Le labo des sentiments de Aurélie Gerlach

Un grand merci aux éditions Auzou et à Babelio pour l’envoi de ce service de presse remporté lors de la précédente masse critique. Un récit choral plein d’humour que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire 🙂

Résumé éditeur

Anulika – ex danseuse devenue hybride -, Martin – en quête de reconnaissance paternelle -, Coriander – petit génie horripilant -, Cassiopée – fille à papa encore plus horrippilante – et Séverin, le taiseux solitaire. Dans un avenir proche, ces cinq jeunes gens nous racontent leur première année à la prestigieuse école d’ingénieurs SupRobotique : coups de foudre, rivalités, états d’âme, mais aussi réflexions sur les différences humains / machines. Sans oublier la Coupe du monde de Robotique, une compétition acharnée durant laquelle tous les coups seront permis !

Mon avis

Je ne me rappelle plus bien pourquoi j’avais demandé Le Labo des sentiments à la Masse Critique. Peut-être pour la couverture, peut-être parce que c’était les éditions Auzou et que j’avais adoré Des nuits de sang et d’étoiles (chroniqué dans Bloggers’), ou tout simplement parce qu’il promettant de faire un lien tangible entre l’humain et la machine… Toujours est-il qu’il n’est pas ce à quoi je m’attendais. D’une certaine façon il était absolument génial, d’une autre il manquait aussi de profondeur.

Commençons par le côté vraiment génial de ce roman. Déjà, c’est un roman choral et j’adore ça ! Les points de vue des personnages s’enchaînent à la perfection nous donnant à voir une pluralité de caractères, de réflexions mais également au delà de leur apparence. Les débats intérieurs de Cassiopée vue comme l’éternel garce, la fragilité de Coriander que l’on croit un génie sans cœur, ou encore le côté presque méchant d’Anulika blessée par son accident et obligée de se déplacer dans un robot commandé à distance. J’ai un peu moins aimé le personnage de Martin que je trouve assez lourdaud et manquant étrangement de finesse au contraire de Séverin, un taiseux solitaire aux réflexion souvent piquantes. Cinq personnages autour desquels gravitent d’autres étudiants en robotique mais aussi des enseignants. Quelques réflexions sont également faites du côté de la machine. Ses bienfaits et méfaits, l’apparente facilité que ce serait d’être un robot vis à vis des émotions, des relations, etc. J’aurais aimé que celles-ci soient davantage poussées et que l’on reste peut être moins au stade des amourettes de lycéens. Que les deux se lient davantage, mais l’un n’est souvent rien d’autre qu’un prétexte pour l’autre et cela m’a un peu dérangée.

« Il n’y a que les autres humains qui peuvent nous surprendre ou élargir nos horizons. Traîner avec un robot conçu pour s’entendre avec toi et partager tes goûts, c’est de la paresse ou de la lâcheté.[…] Parce que c’est confortable. Ça empêche d’être bousculé par l’inattendu, et vivre sans être bousculé, ça vaut pas le coup. »

Au delà de cela nous retrouvons les traditionnelles histoires de lycéens (on ne sait pas trop à quel niveau ils sont) entre amours déçues, quêtes de liberté, dépressions, foi aveugle et mensonges. Les plus gros mensonges étant bien entendu ceux qu’iels se racontent. Sans toujours verser dans le mélodrame, Aurélie Gerlach en abuse un peu tout en y ajoutant une bonne dose d’humour. C’est d’ailleurs celui-ci qui m’a permis de lire le roman de bout en bout et de ne pas le lâcher… Ça et les quelques répliques bien senties auxquelles je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « si tous les adultes pouvaient nous parler comme ça on avancerait beaucoup plus vite ».

« Parfois, j’ai l’impression de me battre contre des moulins à vent. De passer ma vie à ramasser à la petite cuillère des jeunes gens – en particulier des jeunes filles – obsédés par ce qui ne fonctionne pas chez eux. En refusant de voir que ce qu’ils considèrent comme leur faiblesse est probablement leur plus grand atout. Fichue jeunesse. Je suis bien contente d’en être sortie. »

Un dernier point qui pour moi a été réellement décevant, c’est cette espèce de sous-intrigue faisant de Paul le grand méchant de l’histoire, manipulateur et arnaqueur. Je ne révélerai rien dessus mais franchement je ne suis pas sûre que c’était nécessaire de rajouter ça à l’histoire alors que ça ne lui apporte strictement rien, au contraire. De plus, à aucun moment nous ne connaissons les motivations de Paul, son point de vue n’est jamais exprimé, au contraire de Cassiopée qui fait aussi partie des « méchants ». Je trouve ça dommage pour un roman choral qui s’attachait autant à comprendre ce qui motive l’être humain à entreprendre et dire telle ou telle chose.

En résumé

Le Labo des Sentiments est un roman jeunesse choral, se servant du prétexte de la robotique pour présenter les fêlures de l’adolescence. Entre humour et situations rocambolesques, nous sautons d’un point de vue à l’autre pour comprendre ce qui anime ces personnages aux caractères bien trempés. Malgré quelques points négatifs cela reste une lecture agréable 🙂

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