Missouri 1627 de Jenni Hendriks & Ted Caplan

Missouri 1627 m’a été envoyé dans le cadre d’une masse critique privilégiée par les éditions Bayard. J’en suis très heureuse parce que je voulais à tout prix le lire depuis que j’avais lu les critiques de @disorder_reef, @muffinandbooks et @coulercommelancre sur instagram. C’est un roman qui parle d’avortement mais avec un ton humouristique rafraîchissant sans oublier un petit air #girlpower.

Résumé éditeur

À 17 ans, Veronica a un avenir prometteur. Élève populaire et brillante, elle vient d’être admise dans une prestigieuse université et sa vie semble toute tracée. Pourtant, le jour où elle découvre qu’elle est enceinte, son monde s’écroule et toutes ses certitudes s’envolent. Elle n’est pas prête.
Parfois, dans la vie, il y a des tests qu’on préfèrerait rater…
Sa seule solution : se rendre dans une clinique à 1 627 kilomètres de chez elle.
Désespérée, elle se tourne vers son ex-meilleure amie, Bailey, punkette affranchie, la seule à qui elle peut demander de l’aide.
Commence alors un périple à mille à l’heure sur les routes des États-Unis.

Mon avis

Après ma petite déception pour Jemima Small chroniqué sur instagram je me suis de suite replongée dans un autre roman pour « l’oublier » et ne pas tomber dans une petite panne de lecture. Mais quelle bonne idée ! On y suit le personnage de Veronica, parfaite en tout point qui, du jour au lendemain se retrouve enceinte malgré les précautions que son petit ami et elle avaient prises. Lorsque son teste de grossesse lui échappe des mains c’est entrain les mains de Bailey qu’il atterrit. Bailey son ex-meilleure amie, la fille aux cheveux turquoises, seule à sa table de déjeuner, la barje. Bailey qui sera pourtant la seule vers laquelle elle se tournera pour faire plus de 1627 kilomètres. Son « amie-avortement ». Pas celles avec qui elle comptait réviser pour ses derniers examens avant une des plus prestigieuses faculté de la Ivy League, pas son petit ami pot de colle dont elle ignore si elle est véritablement amoureuse. Non. Bailey. Bailey qui accepte contre une liasse de billet et un petit détour par Roswell pour voir les extraterrestres.

Comment vous dire…? J’ai adoré ! Tout simplement ça. Oui le sujet du road trip est vu et revu. Oui deux filles en vadrouille ça rencontre forcément des tas d’embrouilles. Mais c’est tellement bien fait qu’on ne voit pas les pages défiler, les kilomètres avalés par la bonne humeur irritante de Bailey et les moues de Veronica. Veronica qui apprendra peut être, au bout de son voyage, à être elle même. Mais ce n’est pas un road trip comme les autres, pour le fun, pour voir du pays. C’est une course contre la montre : un week end, 1627 kilomètres, pour avorter.

Avorter parce que vous ne voulez pas de cet enfant. Avorter parce que vous ne vous sentez pas prête à être parent, parce que vous ne voulez pas être de ceux.celles qui regrettent, parce que ce n’était pas voulu, parce que c’est votre corps, parce que ce n’est pas un bébé encore mais un amas de cellules. C’est ma conviction. Pourtant j’ai lu un roman qui parlait d’un autre choix, c’était Bamba de Anne Loyer et je l’avais aussi adoré. Parce qu’avant tout c’est un choix, c’est le choix qu’a fait Veronica et qui la pousse loin de chez elle parce que les lois de son état l’obligent à en parler à ses parents pro église et certainement pas pro abortion. Vous avez l’impression que ça va être triste ? Bourré de pathos ? Pas du tout, c’est frais, fun, complètement décalé, un peu classique et c’était super chouette. Entre coups de taser, des bonbons dans le réservoir, l’observation des étoiles sur dos d’éléphant rose, le cache cache parmi les vaches, c’est surtout une amitié qui se reconstruit petit à petit entre culpabilité et l’envie d’avancer. C’est beau et touchant, et parfois un peu militant.

On éprouve tour à tour la colère de Bailey d’être rejetée, celle de Veronica de ne pas pouvoir faire ce qu’elle veut où elle le souhaite. On ressent leur tristesse, leur peine commune de devoir jouer les apparences de la fille blasée ou de la fille parfaite pour rentrer dans le moule construit pour elles. Tout se fait petit à petit, au détour d’une pile de pancakes, d’un granité trop vite avalé, et de folles cavalcades dans les ravins, les buissons et derrière des fils barbelés. Un road trip absurde, presque autant que devoir avaler autant de kilomètres pour disposer de son corps. Deux personnalités fortes, féminines qui se retrouvent et fusionnent en un groupe déjanté, les majeurs levés au ciel et la tête haute.

En résumé

Missouri 1627 est un roman étonnament drôle sur un thème qui l’est moins : l’avortement. 360 pages décomplexées, pleines d’aventures, de courses poursuite, de bonbons, de nachos, de gens glauques et barjos, mais aussi de gens sympas et surprenants. 360 pages de colère, de rage, et de retrouvailles. Avec soi même, avec son corps, avec l’autre aussi. Une belle amitié en reconstruction et un sujet abordé sans tabou ni pathos. Bref une lecture excellentissime.

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