Le Royaume de Pierre d’Angle tomes 1 à 4 de Pascale Quiviger

Puisque je suis sur le point de vouer un culte à cette quadrilogie, et que j’ai chroniqué les tomes 1, 2, et 3 sur le blog je me devais de vous faire un petit billet récapitulatif. GARANTI SANS SPOIL ! (Parce que les spoils je suis la seule à les aimer ^^). Avant tout, voici donc les chroniques des tomes précédents : L’Art du Naufrage, Les Filles de mai, Les Adieux. Le dernier se prénomme Courage.

Un résumé du Royaume de Pierre d’Angle ?

Pierre d’Angle est un royaume insulaire, au nord des Territoires du Nord, non loin des côtes de Bergerac. Neutre dans les combats et guerres qui ont ravagé la plupart des royaumes au fil des siècles, l’île est devenue un symbole de sagesse et de courage. Pourtant, derrière sa face idyllique, le royaume cache un secret sous le nom de La Catastrophe, une immense forêt, épineuse, pleine de fantômes, de monstres et de rêves psychotiques (d’après ceux qui la côtoient de trop près), elle emprisonne ceux qui ont le malheur d’y pénétrer et chaque année, elle avale une fille de mai, un sacrifice. Dans le premier volume, le prince Thibault voyage déjà depuis deux ans sur les mers avec son équipage. Fatigués, ils se décident à rentrer au Royaume mais pas seuls. Une clandestine s’est glissée dans la soute, Ema, une ancienne esclave qui a réussi à s’échapper et à entre temps vécu mille vies depuis l’écrivaine publique à l’infirmière de guerre. Avec elle arrive un vent de fraîcheur, une lumière qui attise les convoitises mais qui pourrait aussi permettre à Pierre d’Angle de prendre une nouvelle inspiration. Pourtant, la guerre intime qui se joue entre Thibault et son frère, Jacquard, pourrait bien signer la fin de la paix.

Pourquoi cette quadrilogie est absolument exceptionnelle ?

Vous allez me dire, « ouiii une saga de fantasy avec un couple, des amis autour, et une petite bagarre pour une couronne ça n’a rien d’exceptionnel hein » . Je vous dirais oui. Je vous dirais aussi que Le Royaume de Pierre d’Angle n’a rien et tout à voir avec ça. Tout parce qu’on parlera effectivement d’une histoire d’amour, une histoire extraordinaire qui naît dans les océans et se poursuit sur terre, à travers les batailles, les traitrises et les enchantements. D’ailleurs, on ne parle pas d’une seule histoire mais de plusieurs, parallèles ou qui se succèdent, qui toutes ont leur caractéristique, leur singularité. Celle du tome 4 d’ailleurs m’a complètement sciée par sa douceur, sa tendresse, la patience et la retenue dont ils font preuve (ceux qui l’ont lu sauront mais impossible de me retenir et de ne pas crier mon amour pour cette lovestory exceptionnelle).
Tout parce qu’il y est effectivement question d’amitiés, profondes, sincères, depuis les membres d’équipage aux domestiques, en passant par celles qui unissent les hommes et leurs animaux, de l’indéfectible loyauté de Jacquard et son chien, remarquable quand on connaît le caractère du premier.

Et puis rien parce que c’est tellement plus ! Je n’ai jamais lu une saga dont les volumes soient aussi égaux du point de vue de l’intrigue, des personnages et de son addictivité. Jamais lu une saga qui me fasse changer d’avis sur les « effets d’annonce » que j’avais d’ailleurs critiqué sur le premier volume puis qui ont fini par faire partie de la plume de Pascale Quiviger. Jamais lu une saga qui me crispe à ce point les doigts, les orteils, le corps tout entier à la fin d’un volume dans le désespoir d’avoir la suite ; dont les malheurs des personnages me touchent autant ; et dont la mort des ennemis me réjouissent à ce point (merci les crécerelles, vous êtes désormais mes oiseaux fétiches). Une saga qui se bonifie au fur et à mesure des volumes, gagne en noirceur, en profondeur… Et puis j’ai ri, si vous saviez ! J’ai ri quand la crotte d’un albatros a déterminé une des scènes clés du premier volume, ri quand Thibault se balade à moitié nu dans le second choquant ses domestiques, et ri dans le dernier alors que les situations ne s’y prêtaient guère. L’humour de l’autrice est fin autant qu’il peut être parfois grossier, et il ne paraît jamais, jamais déplacé, laissant toute place au drame, aux larmes et aux angoisses.

« C’est la fiente qui convertit Albert Dorec. Il l’admira longuement comme une sainte relique. Voilà ce que le bon roi Albéric pensait de ses doutes : une crotte. » citation, volume 1

Le Royaume de Pierre d’Angle, enfin, ne serait sans doute pas grand chose sans la plume de l’autrice qui vient lui donner toute son âme. Elle n’est pas compliquée, n’use pas de mots surannées, s’emploie plutôt, même, à nous rendre accessible une fantasy parfois obscure. Au fur et à mesure des volumes on ne peut que saluer sa beauté et sa poésie, nichée dans quelques chapitres, apprivoisée par ses personnages qui lui rendent grâce.

« C’est d’ailleurs pourquoi elle préférait la nuit. Tout était bleu, les hommes, leur bateau et leurs pieds nus, la mer, le ciel. Le quart de veille bougeait au ralenti et parlait à voix basse, les gabiers dormaient dans les voiles. La lune inventait des vallons dans les nuages et son reflet métallique dansait sur l’eau en se mêlant aux lumières des trois cabines » citation, volume 1.

En résumé

Au Royaume de Pierre d’Angle j’ai vécu 1000 aventures, savouré 2000 pages, englouti chaque passage avec délectation, pièce montée de malheurs et de bonheurs, de fantasy et de tendresse, de traîtrises et de rédemptions. Alors certes elle n’a pas la locomotive des best sellers anglo-saxons but fuck it, lisez la. Lisez-la pour la langue, pour ses personnages grandioses, pour ses émotions, pour son humour, et pour toutes les réponses que l’on trouve à la fin, un dernier volume en apothéose, riche de tout ce qui fait de cette saga une merveille.

En dernier mot j’aimerais dire merci, merci à Pascale Quiviger déjà, d’avoir écrit quelque chose d’aussi exceptionnel, d’y avoir mis des années et toute son énergie, d’avoir créé la Catastrophe et ses enfants, d’avoir décrit Pierre d’Angle et ses personnages. Et puis merci au Rouergue d’avoir pris ce risque éditorial (mais toutes vos sorties en sont non ?), d’avoir édité quatre volumes, d’avoir fait appel à Barbarian Factory pour le design de ses couvertures, en bref d’avoir fait en sorte que le Royaume de Pierre d’Angle arrive entre mes mains et qui bouleverse mon petit panthéon de la fantasy qui s’enrichit d’une saga exceptionnelle dont je relirai les tomes avec la même délectation qu’au départ, lecture teintée du sourire de ceux qui savent mais qui frissonnent encore.

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