Diabolo fraise de Sabrina Bensalah

Un roman des éditions Sarbacane que j’avais hâte de lire pour commencer le printemps en beauté dans des teintes roses bonbons teintées de glace à l’eau. Je remercie les éditions Sarbacane pour l’envoi de ce service de presse ❤

Mon résumé

Quatre sœurs, les Martin, habitent au 3e étage d’un immeuble tout moche mais qu’elles n’auraient échangé pour rien au monde. Antonia vient à peine d’avoir dix-huit ans et découvre qu’elle est enceinte. Une décision doit être prise mais son cœur balance et le dire à Farès, le garçon dont elle partage la vie, lui coûte encore plus. Mariekeelle, entre en première et semble bien décidée à découvrir les joies de l’amour…mais aussi celles du plaisir. Jolène, d’un an la benjamine jalouse ses deux sœurs aînées et méprise son corps osseux, mais plus que tout, elle veut obtenir les règles qui la feront enfin devenir une femme. Judy, elle, tente de se faire sa petite place parmi ses sœurs mais aussi sa nouvelle classe de sixième. Et avec elles quatre, c’est toute une famille qui vit, respire, souffre, et vibre de tendresse.

Mon avis

Impossible de ne pas penser aux romans de mon adolescence, que ce soit Quatre filles et un jean de Ann Brashares, Les quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott ou Quatre sœurs de Malika Ferdjoukh. Il semble y avoir dans ce chiffre quelque chose de parfaitement juste pour parler de l’adolescence, quatre filles, quatre âges, et quatre stades. Un chiffre parfait pour parler avec justesse de cette période si trouble.

Pourtant, dans le Diabolo Fraise de Sabrina Bensalah il y a eu aussi plus que cela. Il y a eu les doutes de Farès, cet homme qui se retrouve potentiellement père du jour au lendemain et qui ne peut qu’être deux choses : celui qui abandonne sa copine dans cette épreuve, un lâche, un couard, ou celui qui assume malgré la peur, l’envie de s’enfuir à tire d’aile.

« — Pourquoi tu fais de moi un monstre ? Celui qui quitte, celui qui ne veut pas devenir père ? C’est pratique, ça aussi ! Tu l’as pas vu ma souffrance, alors ? Elle t’a pas paru assez grosse ?
Son coeur agonise. Il est un chien abandonné sur le bord de la route. Est-ce vraiment la dernière fois que je te tiens la main, Antonia ? Suis-je capable de vivre sans toi ? Il essuie ses larmes […] Farès ferme les vitres par peur que ses rêves ne s’envolent. »

Il y a aussi les doutes de Mona, la mater familias qui a tout sacrifié pour sa famille, « entretenu » son mari jusqu’à ce que celui-ci rencontre le succès et qui doit accepter sa ménopause, son corps qui change, les sautes d’humeur, une deuxième adolescence en quelque sorte, et qui ne peut accepter de voir son aînée gâcher cette jeunesse qu’elle n’a déjà plus. Il y a ceux de Sven, qui voit toutes ses filles grandir trop vite, qui voudrait les protéger du monde entier, surtout sa petite dernière, Judy, qu’il voit entrer au collège. Il sait qu’elle ne sera plus la même. Trois personnages qui gravitent autour des quatre sœurs comme des satellites, parce que ce sont bien elles les héroïnes de ce roman rose bonbon.

« L’autorité de la mère se loge dans ses cordes vocales : ses phrases fusent avec tant de ferveur qu’elles en deviennent palpables. Elles ricochent contre les murs, envahissent les chambres pour soulever le menton des filles et les rappeler à elle. »

Quelque chose de plus, aussi, parce que sans trop en faire l’autrice nous amène sur beaucoup de sujets très différents et y intègre aussi des pensées beaucoup plus modernes et contemporaines, d’aucuns diraient même « féministes », notamment à travers les personnages d’Antonia et de Jolène qui refusent de céder le pas au capitalisme et au machisme, de se laisser dire quoi faire par les diktats sociaux : cup menstruelles, flux instinctif libre, les poils aux bras ou aux pattes, les visages sans maquillage, la revendication, tout simplement, d’être soi et d’être libre. Peut-être que c’est cela : la liberté de vivre son adolescence, sa féminité comme on l’entend et pas comme elle devrait.

C’était amusant de replonger dans cette époque que je ne connais que trop bien, pas toute à fait terminée sans doute, encore là, à la lisière, quand j’ai moi aussi paniqué comme Antonia pour le retard, quand j’ai cru défaillir comme Judy quand elles sont arrivées, quand j’ai été déçue comme Marieke pour cette première fois toujours un peu bancale, ou quand j’ai observé toutes ces filles avec tant de jalousie, alors qu’on me disait tellement intelligente, comme Jolène. Chacune a leur manière m’ont incarnée et je me suis incarnée en elles, à travers leurs conseils, leurs sautes d’humeur, leurs chagrins mais aussi leurs rires et leurs sourires.

— Hé, les filles ! murmure t-elle. A votre avis, ça a le goût de quoi, le bonheur ?
Trois paires d’yeux se tournent vers elle. Réflexion.
— De barbe à papa ? improvise Antonia en posant le magazine sur ses genoux.
— De chiotte ! lâche Jolène, pas joueuse.
— Et toi Judy ? Tu dirais quoi ?
— Vous vous moquez pas de moi, hein ?
— Quelle idée ! répond Marieke
— Je dirais que le bonheur a le goût des quenelles de Papa.
— Et s’il était une couleur ?
— Couleur de peau, répond Antonia sans hésiter.
— Couleur page blanche, propose Jolène. Le bonheur, c’est peut-être quand tout reste à écrire ?
— Le marron des yeux de Maman.
— Et si c’était un bruit ? rebondit Marieke.
— Un premier cri, murmure Antonia.
— Les pages d’un livre qui se tournent.
— Vos rires et le mien, ensemble.
— Et un mot ?
— Farès.
— Cogito…
— Sœurs.

Et bien pour moi, aujourd’hui, le bonheur avait le goût d’une fraise tagada, l’odeur d’un livre fraîchement imprimé, la couleur d’un rose bonbon et le bruit des pages que l’on tourne. En un titre : Diabolo fraise.

En résumé

Voir ces quatre sœurs qui évoluent, grandissent entre jalousie et admiration, peine et tendresse, c’était drôle et émouvant à la fois, un véritable petit bonbon de littérature que j’ai adoré savourer page après page. En bref, ce roman est rafraîchissant et sucré…comme un Diabolo fraise. Et au fait…c’est un coup de cœur !

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