L’Enceinte 9 d’Ophélie Bruneau

Il y a des livres qui vous font voir monts et merveilles et d’autres qui vous laissent un peu sur la touche… Et il y en a qui vous font passer un excellent moment de lecture sans chichis, sans fioritures, avec juste ce qu’il faut de frissons pour vous rendre addict. L’Enceinte 9 et moi, c’était un peu ça avec un soupçon de « Ysa laisse moi dormir… il est deux heures du mat, je me lève dans cinq heures et il reste encore 100 pages… » « Mais justement 100 pages c’est rien !!! » « Bon voilà t’es contente ? Il est trois heures maintenant ! ».

Résumé éditeur

Chassée par une pandémie meurtrière, l’humanité a fui le monde. Les habitants de l’Enceinte 9 vivent depuis un siècle repliés derrière leurs murailles. Ils ont perdu le contact avec les autres Enceintes, et la Gestion, le logiciel chargé de répondre aux besoins de chacun, ne suffit plus à empêcher les ressources de s’épuiser peu à peu.

Ysa est une jeune surnuméraire : née sans bon de naissance, elle doit travailler pour la collectivité dès ses dix-huit ans. Ses premières missions dans la police la confrontent à de nombreux incidents : des suicides de masse, des vols de nourriture. Y aurait-il un lien avec le collectif Fin du Monde, qui souhaite la mort de l’espèce humaine et a déjà anéanti des Enceintes ? La rencontre d’Ysa avec l’ombre, la population non gérée, va tout précipiter.

Comment sauver l’Enceinte avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis

Après mes « juste » quatre heures de sommeil, ma journée de studies dans les pattes, quelques exercices de fitness, me voilà enfin prête à vous parler du roman. Et comme je n’ai oublié AUCUN nom ça veut dire que le roman a eu son petit effet sur moi 😉 Je dois dire que L’Enceinte 9 n’est absolument pas ce à quoi je m’attendait. La dernière phrase me faisait pencher sur une énième infiltration policière au sein d’une population recluse, où l’héroïne tombe amoureuse du héros et finit par voir le monde autrement et se rebelle contre la police. Genre comme dans beaucoup trop de romans et de films. Genre un cliché. Mais non. Parce que je devrais savoir que les éditions Lynks n’éditent pas n’importe quoi, n’importe qui, n’importe comment (on en parle de ces jolies dorures et de cette illustration signée Tiph ? mmh ?).

Tout cela pour dire que L’Enceinte 9 n’a rien de cliché. Enfin presque. Le coup de l’enceinte on l’avait déjà vu. Et comme j’ai écrit une nouvelle un peu dans le même genre je dois dire que j’ai été assez déstabilisée. Je suppose que l’on peut dire que l’intelligence artificielle aussi ce n’est pas nouveau. Ou des populations qui vivent en marge de la société. Ou un système défaillant car obsolète. Oui bien sûr, mais ce sont des éléments qui fonctionnent et qui sont globalement réalistes alors pourquoi pas ? C’est intelligent, bien pensé, et à l’aide de quelques flashbacks et autre on arrive parfaitement à comprendre comment l’humanité en est venue à cette extrémité. 

« Quand vous aurez quelques années de métier, vous comprendrez que rien n’est plus bizarre que le monde réel. Ni plus triste, parfois. »

Au sein de l’enceinte 9, on suit le personnage d’Ysa, une surnuméraire (née sans autorisation et élevée dans une pouponnière jusqu’à ses dix huit ans) sur le point d’intégrer les forces de la police centrale afin d’aider le système à protéger le peuple. Un système qui périclite. Les suicides se multiplient. Des vols se produisent. Les denrées alimentaires sont rationnées petit à petit alors que la « gestion » a de plus en plus de mal à gérer la population et ses besoins élémentaires. C’est dans ce climat de tension constante entre politique, scientifique et machine, qu’Ysa fait la rencontre de l’ombre, ces personnes qui sont sorties du système en espérant une vie meilleure. Ce que j’ai trouvé agréable c’est que l’autrice n’en fait pas un idéal, non vivre dans l’ombre n’a rien de réjouissant, il y a des risques, il fait froid, on doit se cacher sans arrêt et faire pousser sa propre nourriture. C’est en faisant leur rencontre qu’Ysa va petit à petit remettre en question le système auquel elle croyait tant.

Et elle n’est pas la seule ! Second point intéressant du roman, les chapitres consacrées à la politique, aux scientifiques ou aux mouvements extrémistes. Souvent intercalés entre deux chapitres sous la forme de pensée, message ou articles de presse, ces éléments disparates nous permettent de réellement comprendre cette situation politico-sociale imaginaire et c’est assez rare pour le souligner. Aux côtés d’Ysa et des autres personnages on obtient de nombreux détails sur ce qui composent la vie des populations, la façon dont sont gérées les ressources, l’économie et la sécurité. Cela rend le roman assez dense.

En comparaison, il peut s’écouler beaucoup de temps entre deux chapitres ce qui peut être réellement déstabilisant. Quelques ellipses ne me dérangent pas, mais elles sont très nombreuses et risquent de perdre un lecteur / une lectrice moins aguerri.e ce qui est dommage car le roman a beaucoup de messages à délivrer. C’est à la fois une critique de la situation actuelle mais également une invitation à réfléchir aux solutions possibles.

Même si les personnages ne m’auront pas beaucoup convaincus (il y en a beaucoup et on s’attarde finalement peu sur eux, leur préférant leur représentation dans l’histoire) j’ai tout de même apprécié le duo Ysa / Zéro, les passages intercalés de Zéro étant d’ailleurs ceux que je préfère, ainsi que l’absence de romance avec la personnage principale. Comme quoi on peut écrire un bon livre sans qu’il n’y ait d’histoires d’amour, si si. 

En résumé

Comme bon nombre de romans Lynks, L’Enceinte 9 est un véritable page turner qui emporte son lecteur de bout en bout échappant aux écueils du genre. Si le rythme est tantôt trop rapide tantôt trop entrecoupé il n’en reste pas moins que j’ai passé un agréable moment de lecture en compagnie d’Ysa, de Zéro, de l’ombre et de l’enceinte. Encore merci pour l’envoi du service de presse !

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