La forêt des araignées tristes de Colin Heine

La Forêt des araignées des tristes est le troisième roman que je lis des suites de mon partenariat avec ActuSF. Mais c’est aussi le premier sur les trois pour lequel je suis assez mitigée. Monsieur Heine, je dois vous le dire, vous m’avez un peu perdue.

Résumé éditeur

Bastien est paléontologue : sa spécialité ? Étudier les créatures étranges qui naissent de la vape, ce mystérieux brouillard aux propriétés énergétiques extraordinaires qui a recouvert le monde et menace de l’engloutir un peu plus chaque jour. Tour à tour victime d’un dramatique accident en apparence banal duquel il réchappe de justesse et témoin d’un attentat, où sa survie ne tient à nouveau qu’à un fil, il voit son destin basculer. Le voilà pris dans l’engrenage d’une affaire d’espionnage d’envergure internationale, sous les feux croisés d’une société secrète d’assassins, de brutes armées et d’une agence de détectives aux méthodes douteuses. Sans compter qu’une créature cauchemardesque, tout droit venue des Vaineterres, ces zones perdues dans un océan de vape, semble bien décidée à lui faire la peau…

Mon avis

Je suis bien heureuse d’avoir lu les chroniques de différents chroniqueurs (Ombrebones, l’Ours inculte) avant d’avoir commencé ce roman. Pourquoi ? Parce que la couverture, le titre et même peut-être le résumé ne laissent rien entendre de ce qui se passe réellement à l’intérieur de ce roman. Une fois qu’on se libère de ces à-priori on peut rentrer dans cette intrigue avec plus de facilité.

La Forêt des araignées tristes pose les bases d’un univers steampunk proche d’un XIXe siècle uchronique. La Vape, des suites des pollutions de l’ancien monde, s’est étendue sur l’ensemble des continents et a poussé les humains à se réfugier en hauteur. De gigantesques piliers, reliés entre eux par des voies aériennes et des treums, sont ainsi sortis de terre pour leur permettre de survivre et d’échapper aux créatures que semble abriter ce nuage de pollution. Le rapport à l’écologie est indéniable ainsi que celui, peut-être plus sous-adjacent, de la critique sociétale que l’auteur remet sur le devant de la scène avec le personnage d’Agathe.

« Qu’ils s’aventurent un peu trop haut sur les piliers, et ces messieurs de la police auront tôt fait de les renvoyer à leur cloaque. Alors qu’on me dise pas qu’il y a personne en bas. Il y a une vie sale, grouillante, dépérissante et qui se cramponne comme elle peut à l’existence, mais une vie quand même. Alors on va compter sur elle et ne pas se dire que ces pauvres gens ne servent à rien. »

La narration s’entoure d’une multiplicité de personnages assez déstabilisante mais qui nous offre toutes les clés afin de comprendre les intrigues qui s’accumulent à travers les 487 pages. Peut-être en héritage de sa passion pour le jeu de rôle, l’auteur nous place en maître du jeu absolu. Nous avons absolument toutes les cartes en main et nous comprenons bien avant les protagonistes ce qui se passe… Mais cela entraîne également un curieux sentiment de lenteur, alors que ceux-ci se démènent pour trouver la vérité et on ne peut s’empêcher de souffler de frustration lorsque le personnage principal s’empêtre dans ses explications. L’auteur se sert également d’une curieuse façon d’écrire en mélangeant les pensées directes et indirectes de ses personnages passant du « il » au « je » sans autre forme de procès. Si au début cela m’a un peu perdue j’ai fini par apprécier ces petites excursions plus franches dans leurs pensées.

L’intrigue en elle-même apparaîtrait cependant mieux construite si elle ne l’était pas que sur du vent… Cela manque de concret, d’enjeux en dehors de la survie de notre personnage principal qui apparaît tout de même comme un héros stupide et un peu lent d’esprit. Bastien est paléontologue après tout et je me disais que l’intelligence d’esprit d’un scientifique allait pouvoir se ressentir dans le récit avec quelque chose de plus clinique et méthodique mais non. Il s’éparpille, papillonne et finit par nous agacer profondément (le coup de la preuve agitée devant un des méchant fut le pompon).

En contrepartie les personnages d’Agathe et d’Ernest sont plus intéressants. Agathe est la gouvernante de Bastien et apparaît comme une femme forte au solide caractère qui semble bien plus capable d’additionner deux et deux que son maître (peut-être une petite pensée féministe et anti-caricature a t-elle effleuré l’esprit de l’auteur ?). Aussi lassante qu’attachante par ses piques acérées balancées à tout va et à n’importe qui, on sent une figure maternelle pleine de tendresse sous ses airs revêches. De l’autre côté, Ernest Gulliver (dont le nom est peut-être un hommage au personnage de Swift ?), est un peu plus intéressant. C’est grâce à lui que nous voyageons dans les Vaineterres, cette partie inhospitalière du monde, et que nous en apprenons un peu plus sur l’univers de l’auteur. C’est d’ailleurs sans doute ma partie préférée !

Pour la fin je ne sais pas… je reste sceptique. Je ne la comprends pas très bien et je cherche toujours le message caché qui doit s’y trouver.

En résumé

La forêt des araignées tristes dépeint un univers steampunk très intéressant dont on aimerait finalement en savoir plus, mais se perd en intrigues abracadabrantes avec un personnage principal qui donne davantage envie de lui taper dessus que de l’aider. Avec une couverture aussi belle et un titre aussi poétique je m’attendais à un roman beaucoup plus profond et maîtrisé et je ressors de cette lecture un peu déçue. De plus la fin me donne le sentiment d’être passée à côté de quelque chose d’essentielle…mais quoi ?

Ma prochaine lecture ActuSF sera Coup d’état de Valérie Simon dans leur collection Naos !

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