Agence Lovecraft : Le mal par le mal de Jean-Luc Marcastel

Bien que n’étant pas la plus calée sur l’univers Lovecraftien (il faut dire que j’attends la superbe édition reliée intégrale des éditions Mnemos pour m’y mettre sérieusement), j’ai lu tellement de romans s’en inspirant que j’ai l’impression de baigner dedans. De plus la plume de l’auteur m’avait particulièrement convaincue dans Un Jour, une Etoile chez le même éditeur, j’ai donc été plus que ravie quand je l’ai reçu en service de presse. Sortant dans à peine quelques jours, c’est LE roman parfait pour frissonner et le Pumpkin Autumn Challenge.

Résumé éditeur

En des temps immémoriaux, d’effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l’espèce humaine est apparue sur Terre, elles n’attendent que l’alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau…

Ryan, Marie et Sergueï ne se connaissent pas. Ils ont pourtant un point commun : ils sont dotés de pouvoirs effrayants convoités par de mystérieux individus. Pour leur échapper les trois adolescents acceptent l’aide d’une jeune fille qui travaille pour une obscure organisation : l’Agence Lovecraft. Dans la guerre secrète que ces membres se livrent contre un ennemi implacable et ses adorateurs, Ryan, Marie et Sergueï pourraient bien être les éléments décisifs qui feront pencher la balance… Mais de quel côté ?

Mon avis

Le roman s’ouvre sur une fuite. Celle de Johnathan et Ryan à travers les rues sales et sombres d’Innsmouth, la cité de l’indicible peur où seuls « quelques réverbères jaunes et sales, qui devaient au moins avoir cent ans, poinçonnaient les ténèbres poisseuses alourdies de pluie« . Je ne sais pas si c’est le ton, si ce sont les descriptions où tout apparait comme affadie, gluant et globuleux, gris et moite, mais d’emblée j’ai été plongée dans cette histoire.

Il faut dire que si le roman s’ouvre sur la fuite des jumeaux elle se poursuit avec Marie, sorte de petite fée blonde aux yeux écarquillés de peur qui tente aussi bien de se rattacher à ses souvenirs, d’échapper à ses poursuivants, que de contrôler les mystérieuses forces qui s’éveillent en elle.

Puis avec Sergueï, en pleine séance de psychologie alors que celui qui l’interroge tente de comprendre qui est l’autre dont il parle, celui qui aurait pris son corps, l’espace de quelques temps, et comment il peut le faire réapparaître…par la force s’il le faut. Les quatre jeunes adolescents se cachent, errent, courent, frissonnent de dégoût et de peur, en tentant de fuir les créatures qui les assaillent.

Vous l’aurez compris, dès les premières pages, nous avons affaire aux quatre héros de cette histoire, confrontés à des forces qui les dépassent pour des enjeux planétaires. C’est hyper addictif, d’autant plus qu’au fur et à mesure des pages, l’action ne s’essouffle pas, maintenant une tension de bout en bout et n’apportant par le même temps que très peu de réponses. Sauvés par la mystérieuse Kali, qu’une tête explosée ne dérange a priori pas puisqu’elle continue de conduire la voiture, ils se retrouvent tous embarqués dans l’Agence Lovecraft, aux côtés du docteur Sauvage, gigantesque, et de la Capitaine Cornaline Némo, intraitable.

Baigné dans l’univers lovecraftien quand il était petit, Jean-Luc Marcastel s’approprie les mythes du génie américain pour nous proposer une virée toute d’épouvante et de monstres. A ses côtés on plonge dans l’iconique Innsmouth, on entend des mélopées aussi incompréhensibles que terrifiantes, et on fait sienne la devise de l’Agence : Semper Moriendum Est Quod In Perpetuum Dormiens, autrement dit « que meure pour toujours celui qui a jamais dort »; histoire que le petit poulpe des profondeurs répondant au nom de Cthulhu ne se réveille jamais (mais mieux meurt).

Si les mythes lovecraftiens sont pleinement installés il en est d’autres qui traversent le récit comme les références à Jules Vernes bien entendu avec le Capitaine Nemo et son Nautilus (un trisaïeul à priori), qui ramène un coté steampunk et société du XIXe tout à fait élégant et génial. A la fin du roman une petite référence aux noms de Sherlock Holmes n’est pas sans nous interpeller tandis que le volume se termine sur un cliffhanger.

L’ensemble de toutes ces choses énumérées donnent une impression à la fois de baigner dans un univers mille fois plus vaste puisque mille fois inventé, interprété, rêvé, et de courir aux côtés de ces adolescents qui en quelques lignes à peine sont parfaitement incarnés, reconnaissables et identifiés. Leurs problèmes personnels, leurs difficultés à gérer leurs pouvoirs qui les rattachent à l’occulte et aux ténèbres n’est pas sans laisser entrevoir une marge de progression incroyable pour ces jeunes héros qui promet une suite de saga exceptionnelle.

En résumé

Le Mal par le Mal est un premier volume court, addictif et intense autour duquel nous voguons de courses poursuite en rituels occultes, le tout saupoudré de plongeons sous-marins. Les références à Lovecraft qui a complètement inspiré l’auteur, mais aussi à Jules Vernes, ou Sir Arthur Conan Doyle, forment un univers vaste, quasi infini d’interprétations et de réécritures. J’ai adoré ce roman, qui, s’il reste très introductif et rapide, promet une suite originale, dense, où nos jeunes héros auront tout le loisir d’évoluer. Une lecture parfaite pour le Pumpkin Autumn Challenge ❤

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