L’homme qui n’aimait plus les chats d’Isabelle Aupy

Un nouveau 68 premières fois qui s’ajoute à ceux déjà lus. Il s’agit de L’homme qui n’aimait plus les chats, d’Isabelle Aupy, une dystopie surprenante sur la façon dont les hommes ont de tomber…et se relever. De faire front. D’avancer.

Résumé éditeur

Au large du continent, un vieux monsieur raconte son île et ses habitants : le gardien du phare, le poète, le curé, le professeur… Il parle de la mer, du vent et de leurs chats qui, depuis toujours, vont et viennent à leur rythme comme à leur choix. Mais quand ils disparaissent sans explication, c’est la façon de vivre de toute la communauté qui s’en trouve menacé.

Mon avis

Un roman pas comme les autres, étonnant dans sa forme, presque doux, mais qui cache pour autant des métaphores, des paraboles, vieilles comme le monde, comme 1984 d’Orwell, ou comme Matin Brun de Franck Pavloff. Pas besoin de la description éditeur pour voir ces deux dystopies transpirer dans ces pages. Peut-être qu’elles sont trop vieilles dans ma mémoire, ou peut-être que ce roman-ci tient réellement en quelque chose de nouveau, comme la sensation de connaître une personne que tu n’aurais pas vu depuis longtemps.

Ce qui est sûr c’est que je ne m’attendais pas à ça. Peut-être parce que j’avais encore en tête le roman La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet où les cadavres de chat s’amoncelaient aux pieds d’une fillette. Peut-être parce que j’ai trop lu ou vu d’histoire sur les tueurs en série qui commencent par tuer des chats. Donc forcément je m’attendais à du sang, des morts, une odeur de pourriture. Au lieu de cela j’ai eu le droit au vent ébouriffant de l’île, à des mots que l’on remplace, et au goût salé d’amertume d’une liberté qui se fait grignoter, lentement mais sûrement.

« Mais ça m’avait frappé de l’entendre crier, comme un truc qui cloche, un truc qui ne va pas sans qu’on saisisse ce que c’est et pour cause, il n’y avait rien à saisir. C’était l’absence qui percutait, et le vide, on ne le tient pas par la main ».

Les chats ont disparu. Tous, sans exception. Tués. Enlevés. On ne sait pas trop. Il y a bien Gaël, qui dit avoir vu des hommes les attrapper avec des bâtons « à cercle », que même les chats ne pouvaient plus crier. Mais pourquoi enlever les chats ? Qu’est ce que les chats avaient de si importants ? Ils n’étaient même pas à eux, ces chats. Même qu’on s’en fichait un peu. Certains les nourrissait, d’autres les laissaient vivre leur petite vie, les laisser se cracher dessus, se griffer la gueule, s’enfuir à toutes pattes.

Mais quand ils disparaissent, tous, d’un seul coup, c’est toute la population de l’île qui s’en trouve affecter. Sans comprendre pourquoi. Sans même saisir ce que cela leur procurait d’avoir ces chats tout autour. Alors quand les intellectuels du continent arrivent et leur confient des chats en leur disant que ce sont des chiens, l’incompréhension est totale. Avant d’accepter. Avant de les prendre, de les promener en laisse. Désormais ce sont des chats en laisse que l’on promène.

C’est par cette situation totalement absurde qu’Isabelle Aupy délivre son message. Il n’est pas si touchant. Pas si prenant. Mais il est là, réflexion désabusée d’un monde qui laisse petit à petit ses degrés de liberté s’échapper, par ci, par là, sans comprendre ce qu’on lui arrache. C’est un roman étrange.. qui ne s’achève pas vraiment, ne se relève pas vraiment, ne s’approfondi pas vraiment. L’écriture, elle, est indolente. A la manière d’un chat pataud, trop lourd d’être resté sur sa chaise mais qui se découvre d’un coup l’envie d’explorer, de titiller.

En résumé

Tout est en surface, à la manière des nouvelles, trop vite achevées, pas assez déployées. Il y a comme un sentiment d’insatisfaction derrière. Mais la réflexion est là, brillante comme un phare, une nouvelle manière d’observer le monde, d’apercevoir ses libertés, et les hommes sans laisse.

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