Connexion immédiate de Mary H.K. Choi

Connexion immédiate fut ma petite romance de l’hiver avec sa couverture bleue pastel et cette histoire d’amour qui m’a tellement fait pensé à la mienne. Un petit pavé de chez Gallimard Jeunesse que j’ai beaucoup apprécié et que je suis contente d’avoir acheté sur un coup de tête malgré quelques défauts.

Mon résumé

Sam et Penny sont deux jeunes adultes abîmés par la vie qui, sur un malheureux coup du sort, vont commencer une histoire d’amitié puis d’amour 2.0

Le premier n’a plus réellement de domicile et évite soigneusement ses deux parents alcooliques. Gérant du salon de thé du coin, il cuisine à merveille muffin, cookies et autres pâtisseries et connaît l’art du café sur le bout des doigts, pourtant c’est bien dans le documentaire qu’il comptait réaliser son rêve : se tenir derrière une caméra.

Penny, quant à elle, ne vit plus qu’avec sa mère, Céleste, dont les manières et les allures de top model lui font lever les yeux au ciel. C’est elle l’adulte de la famille et elle le sait, alors quand elle entre à l’Université, c’est aussi un bon prétexte pour s’éloigner de cette mère à la beauté étouffante et se lancer dans son rêve de gosse : écrire.

Mon avis

Le roman met un peu de temps à démarrer mais permet d’installer ses deux personnages principaux dans leur décor respectif. Ils sont tous les deux abîmés mais pas de la même manière et si on en apprend beaucoup plus par la suite, les premières pages nous plongent vraiment dans les pensées intimes de Sam et Penny. C’est ce que j’ai particulièrement apprécié. Je n’aime pas beaucoup les histoires d’amour qui ne se conte qu’à la première personne parce qu’il y en a toujours au moins deux dans un couple, je ne vois pas pourquoi une histoire ne devrait se contenter que d’un seul point de vue.

Sam est plutôt bonne pâte, il est gentil, drôle, attentionné, même s’il préfère garder sa part d’ombre pour lui il a tout de même le sourire et l’envie de s’en sortir tous les matins en prenant ses cours par correspondance. Penny est beaucoup plus revêche et indépendante, le genre de fille à avoir un regard furieux en étant morte de rire et avoir des sachets pour tout un tas de trucs dans son sac à main. Très ordonnée par obligation plus que par maniaquerie, elle a la tête sur les épaules mais n’en reste pas moins une adolescente fragile et « cassée ».

On sent cette histoire arriver à des kilomètres, déjà parce que ce sont les personnages principaux mais aussi parce que Penny craque littéralement pour Sam dès les premières pages. Pourtant, elle ne va pas trop vite (merci) et prend son temps pour s’installer, ce qui rend la lecture très linéaire mais aussi très agréable, plus réaliste que toutes ces histoires à l’eau de rose ridicules.

Elle prend son temps en grande partie parce que tout commence par un « contact en cas d’urgence » alors que Penny vole à la rescousse de Sam en proie à une crise de panique fulgurante en plein milieu de la rue par 38°C à Austin, en plein Texas. Elle devient alors la personne à appeler « au cas où », et puis petit à petit la personne avec qui parler, échanger des blagues, des sourires, des secrets. La personne en cas de coup de mou, d’envie soudaine, de désarroi, de peur. Ils vont s’échanger des centaines de messages, partout, tout le temps : en cours, la nuit à 3h du matin, au boulot, dans les toilettes… Et petit à petit, sans qu’ils en aient conscience les sentiments commencent à s’installer. Une pointe de jalousie. Un regard plus insistant.

« Tu crois que je suis cassée ? »

Pourtant, là encore ce roman n’aurait pu faire que 200 pages, mais l’autrice prend son temps, fait grandir ses personnages, leur donne de la maturité, la chance de réparer leurs erreurs, d’ouvrir les yeux, de s’ôter un poids…Son message porte ses fruits : pour aimer quelqu’un d’autre que soi il faut d’abord aimer ce que l’on voit dans le miroir, réparer ses fêlures et les montrer à l’autre, apprendre à faire confiance.

Outre ces deux personnages principaux on en rencontre beaucoup d’autres qui sont autant de leçons pour Penny et Sam : il y a Jude l’amie un peu bordélique mais tellement gentille et bien attentionnée qu’elle en est touchante, Mallory dont même les petites remarques ironiques te font sentir le centre du monde et Céleste bien sûr, la quarantaine qui s’est retrouvée seule avec une enfant, sans mode d’emploi, avec son esprit un peu déluré mais aimante aussi, curieuse, désireuse de bien faire les choses. Elles vont construire la trame de ce qui va aider Penny à s’ouvrir et j’ai beaucoup aimé le parallèle entre les difficultés de Penny à écrire et cette évolution de son personnage.

En résumé

Connexion immédiate n’est pas un coup de coeur. Il aurait fallu un peu moins de linéarité, plus de battements de coeur, mais c’est une histoire touchante et aujourd’hui terriblement universelle. Je me suis retrouvée dans ce personnage sombre qui ne laisse personne l’approcher et j’ai adoré suivre cette histoire jusqu’au bout. Un roman touchant et tendre qui laisse la place à la reconstruction autant qu’à l’amour.

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