Apocalypse blues tome 3 : L’ère des révoltes de Chloé Jo Bertrand

Ça y est. C’est la fin. Apocalypse Blues est terminé. Vraiment ? Pas sûre. Parce que même en y repensant maintenant, alors que j’ai terminé le dernier roman de la trilogie il y a un peu plus d’une semaine, j’ai l’impression que chacun de ses personnages vit encore en moi, certaines de leurs réflexion, de leurs craintes, de la poésie dans le chaos.

Résumé éditeur du tome 1

Ils s’appellent Kiran, Matthew, Tobias et Charly.
Ils ont quatorze, vingt, dix et seize ans.
Ils vivent en Inde, en Australie, et dans l’Utah lorsque les conséquences cataclysmiques du dérèglement climatique s’abattent sur leurs têtes. Tornades, tsunamis, inondations ravagent subitement leur monde.
Chacun d’eux se retrouve seul dans la tourmente – jusqu’à ce qu’ils se rencontrent sur la roue dévastée. Ensemble, ils vont devoir affronter territoires hostiles et folie humaine pour survivre … et retrouver ce qui leur a été arraché.

Pour lire la chronique du premier volume, c’est ici.

Mon avis

Je vais essayer, ici, de ne spoiler personne sur ce qui vous attend dans cette trilogie, dans ce dernier volume, ni même vous donner le plus petit indice quant à la fin du second tome (atroce) que j’évoquais dans ma chronique précédente.

L’ère des révoltes se passe quelques temps après le premier volume, peut-être quelques années, on ne sait plus. Tout comme les adolescents d’Apocalypse Blues le temps ne semble plus correspondre à rien. Que sont des années quand la moindre petite minute est une question de survie ? Quand vivre un peu plus signifie déjà beaucoup ? Quand la moindre épreuve vous fait prendre dix ans sans que vous ne vous en rendiez compte et vous laisse fourbu, glacé, choqué, irrémédiablement marqué à vie parce que vous avez vu, vécu, ressenti, fait. Quand vous avez tué. Quand vous avez survécu. Quand vous n’avez pas mangé pendant des jours.

« T’aimer m’a rendu plus fort, et ça me tue parce que je voudrais pouvoir être plus fort par moi-même, sans avoir besoin d’aimer quelqu’un pour ça. Je sais pas si ça me plaît, que tu sois ma force, parce que pas si j’ai envie d’avoir ma force qui marche à côté de moi, je sais pas si c’est vraiment une force si tu peux la faire disparaître avec une balle dans la tête ou une explosion ou un raz-de-marée. Je sais pas si je veux d’une force aussi vulnérable.
C’est pour ça que que j’ai peur, je crois. »

Alors oui j’aime cette trilogie d’amour, et pas un tome n’est meilleur que l’autre, ensemble ils forment une fresque remarquable, tantôt tendre, tantôt violente, avec ses moments de calme, de chants au coin du feu, d’amour auprès d’un lac, de glissades en longboard, et ses moments d’horreur, de montagnes qui explosent, de sang dans les yeux et d’amis au bout du canon. Chaque personnage est attachant, cassé et en même temps tellement réaliste qu’on a peur pour lui, qu’on se crispe, qu’on pleure aussi (deux fois pour les deux derniers romans, chapeau l’artiste) parce que c’est beau, explosif, souvent dans le déchirement aussi.

L’autrice, Chloé Jo Bertrand, ne nous compte pas un univers où tout est soit beau soit moche, soit noir soit blanc, non, tout est en nuances de gris, et on oscille entre douleur et douceur. Pas de manichéisme, juste des ados qui tentent de survivre et ce n’est pas toujours gai, pas toujours fun, ce n’est pas un road trip à l’américaine, une distopie où les gentils finissent par gagner. Non. C’est une vision, où les gentils n’existent pas et où tout commence par des événements qui pourraient bientôt se produire.

« A côté de leur histoire, Titanic c’est un roman de gare ».

Alors bien sûr au milieu de tout ce carnage, de la planète qui part en vrille, des hommes qui n’ont plus que la guerre pour se parler, des amis qui partent trop vite, de ceux que l’on recroise, il y a aussi une formidable histoire d’amitié envers et contre tout. Contre l’adversité. Contre le mauvais sort. Contre la peur, la rage. Une formidable histoire d’amour aussi, bien sûr, entre Kiran et Charly, des personnages dignes de tragédie grecque ou shakespearienne.

L’autrice insuffle à tout ceci un rythme à couper le souffle, des chapitres qui s’entrecroisent dans un premier temps, des personnages avec une véritable façon de parler, de penser ou d’agir, des flash back, des ellipses, tout ceci avec une maîtrise assez folle pour une si jeune écrivaine.

Ce dernier tome, haut en couleur, avec son lot d’événements, cette course poursuite à travers les states, ces déchirements et retrouvailles, conclue en beauté les deux premiers romans et offre une lueur d’espoir quant au destin de ces quatre personnages que nous laissons seuls, une fois la dernière page tournée.

Alors oui, dans le genre saga coup de cœur, je crois qu’on ne fait pas mieux.

En résumé

Apocalypse Blues est une trilogie à la puissance émotionnelle incroyable. Ballotté à travers une Amérique en ruine, portée par la soif de sang et de vivre, le lecteur suit le chemin de personnages inoubliables, formidablement campés. Servie par une plume tantôt tendre tantôt cruelle, sans jamais oublier d’y laisser poindre une trace d’humour (Charly en est un digne représentant), cette saga m’a énormément touchée et a sans aucun doute laissé sa trace dans mon panthéon littéraire personnel.

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