Malou dit vrai de Gwen Guilyn

J’ai été très étonnée et très touchée que les éditions du Panseur souhaitent me proposer un partenariat. J’avais beaucoup aimé L’homme qui n’aimait plus les chats d’Isabelle Aupy et l’on m’avait déjà vanté la qualité des textes de cette maison, aussi j’ai accepté avec plaisir de le recevoir. Et j’en suis très heureuse après l’avoir refermé tant ce roman m’a transportée et retournée à la fois.

Résumé éditeur

Sur la place du marché, On raconte que la ville fut bâtie sur des strates d’histoires, et les rues tracées par des géants. On raconte aussi qu’Ivraie est née sur un tas d’ordures lors d’une nuit d’orage ; qu’il fut un temps lointain où Malou la sorcière était Reine.

On murmure à qui veut le croire que dans la Salle Ouverte aux Quatre Vents, le Vieux Roi a quitté son trône et marché vers sa mort, égrenant derrière lui la promesse de vœux exaucés, et qu’un Jeune Prétendant naitra de la mer pour faire advenir un nouveau cycle.

Mon avis

J’ai A-DO-RÉ. Mais je ne sais pas bien pourquoi. Il y a tant et tant de choses à dire sur ce texte ! Pour commencer sachez qu’il s’agit d’un OLNI : Objet Littéraire Non Identifié. A l’instar des romans de Sabrina Calvo ou le Gypsy de Megan Lindholm chroniqué récemment, nous n’avons d’autre choix que d’être porté, agrippé aux bords des mots pour éviter de perdre pied et de se faire avaler par cet océan d’histoires, de courbes tortueuses et mouvantes. Là il faut se laisser glisser sur la langue, entre les mains d’Ivraie et dans l’imagination de Gwen.

Parce que cette histoire est exactement cela, une histoire, où l’autrice a pris un malin plaisir à la conter, la tricoter, l’effilocher, la broder, telle les moires de l’Antiquité. Entre sa plume et sa feuille se dévide le fil d’Ivraie, de Malou, d’On, de Hilde, du Vieux Roi et du Prétendant, voire même, aussi, de Chaude-Pisse et de la femme-rien, ou encore du Capitaine et du Philosophe. C’est une histoire comme toutes les autres et comme aucune à la fois, c’est celle d’une servante et d’une sorcière, d’une fille et d’une mère, d’une femme qui se cherche et d’une autre qui s’entête. Celle d’un monde mouvant, ou quasiment immobile, pétri dans ses habitudes et dans ses ombres.

Il y a dans Malou dit vrai une mise en abime extraordinaire du pouvoir des histoires. Le pouvoir de détruire, d’embellir, de tuer, de sauver, d’avilir, de ruiner, ou de révéler. Les histoires sont faites de milliers de mensonges, et de centaines de vérités, aucune n’est entièrement fausse, toutes ne sont pas vraies. Les histoires, oui, sont mille fois raccomodées avant de former de belles histoires. Des contes. Des fables. Des romans. Des épopées. Aucune n’a été contée d’une seule voix. Toutes parcourent le temps.

C’est donc un roman sur les histoires ? Oui mais On vous l’a dit, c’est aussi l’histoire d’Ivraie, de Malou et de tant d’autres. Ivraie c’est la servante qui a toujours courbé le dos et qui se tisse la Rage dans la pommettes, Malou c’est la reine sorcière qui refuse de s’éteindre. Il y a de l’amour, tordu, bizarre, invraisemblable. Il y a de la haine, vive, touchante. Et entre elles, des centaines de mensonges, de coups de griffe, d’attentes insatisfaites, de baisers ratés, et de caresses volées. Il y a les grimaces, les leçons et le pouvoir.

Les histoires, Ivraie, Malou, des relations compliquées, des mensonges et du pouvoir. D’accord. Et ensuite ? Ensuite il y a un Vieux Roi qui se lève pour mourir, et un Prétendant qui meurt de vivre. Un basculement du monde. Une histoire à terminer. Et au milieu ? Au milieu il y a toujours la plume de Gwen, sa magie, son hypnotisme, sa poésie, ses métaphores, sa beauté.

Et à la fin ? A la fin On ne sait pas. Pas vraiment. Il y a des histoires qui attendent d’être racontées. D’autres qui se suffisent à elles-mêmes. Belles. Moches. Troublantes. Ce qui est sûr, c’est que nous n’en avons pas terminé avec la plume de Gwen. Peut-être même avec Ivraie. Mais c’était beau.

En résumé

Malou dit vrai est un roman surprenant, aux frontières du conte et du merveilleux. Il y est question de milliers d’histoires, de celle de l’auteur, de celle d’Ivraie, de Malou, la nôtre peut être. L’histoire d’un basculement du monde et de milliers de questions sans réponses ; d’un petit OVNI littéraire qui ne conviendrait pas à toutes les mains mais qui trouvera sa place dans celles des poètes, des rêveurs et des audacieux. Ce qui est sûr c’est qu’il y aura des mensonges, des vérités et des rumeurs. Une histoire à retracer. Et qu’il faudra bien nager pour éviter de se noyer.

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