L’enfant Pan d’Arnaud Druelle

La collection #Echos des éditions Gulf Stream s’est enrichie d’une réécriture / d’une interprétation de Peter Pan à découvrir de toutes urgences ! Je dois vous avouer que moi Peter Pan n’est pas du tout un dessin animé ou une histoire que j’affectionne particulièrement. En fait il m’a toujours fait flipper par son égocentrisme, son égoïsme d’enfant. Il est naïf, joueur, mais il n’aime pas réellement et je détestais son comportement avec Clochette. C’est finalement l’auteur lui même qui m’a convaincue de me pencher sur ce titre 😉

Résumé éditeur

Londres 1881. Après son passage devant le juge, le jeune Peter Hawkson est placé à L’Oiseau Blanc, école privée pour garçons. Malgré toute la bonne volonté du directeur, Peter ne se sent pas à sa place. Injustement accusé d’avoir incendié l’infirmerie, il décide de fuir. Deux étranges petites fées surgissent et le convainquent de rejoindre un mystérieux Egon, au Pays-de-Nulle-Part. Sur cette île, tout est possible : avec son nouvel ami, Peter apprend à voler grâce à de la poussière d’étoile, nage avec des néréides dans des lagunes turquoises et sillonne la montagne à dos de centaure. Pourtant, l’équilibre de ce monde merveilleux ne tient qu’à un fil…que le terrible capitaine du Jolly Roger n’hésitera pas à trancher de son sabre. Le pirate n’a qu’une obsession : faire couler le sang de Pan.

Mon avis

Qui est Peter Pan ? Comment est-il arrivé au Pays-de-Nulle Part ? Pourquoi refuse t-il de grandir ? Comment le Capitaine Crochet en vient-il à éprouver une haine féroce pour cet enfant volant ? C’est à l’enfance de mythique personnage qu’Arnaud Druelle s’attaque, et pour un premier roman cela ne manque pas d’ambition. Comme je le disais plus haut, Peter Pan a toujours été un héros qui m’a laissée indifférente que je regarde le film à 9, 13 ou 21 ans, tout comme, d’ailleurs, ses nombreuses adaptations. Je lui préférais largement l’espièglerie, la jalousie et les facéties de son acolyte Clochette. Pourtant, grâce à son histoire, à sa noirceur, à sa magie, Arnaud Druelle a bel et bien réussi à séduire mon âme de lectrice.

Lorsque Peter Hawkson arrive à l’Oiseau Blanc il ne pense qu’à une seule chose : repartir aussi sec. Pourtant, lorsque son chemin croise celui de Jimmy Jarvis, malmené par une petite bande de malotrus, il n’hésite pas une seconde à le défendre d’un jet de lance-pierre bien placé. Peter, qui ne se fait pas encore appelé Peter Pan, est donc un enfant tout ce qu’il y a de plus droit, justicier, aventureux, et malmené par la vie. La justice l’a placé entre les mains du directeur de l’Oiseau Blanc, un personnage plutôt clairvoyant, qui nous éloigne du cliché du mauvais foyer. La nourriture est bonne, les activités agréables, les dimanches paisibles, les enfants ne sont pas battus et le parc qui entoure la bâtisse a tout du terrain de jeu. Pourtant il y a bien quelque chose avec laquelle Peter n’est pas d’accord : ici on leur apprend toutes sortes de choses pour devenir un adulte responsable, utile à la société londonienne. Et les adultes avec leurs mensonges, leurs comportements ignobles et leurs bassesses, il n’a pas tellement envie de leur ressembler.

L’arrivée de deux petites sylphes dans sa vie, Etincelle et Malice, à la recherche d’un enfant pour tenir compagnie à Egon, le maître du Pays-de-Nulle-Part, va tout changer. Une île où l’on ne grandit pas, où les enfants n’y ont pas leur place mais où l’on peut vivre mille aventures ? Peter se lance à corps perdu dans ce voyage insensé sans savoir que derrière cette magie se cachent aussi des secrets, des dettes de sang et des malédictions si anciennes que l’équilibre de l’île en dépendent. Emporté par le narrateur le lecteur découvre alors mille merveilles, des fées, des êtres étranges, des sages, des arbres immenses, des sirènes aussi belles que dangereuses…Et les pirates du Jolly Roger.

Je n’en dirais pas plus, ce serait tout vous dévoiler, mais sachez que c’est véritablement quand nous arrivons au Pays-de-Nulle-Part que j’ai vraiment commencé à adorer l’histoire et toutes les petites ficelles que tire l’auteur pour mieux réinventer sans déformer le mythe de ce petit garçon. On y parle de blessures intimes et profondes qui changent des enfants à jamais, les peurs de changer, de vieillir, de partir, de grandir. Et si Pan n’exécute pas les enfants qui grandissent, c’est une malédiction tout aussi cruelle qui pèse sur le maître de l’île. Pourra t-elle se finir autrement que dans le sang, la haine et la vengeance ?

Pour un premier roman, Arnaud Druelle fait preuve d’une remarquable précision et nous livre un récit dense mais sans fioriture. Si j’aurais préféré une plume un peu plus lumineuse et marquée, sa fluidité ne pourra qu’être appréciée des jeunes lecteurs et lectrices qui ne manqueront pas de s’y plonger.

En résumé

Au sein d’un texte court, 230 pages, Arnaud Druelle distille avec une grande justesse les émotions humaines et la magie pour nous livrer les origines du mythique Peter Pan. Entre une enfance malheureuse, des malédictions anciennes, la quête de l’immortalité et la dangerosité de l’oubli, l’auteur revisite avec brio l’œuvre de J.M. Barrie qui aura bercé bon nombre d’enfants, tout en lui insufflant une profondeur et une humanité accrue. A la fin du roman, les fils de l’histoire originelle se retissent peu à peu et rencontrent la grande histoire, alors que la fiction rejoint la triste réalité des rues sombres de Whitechapel.

3 commentaires sur “L’enfant Pan d’Arnaud Druelle

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  1. Oh je suis une grande adoratrice de Peter Pan, j’adore ce personnage, et j’ai récemment lu Moi, Peter Pan, de Michael Roch, une t’écrire qui m’avait un peu laissée de marbre. Il y a aussi la BD Wendy project, quelque chose comme ça, qui m’attire beaucoup ! Du coup, celui-ci semble très chouette, surtout qu’il touche à l’origine du personnage. Merci pour ton avis et cette découverte !!

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    1. C’est amusant parce que je ne suis vraiment pas une fan du personnage de Peter Pan, dans le roman de Barrie il est juste…d’un tel égocentrisme, d’un tel égoïsme ! sans parler du meurtre de tous les enfants perdus qui ont le malheur de grandir. Peter Pan est plutôt un « méchant » dans ma tête, et alors son comportement avec Clochette ! (*tête pas contente*). En tout cas celui-ci m’a beaucoup plu et j’espère qu’il pourra te plaire aussi !

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      1. Oh, c’est drôle comme les lectures peuvent être différentes ! Pour ma part, j’ai un peu oublié/omis son côté égoïste, ou je ne m’en suis pas vraiment rendue compte… Du moins, ce n’est pas ce que je retiens. C’est trop intéressant d’avoir ton avis sur ce personnage, du coup !! 😱
        Oui, je l’espère aussi ! 😌

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