Les sœurs Carmines : Belle de Gris de Ariel Holzl

Après l’excellent premier tome Le complot des corbeaux où nous suivions Merryvère, la cadette de la famille Carmine dans ses aventures de hautes volées (et pas toujours très fructueuses), c’est au tour de Tristabelle, l’âinée au coeur de pierre de venir sur le devant de la scène. Et je peux vous dire que c’était fan-tas-tique ! La chronique du premier volume est par ici. Aucun spoil dans celle-ci 🙂

Résumé éditeur

Trois semaines séparent Tristabelle Carmine du Grand Bal de la Reine. Trois semaines pour trouver la robe de ses rêves, un masque, une nouvelle paire d’escarpins et…un moyen d’entrer au Palais. Car Tristabelle n’a pas été invitée. Mais ça, c’est un détail. Tout comme les voix dans sa tête ou cette minuscule série de meurtres qui semble lui coller aux talons. En tout cas, elle ne compte pas rater la fête. Quitte à écumer les bas-fonds surnaturels de Grisaille. S’il le faut, elle ira même jusqu’à tuer (oups) demander de l’aide à sa petite soeur. Car Tristabelle Carmine est une jeune femme débrouillarde, saine et équilibrée. Ne laissez pas ses rivales ou ses admirateurs éconduits vous convaincre du contraire. Ils sont juste jaloux. Surtout les morts.

Mon avis

Un plaisir de retrouver la plume d’Ariel Holzl et notamment ce personnage qui m’avait autant agacée qu’intriguée dans le premier volume. Parce que Tristabelle a un cœur de pierre, beaucoup de mépris pour sa petite sœur et une affection particulière pour sa toilette. Mais elle est surtout très consciente de sa propre valeur ou plutôt son narcissisme et son égocentrisme en sont parfaitement conscients. Bref c’est un personnage haut en couleur qu’il me tardait de connaître davantage et ça tombe bien, parce qu’après un début à la troisième personne du singulier, Tristabelle prend les choses en main, enfin plutôt la narration, et nous entraîne dans ses pensées plus aiguisées que des lames et son mordant si délicieux.

Lors de son passage au salon de thé de Védastine Lamproie (où se côtoient des amis arrivant à date de péremption), Tristabelle entend parler du Bal de la Reine. Les bals elle s’en moque plus ou moins, de toute façon tout bal qui se passe de sa présence ne sera qu’un ennui mortel…par contre le bal où la Reine est censée choisir sa confidente, là c’est autre chose ! Retroussant ses manches, côtoyant même le Grisaille des bas-fonds pour arriver à ses fins, la jeune femme se lance à corps perdu dans sa quête. Au programme ? Trouver quelques montes en l’air pour voler des invitations, se procurer une robe de bal hors de prix -et donc travailler (erk) pour l’obtenir- et bien entendu éliminer – en tout bien tout honneur – ses rivales.

En fait, tout aurait dû se dérouler à merveille s’il n’y avait pas eu cette série de meurtres lui collant aux basques, et le délicieux mais non moins encombrant Inspecteur Eldrich Creusombre (mais n’hésitez pas à m’appeler Eddie) pour la suivre à la trace et la soupçonner de meurtres. Comme si elle ne savait pas qu’il fallait éliminer tous les témoins lors d’un dérapage de ce genre. Non décidément ça ne lui plaît pas du tout mais quand en plus ça en vient à ruiner sa robe de bal, la déchéance commence à devenir embarrassante.

Les quelques centaines de pages qui composent le récit passent à une vitesse folle en compagnie des pensées de Tristabelle. On en apprend à la fois sur les Carmines, mais aussi sur le père de l’aînée de la famille. De quoi plonger un peu plus dans les mystères de Grisaille et les créatures oups personnes qui la peuplent. Bien moins en proie aux dilemmes de sa sœur, Merryvères, chaque mot sortant de la bouche de Tristabelle est une invitation à 1) sourire de façon machiavélique, 2) la trouver franchement désopillante, 3) lui donner une petite tape sur la tête, Franchement Tristabelle. Bref c’est très drôle, bourré d’humour noir et d’images gores et j’ai adoré.

En résumé

Belle de Gris est le second volume des Sœurs Carmines et nous y suivons la narcissique, égocentrique et cynique Tristabelle Carmine. Autant vous dire que c’est un roman qui se lit d’une traite avec un sourire diabolique aux lèvres tant les piques méchantes mais clairvoyantes de la jeune demoiselle sont parfaitement ajustées. A travers ses yeux et sa langue de vipère, c’est toute la société de Grisaille qui y passe, des bas fonds à la haute société. Un récit de haute volée alors qu’elle ne demande qu’à briller aux côtés de la Reine mais que des désagréments semblent la suivre : serpent, fantômes, meurtres en série et un inspecteur délicidésespérant. Hâte de lire le dernier volume sur cette famille qui baigne dans les ennuis jusqu’au cou, de mère en fille.

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