Tu liras sur mes murs de Xavier Michel

Tu liras sur mes murs est un recueil de proses de Xavier Michel, publié aux éditions Slatkine. Je ne sais même plus pourquoi je l’avais demandé lors de la dernière masse critique Babelio (comme si parfois l’instinct savait mieux que toi ce que aimeras lire) mais le voici désormais entre mes mains. Je me pose encore la question de la meilleure façon d’en parler. Parler de proses et de poésie n’est jamais chose aisée. Alors je vais mettre ma plume sur ses mots, ses murs à lui sur mes murs à moi.

Tu liras sur mes murs. Un peu de lui, un peu d’elle, un peu des disparus, un peu des oubliés, mais surtout un peu de souvenirs, de soleil, de pluie. Il y a comme un mélange symphonique, un rythme incertain qui se cherche parfois, se trouve souvent. L’homme se dévoile, parfois enfant, parfois vieil homme, comme si le temps n’avait absolument aucune prise sur ce qu’il dit, raconte, éparpille. Les mots y sont tantôt glauques, sombres, dégoulinant, ça poisse et colle, l’impression d’être englué dans une conscience qui n’est pas la nôtre. Ils y sont parfois lumineux, comme un soleil franc ou timide, bercé de chaleur et de pics roses, ils y évoquent l’amour, la liberté, le soudain réveil de l’homme face au monde. Ils laissent présager des désastres mais y évoquent l’érotisme, la sensualité. Ils évoquent des souvenirs en partage, petites mosaïques de pensées (sorte de mémoire pixelisée).

Le lecteur n’y a que peu sa place. Comme derrière une porte entrouverte, observateur, voyeur, de douceur, de douleur, de cette étrange mélancolie dans laquelle l’auteur se plonge, en apesanteur, profondément, loin dans sa conscience. On se demande si tout est autant travaillé qu’il le dit, qu’il n’y a pas tout de même un peu de spontanéité. On lit deux lignes à voix haute, on les observe éclater dans le silence, derrière notre porte entrouverte. On s’étonne d’y trouver des résonances secrètes. On suit les notes qu’il y ajoute, discrètement, auteur-compositeur de proses en suspens.

Et puis de temps en temps, quelques mots, quelques phrases, traversent la porte entrouverte, viennent se nicher au creux du ventre, dans la gorge, parce que les douleurs sont universelles, les plaisirs humains. Alors ça remue, ça dégueule de nos bouches mi-sourire mi-grimace. Ça parle. Remue. Grouille. L’impression de se détacher d’une mue. De mourir un peu, de grandir aussi, de vieillir sans doute. Mélancolique nostalgie des jours de l’enfance. Brutalité sauvage des mains sur des hanches.

Tu liras sur mes murs a cette particularité étrange qu’il pourra parler à tous et personne à la fois, sorte de journal intime où certaines pensées sont le reflet des nôtres. La prose y est tendre, un peu sauvage, tantôt dissonante tantôt rassurante, elle berce, apaise et libère, mais n’en reste pas moins très sobre, trop parfois, dépourvu des superflus qui auraient pu me toucher plus fort. Mais comme pour chaque recueil en prose, on doit parler davantage de l’expérience que de sa lecture. Difficile alors de vous livrer une chronique universelle, quasi objective. Alors je vous livre plutôt des ressentis, des impressions, en attendant vos expériences.

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