La Machine de Léandre d’Alex Evans

La Machine de Léandre est un one shot (à priori) qui se situe dans le même univers que Sorcières associées publié chez le même éditeur…que je n’ai pas lu. Une petite indication rien que pour vous qui prouve que l’on peut lire l’un sans l’autre 😉 Un grand merci aux éditions actusf pour l’envoi du service de presse !

Résumé éditeur

Constance Agdal, excentrique professeur de sciences magiques, n’aspire qu’à une chose : se consacrer à ses recherches et oublier son passé. Malheureusement, son collègue disparaît alors qu’il travaillait sur une machine légendaire. La jeune femme le remplace au pied levé et fait la connaissance de Philidor Magnus, un inventeur aussi séduisant qu’énigmatique. Bientôt, une redoutable tueuse et un excentrique et un richissime industriel s’intéressent à ses travaux, sans oublier son assistant qui multiplie les maladresses et un incube envahissant…

Mon avis

Une lecture assez compliquée. Je pense que c’est une excellente manière de résumer mon avis. Une lecture assez compliquée, donc, parce que le steampunk est un genre que j’apprécie beaucoup, parce que globalement je m’attache moins à la trame (ici classique) qu’au personnage principal et que celui-ci était génial, que j’aime les histoires d’héroine et que ce roman réunit tout cela avec brio. A croire qu’en ce moment les romans ne m’emballent plus !

Je vais donc commencer par l’énorme point fort du roman : Constance Agdal. Originaire du Tourmayer, une cité où la magie est vilipendée, très profondément ancrée dans l’apprentissage de la Voie, la jeune femme est désormais titularisée en sciences magiques dans un monde pourtant très masculin (preuve en est des trois incapables dont on a affublé son laboratoire pour la punir de s’être hissée à ce statut). C’est un personnage fort, bien campée dans ses bottines et qui a dû bosser dur pour en arriver jusque là. Autant dire que la disparition de Simon Dowell, son estimé collègue, est le dernier de ses problèmes. Entraînée malgré elle dans cette histoire de faille, d’incube, de professeur envolé et de secrets industriels, Constance doit également tout faire pour protéger son don de chamane qui la rendrait extrêmement précieux aux yeux du Magistère mais plus du tout libre de ses mouvements.

Autre second point fort : la magie. Dans ce roman on la nomme « Pouvoir ». Ce pouvoir revient par cycle et il est, à l’époque du roman, revenu après plusieurs décenies d’absence. Entre temps la religion a fait son oeuvre et a largement sévi, détruisant tout ce qui pouvait s’y rapporter, biens ET personnes. Depuis son grande retour, industriels, sociétés, citoyens, écoles, s’intriguent, émettent des hypothèses et y puisent des dons remarquables. Et pourtant, tout cela reste un joyeux bordel. Des talismans surpuissants sont éparpillés aux quatre coins du pays, des sorts capables de libérer des démons sont devenus des comptines pour enfants, et plus personne ne connaît véritablement le moyen de les tisser. Bref, un petit capharnaüm qui donne lieu à des situations cocasses et souvent périlleuses.

Ces deux points sont vraiment de gros points positifs et franchement, l’univers développé par l’autrice est topissime, ça me donne même envie de lire Sorcières Associées. Passons maintenant aux quelques petits points, plus ou moins gros, qui sont à mes yeux assez rébarbatifs.

Petit 1) L’aspect scientifique de la chose. Tout d’abord je ne nie absolument pas son importance et sa légitimité dans le récit. Constance est une scientifique, il était logique qu’on en vienne à un moment donné à parler de transconducteur (I guess). Mais ça m’a vraiment perdue. Je ne vous le cache pas c’est une des raisons pour laquelle je ne lis pas de hard sf et très peu de SF de manière générale. La multiplication des terminologies, des noms complexes, des systèmes, m’a complètement larguée. Je ne sais pas pourquoi mais je me suis énormément focalisée là dessus, parce que ces termes ne composent clairement pas l’ensemble du récit, et ce point-ci ne tient sans doute qu’à moi… mais je suis curieuse de savoir si celles et ceux qui l’ont lu ont été perturbé.e.s par ce jargon.

Petit 2) La façon dont Constance tombe amoureuse. J’aurais voulu qu’il n’en soit rien, surtout qu’on nous l’apprend en une demie-page pour ensuite globalement l’oublier. Cela n’a aucune influence sur le récit, en dehors de quelques piques de culpabilité envers Arthéméis, sa meilleure amie dont l’homme est amant.

Petit 3) Je n’ai pas compris l’arrivée d’un des personnages dont j’ai d’ailleurs complètement oublié le nom (il est très maladroit et casse l’expérience de Constance au début du roman, si d’autres ont le nom en tête). J’ai trouvé qu’on l’avait beaucoup mis en avant pour pas grand chose tout comme Albert, l’incube, auquel on ne s’attache pas. Toutefois, je n’ai pas considéré ici mon manque d’attachements envers les personnages secondaires comme des défauts mais comme découlant naturellement du caractère logique et pragmatique de l’héroïne.

Petit 4) La prévisibilité. Je suis plutôt bon public. Je me fais avoir dans tous les Agatha Christie, les romans policier jeunesse, voire même des intrigues identiques dans deux univers différents me passionnent. Mais là, je ne sais pas, peut être que mon cerveau était en grande forme (si si ça lui arrive parfois) mais j’ai tout compris très vite, devançant tous les twist et ressorts de l’intrigue ! Résultat, alors qu’il ne faisait que 180 pages, j’avais l’impression d’évoluer à la vitesse d’un escargot dans l’attente de ce qui me fera enfin trépigner.

Alors voilà, deux gros points positifs contrebalancés par plusieurs petits ou moyens points négatifs qui viennent entacher tout cela. La nouvelle à la fin m’a laissée un peu de marbre, puisque j’ai eu beaucoup de mal avec Cassandra qui m’a tapée sur les nerfs.

Dans l’ensemble je pense que mon humeur du jour a énormément influencé ma lecture et cela me désole un peu. J’étais pressée par le temps, je laissais mon copain une demie heure après, j’étais globalement pas très enthousiaste à l’idée de lire et ça a sans doute beaucoup joué dans mon appréhension de l’oeuvre… surtout lorsque je lis l’enthousiasme d’autres blogueurs ! Mais voilà, parfois on fait une critique négative, il faut bien qu’il y en ait, même parmi mes partenaires 😉

En résumé

La Machine de Léandre est un roman court avec une héroïne scientifique remarquable et à l’univers original. Malheureusement, une intrigue pas assez poussée et la complexité du jargon scientifique auront eu tôt fait de me lasser. S’ajoute à cela mon manque d’entrain globale qui a sans doute cassé le peu de patience qu’il me restait. Une lecture en demie teinte donc, mais qui pourrait parfaitement correspondre aux néophytes ou aux lectrices avides de figures féminines fortes.

D’autres chroniques par ici : Ombre Bones, La Bibliothèque d’Aelinel, Les livres de Rose.

7 commentaires sur “La Machine de Léandre d’Alex Evans

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  1. Tout d’abord, merci pour le lien !
    Ensuite perso je n’ai pas été gênée par les termes scientifiques mais je lis de la sf et de la hard sf parfois justement parce que j’aime beaucoup même si je suis vraiment nulle en sciences x) le paradoxe. Par contre je rejoins totalement ton avis sur la romance à mon sens inutile qui m’a plutôt déçue. J’en ai un peu marre qu’on se sente obligés de maquer les nanas sinon elles sont cheloues.. Outre ça y’avait de super idées dans ce bouquin et une héroïne au top. Mais ça a relégué le livre au rang de divertissement sympa alors qu’il avait le potentiel pour bien plus.

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    1. De rien !
      Je pense que c’est vraiment la profusion des termes mais sans que ça soit forcément toujours utile. Je me suis retrouvée noyée et je me suis littéralement focalisée dessus ! Mais pour la romance…tout à fait d’accord avec toi !
      Et oui finalement c’est ce que j’ai souligné l’univers a l’air génial et l’héroïne était plutôt sympa mais l’ensemble de mes points négatifs m’ont rendu la lecture decevante…

      Aimé par 1 personne

  2. Merci pour le lien! 🙂 Alors, le jargon scientifique ne m’a pas dérangée même si j’avoue que j’ai été larguée par moment mais je n’y ai pas fait trop attention en fait…et comme, comme tu le dis, il n’est pas présent à chaque page, je suis facilement passée au-dessus! Sinon, c’est vrai que la « romance » ne m’a pas spécialement plus non plus, je n’y ai pas trop vu d’intérêt…Après, l’intrigue de façon générale ne m’a pas emballée plus que cela (et j’y inclus la romance^^). C’est vraiment l’univers et les persos qui m’ont marquée (un peu comme toi au final, sauf que dans l’ensemble, j’ai été plus conquise que toi! XD Disons que je suis passée au-dessus des points qui t’ont gênée, mais je comprends que ce ne fut pas ton cas!).

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    1. Oui c’est pour ça que cette fixette est sans doute davantage due à mon humeur ^^ Et ce personnage secondaire alors ? celui qui vient d’un autre royaume ou d’une autre ville, qu’en as tu pensé ? 🙂

      Aimé par 1 personne

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