Lonely night lights

Tu sais, parfois, le soleil s’estompe dans l’horizon, il n’y a plus rien que le silence. Le silence comme un geste ou un cri. Parfois il n’y a plus que les nuits froides et tristes d’un été solitaire. Tu distingues des rires qui te semblent familiers, des lumières venues d’un bar où la musique explose sur les rues pavées, tu contemples la joie simple de n’être qu’en vie et rien d’autre, rien d’autre que respirer, un peu plus fort. Sentir ton souffle remonter le long de ta colonne, frétiller le long de ta nuque. Nuage dans la nuit noire.

Plus loin, une fenêtre allumée. Des mains sur un corps nu, irruption solaire, les rideaux bougent. Des doigts appuyés contre la vitre brûlante, et ton regard comme un voyeur, ton cœur brasier. Tes pas s’arrêtent dans le noir, tes yeux comme deux phares, luisant dans la pénombre. Instants volés. Ces moments de chaleur humaine qui s’impriment sur ta rétine, doux comme du miel, frissonnants. Le vent se lève et sa fraîcheur te réveille. Fuite dans la nuit noire.

Des créatures crissantes se déplacent dans les ombres, frôlent cimes et candélabres. Ça s’agite dans les branches, tu les entends piaffer d’impatience, attendre les dernières lueurs du jour pour s’élancer. Se lancer. L’impression soudaine que ton souffle n’est plus seulement le tien. Connexion. Les voilà qui s’envolent. Inspire. Temps figé, temps de grâce. Expire. Leur ballet nocturne s’éloigne, leurs ailes impatientes à la conquête des ombres. Danse dans la nuit noire.

Atteindre un parc. Silence. S’allonger au sol. Observer les étoiles loin, si loin, autant de lumières qui t’éclairent. La lune qui teint tout de ce bleu glacial qui t’attire. Observer des corps allongés. Ne rien dire. Ne rien faire. Observer la course du monde. Le sentir tourner. Vertige. Et ton sourire qui s’étire à l’infini comme autant de constellations éphémères. Connexion, encore. Plonger les mains dans l’herbe froide. Inspire. Expire. Soupir dans la nuit noire.

Dans la ville, derrière toi, les lumières s’éteignent, les fenêtres perdent de leur vie, les couples se séparent, les étourneaux s’éloignent, le vent se fige, les corps humides, tes yeux plongés dans le vide infini. A te demander qui d’autre, comme toi, se connecte au monde le soir. Lonely night lights. 

 

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