé l’île Raxter. Dix-huit mois que le pensionnat pour jeunes filles qui en occupe la pointe a été mis sous quarantaine. D’abord, la Tox a tué les enseignantes, une à une, puis elle a infecté les élèves, dont les survivantes portent désormais ses monstrueux stigmates dans leur chair.

Coupées du reste du monde, cernées par les bêtes mutantes qui rôdent dans les bois alentour et livrées à elles-mêmes, celles qui restent n’osent plus sortir de l’enceinte de l’école. Jour après jour, elles attendent le vaccin que le gouvernement leur a promis.

Hetty et ses deux meilleures amies, Byatt et Reese, se serrent les coudes malgré les privations, bien déterminées à lutter ensemble jusqu’au bout.

Plus glaçant encore que Sa Majesté des mouches, un huis clos féminin et féministe qui a fait frissonner l’Amérique de plaisir.

Mon avis

Voilà qui paraissait bien alléchant n’est ce pas ? Je dois dire que les termes huis clos, horreur, féminin et féministe avaient retenus mon attention mais aussi les avis plus que positifs s’attardant sur la force de caractère des personnages, des descriptions bien écrites et l’angoisse de la Tox. On ne peut pas dire que ce ne fut pas le cas, mais je m’attendais à plus, comme c’est généralement le cas quand un roman est à ce point plébiscité sur la toile bookstagram.

La Tox. Un virus qui a désormais atteint toutes les parties de l’île, de sa végétation désormais luxuriante et envahissante, à ses habitants toutes transformées sans espoir de rémission. Il y a celles qui voient leur corps changer, muter, des membres apparaître en plus, voire des organes, ou bien des choses qui n’ont rien à voir avec le corps humain comme des écailles ou des épines dorsales. Hetty, elle, sent quelque chose remuer derrière son œil désormais invalide, ce qui n’en fait pas moins la meilleure tireuse d’élite parmi les occupantes de Raxter. Que des filles, anciennes pensionnaires d’une école située non loin de la Marine et dont la plupart sont filles de militaires ou en redressement. Désormais elles en sont prisonnières, entourées d’une grille qui les protège et les coupe à la fois du monde extérieur. Un monde dans lequel seule l’équipe de ravitaillement a le droit de mettre les pieds. Lorsqu’elle revient, chargée de nourritures, de vêtements, d’eau et de médicaments, largués par les militaires, le combat peut commencer. A grands coups de griffe, de poings et de pieds, les filles se battent pour une orange, un paquet de chips, ou une conserve. Un extra par fille, le reste sera enfermé pour être délivré au compte goutte.

Toute cette partie de l’action, située sur l’île directement et en lien avec les relations qu’entretiennent les filles entre elles m’a beaucoup plu. Le véritable huis clos, où chacune angoisse pour les autres mais ne peut s’empêcher d’éprouver aussi de la rancœur, de l’envie. Lorsque Hetty est désignée pour faire partie de l’équipe de ravitaillement elle va bien vite comprendre que quelque chose cloche, quelque chose d’impensable. Puisque, lorsque Byatt, son minuscule petit rayon de soleil dans la grisaille, disparaît à son tour après une crise de Tox, elle décide de passer à l’action. J’ai beaucoup aimé comment le trio Byatt – Hetty – Reese fonctionne, comment elles se cachent aussi derrière l’amitié, derrière un regard revêche ou la colère pour ne pas affronter des émotions qui seraient trop dures, trop lumineuses dans un monde devenu chaos.

Pourtant… pourtant j’aurais voulu plus. Plus d’horreur malgré des crises de Tox souvent atroces associées à des chairs qui s’ouvrent, éclatent ou se prutréfient. Et surtout plus d’informations. On sent, tout le long du roman, dans Raxter, dans le laboratoire, dans tout ce que découvre Hetty, qu’il y a des informations cachées, des choses à déterrer, de sombres secrets. Comment se fait-il que les filles de Raxter étudiaient déjà les « bleus », ces petits crabes dont la chair se racornissait puis devenait noire quand ils mourraient ? Et comment se fait-il que cela leur arrive aussi, à elles, quand elles finissent par succomber à la Tox quand elles ne deviennent pas folles ? Toutes les réponses semblent être à portée mais c’est comme si l’auteur ne les avait pas inventées, ou nous tenait délibérément dans l’ombre. Même la fin, alors qu’elle donne un tout petit bout d’explication logique en lien aussi avec certaines craintes des scientifiques climatiques, nous laissent sans suite.

Parfois j’aime bien qu’un roman ne nous donne pas toutes les clés, parfois. Là ce ne fut pas le cas et je suis assez déçue dans l’ensemble alors que j’ai beaucoup aimé l’écriture, les différentes scènes d’action et la psychologie des personnages bien qu’on ne s’y attache guère. J’ai lu ce roman très très vite, véritablement page turner, et je dois dire qu’on en devient très vite « addict » mais c’est aussi en grande partie parce qu’on veut des réponses, mais qu’on ne les obtient guère. Juste plus de questions. Quant au côté horreur je parlerai plutôt d’angoisse et le côté féministe…je ne le vois pas vraiment. Oui les personnages sont majoritairement féminins mais ça n’en fait pas un roman féministe pour autant.

En résumé

Wilder Girls est un huis clos angoissant où chaque page est une description de plus des ravages de la Tox, ce virus dont personne n’arrive à guérir. Si le roman se lit à une vitesse hallucinante tant on est pris dans l’action et les questions qui sont distillées avec brio entre les lignes et les réflexions de ses personnages, je n’en reste pas moins un peu déçue par l’absence de réponses.

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