Pentagon Papers, une histoire du journalisme comme on en voit plus ?

Pentagon Papers est un film récent réalisé par Steven Spielberg. On y voit notamment Meryl Streep et Tom Hanks se disputaient l’affiche dans un duo détonnant. J’ai passé un excellent moment devant cette réalisation, émue par le courage d’une femme dans un monde d’hommes, transportée par cette solidarité journalistique.

Mon résumé

Les Pentagon Papers est une affaire qui a éclaté aux Etats-Unis en 1971 suite à la publication d’un document totalisant 7000 pages secret-défense démontrant la politique de manipulation du gouvernement des Etats-Unis dans la guerre du Viêt Nam de 1955 à 1971. Il avait alors été commandé par MacNamara au poste de Secrétaire à la Défense en 1967.

Le film se place au moment où Kay Graham alors directrice du Washington Post, commence à prendre ses marques dans cette société suite au décès de son mari. Bien décidée à faire entendre sa voix de femme dans ce monde d’hommes, elle se trouve cependant tiraillée entre devoir journalistique et gestion d’entreprise : au moment d’entrer en bourse il ne fait pas bon genre de se fâcher avec le gouvernement. Pourtant les Pentagon Papers constituent une affaire bien plus importante que le rejet des journalistes d’une fête de mariage…

Mon avis

Une femme parmi les hommes

Grande absente des Hommes du Président d’Alan J Pakula, Katharine Graham, surnommée Kay dans le film, est pourtant devenue suite à ces deux affaires (Pentagon Papaers, Wategate Affair) l’une des femmes les plus puissantes, les plus respectées et les plus influentes de l’histoire des États-Unis. Steven Spielberg lui offre une place de reine, décidant de centrer sa réalisation autour de son choix cornélien : publier ou ne pas publier les Pentagon Papers.

On y voit alors une Kay (incarnée par Meryl Streep) déboussolée, tentant d’exprimer son avis et son point de vue parmi une multitude d’hommes qui savent « bien mieux qu’elle comment gérer une entreprise ». Avoir une femme à la direction c’est un « risque » qu’ils ont du mal à accepter. Et si elle prenait une direction irréfléchie ?
Bien loin de ses rôles de femmes dures et impassibles, Meryl Streep donne plus de rondeur, de finesse à cette femme qui fait ses débuts en tant que directrice de presse. Et si quelques fois son regard perdu m’a fait lever les yeux au ciel, j’ai apprécié de voir à l’écran une femme qui s’assume en tant que mère, épouse et femme d’affaires, et qui ne fonce pas tête baissée comme le voudraient ses journalistes. Cette décision, lente, et presque douloureuse pour la femme d’une cinquantaine d’années qu’elle est devenue, semble prendre énormément de temps… pourtant en trente secondes tout est plié !

Une histoire du journalisme comme on en voit plus ?

Je peux sans aucun doute dire que le journalisme idéalisé est représenté par Benjamin Crowninshield Bradlee (incarné par Tom Hanks) : rédacteur en chef du Washington Post il n’hésite pas à secouer sa directrice pour obtenir ce qu’il veut. Fonceur, transcendé par une vision plus dénonciatrice du journalisme, il ne veut qu’une chose : informer la population de ce qui se passe.

Alors quand le gouvernement tente de faire interdire sa publication, et ordonne au Times de stopper leurs agissements… ni une ni deux il récupère les documents et tente de les faire publier ; en oubliant que le risque sera porté par tous les journalistes du Post qui n’a alors pas la même stature que les grands journaux. Mais rien y fait, le journaliste est habité.

Ce désir de publier, cette course contre la montre, la bataille contre le gouvernement… est ce que cela a véritablement disparu ?

C’est vrai qu’aujourd’hui on a tendance à se dire que les journaux font eux mêmes partis de groupes, qui sont eux mêmes dirigés par des personnages très orientés… entre buzz et badbuzz on ne sait plus trop où va le journalisme aujourd’hui : conquête du superficiel, création de tribunes « buzz »… et pourtant il ne faudrait pas oublier que des centaines de journalistes risquent leur vie dans des zones en guerre, que des centaines sont retenus prisonniers dans des pays où le droit d’expression est inexistant. Ne pas oublier non plus les fameux « leaks » délivrés dans le but d’informer, le même que poursuivant Bradlee, donc.

Le journalisme est donc divisé, mais je crois encore à son existence…et vous ?

Le mot de la fin

Pentagon Papers est un film que j’ai beaucoup apprécié pour toutes les thématiques qui s’y sont mêlées : féminisme, journalisme, enquête, etc. Sa réalisation fait véritablement penser à une course contre la monde malgré un début assez lent. Et puis…Meryl Streep quoi ! The best one !

Sur le dernier plan nous rejoignions Les Hommes du Président avec un plan large du bâtiment des Démocrates où seront placés les fameux micros illégaux… La boucle est bouclée !

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