Les sœurs Carmines : le complot des corbeaux de Ariel Holzl

Après le très bon Temps mort aux éditions Slalom, j’ai pris grand plaisir à découvrir le premier volume de la trilogie qui l’a fait découvrir au grand public : Les sœurs Carmines. J’ai adoré le personnage de Merryvère et les relations amico-dramatiques de cette sororité aux accents gothiques.

Résumé éditeur

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses soeurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les moeurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

Mon avis

Le roman s’ouvre sur la profanation de la tombe d’un illustre membre de la société de Grisaille. Grisaille c’est le nom de la cité, bien nommée puisqu’elle est pour toujours et à jamais recouverte d’une brume éternelle et d’une couche de nuages. Bien sûr le fait que nous nous retrouvions dans un cimetière accentue cette idée de morosité mais c’est sans compter sur les arbor tragicus sorte de saules pleureurs mélancoliques qu’affectionne particulièrement la Reine (d’ailleurs c’est une garce vous êtes pas prêt.e.s). Nous sommes donc dans un cimetière, en compagnie de jeunes filles en robes blanches, et d’un duo de dandys creusant allégrement.

C’est ainsi que nous faisons la connaissance de Merryvère, monte en l’air habile qui a eu le malheur de voler la mauvaise personne : déjà elle n’a à priori rien volé de précieux, et certainement pas assez pour payer le gros lard qui lui avait filé le tuyau ; mais ensuite toute la ville semble s’être mise d’accord pour se lancer à ses trousses. Il faut dire que participer à l’assassinat fortuit d’un haut membre chez les Sépulcre n’était pas dans le plan. A ses côtés nous retrouvons la plus grande pimbêche que le monde ait porté : Tristabelle, belle comme un coeur, faisant attention à sa toilette et sa mise, et usant de ses charmes allègrement pour distraire, manipuler, et se réjouir des belles morts. Et puis elle n’est pas contre des bains dans du sang de vierges. Et enfin la meilleure, la plus kiki, la plus A-DO-RA-BLE : Dolorine. Bon certes elle voit les fantômes, certes elle parle à un certain Monsieur Nyx qui a l’air un peu perturbé, et à un homme bleu chelou qui l’a fait ramasser des grosses limaces.

J’ai eu du mal au début à différencier Merryvère de Tristabelle, il faut dire que j’ai lu les premières pages de façon erratiques, entre deux baignades, et j’avais bien du mal à me concentrer. Pourtant, une fois lancée, impossible de les confondre tant Merry semble humaine et touchante, alors que Tristabelle chiante et un brin terrifiante (ne lui dites pas). C’est aussi ce qui fait la force de récit : chaque personnage a ses propres forces et faiblesses, son caractère bien trempé et ses ambitions. Seule Dolorine semble étrangère à ces considérations égoïstes bien qu’elle poursuive des objectifs qui sont propres à ses petits fantômes.

En bref, c’est un roman entre fantasy et gothique, fantastique et horreur, où le ton de l’auteur, résolument caustique m’a énormément plu. Un passage drolatique, grotesque, m’a d’ailleurs bien fait rire alors qu’un compte à rebours inlassable s’amuse à analyser un gigantesque bordel de pieds tranchés, de coups et d’armes blanches. C’est plutôt violent, on s’y trucide allégrement, les poisons ont l’odeur de la vanille et on vire les coupes jarrets et autres mendiants à coup de gaz relâché dans la ville (comme ça pas de distinction avec les traînards – et puis c’est amusant -).

En résumé

Ce premier volume aux accents gothiques (saules pleureurs, cimetières, jeunes filles en robe blanche), met en scène les Sœurs carmines dans une aventure rocambolesque – et involontaire. L’humour noir, le ton caustique, les situations drôles et dramatiques, les fantômes chelous et les petites cuillères tueuses, tout semble vouloir dire : Fuyez Grisaille tant qu’il en est encore temps ! Sauf qu’on en redemande sans remords tant les pages défilent à une vitesse folle. Et puis pour l’adorable Dolorine, la très chiante Tristabelle et la naïve Merryvère. Et puis cette fin. Comme le dernière roulement d’un tambour.

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