Un raccourci dans le temps, mais trop de raccourcis dans l’histoire

Un raccourci dans le temps, écrit par Madeleine L’Engle en 1962, et réédité récemment chez Hachette en octobre 2017, fera l’objet d’un film Disney en mars prochain. Un livre qui fait du bruit donc, mais qui me laisse mitigée quant à sa lecture…

Mon résumé

Meg et Charles sont les enfants aux dons particuliers de deux scientifiques. Le père, mystérieusement disparu au service du gouvernement, ne donne plus aucun signe de vie et Meg subit les allusions grotesques de ses camarades quand ce ne sont pas celles des enseignants. Une nuit de tempête signe le début d’une aventure rocambolesque qui l’emmènera, elle, son frère, Calvin et les trois Mrs Q aux confins de l’univers.

Mon avis

Meg et Charles sont des personnages très intéressants car ils possèdent tous les deux des dons particuliers qui les rendent singuliers et ambivalents. Rejetés par leurs pairs exceptée leur famille qu’ils vénèrent plus que toute autre chose, ils sont obligés de se tailler une place dans un monde qui ne semble pas vouloir d’eux. Meg laisse plus souvent place à sa colère qu’à son intelligence pour résoudre ses problèmes et Charles ne peut s’empêcher de faire appel à son don pour comprendre les émotions qui entourent les personnes importantes dans sa vie. Par bien des égards, ces deux personnages m’ont fait pensé aux autistes ou aux personnes ayant un QI supérieur et à la manière dont la société peut les considérer. Cependant cette partie là n’a pas semblé faire l’objet de beaucoup d’intérêt de la part de l’auteure qui passe très vite à autre chose : la fameuse tempête.

C’est à ce moment précis que tout bascule. Mrs. Qui, Mrs. Quidam et Mrs. Quiproquo s’invitent à la partie, et si Charles Wallace semble les apprécier et les intégrer tout de suite dans son schéma logique, Meg reste quant à elle bien plus réfractaire à ces trois sœurs sorcières dont les vêtements et les habitudes de voleuse la rendent aussi perplexe que suspicieuse. Accompagnés de Calvin, un jeune homme « important », possédant un don particulier pour la communication, ils s’embarquent dans une aventure incroyable où extraterrestres, raccourcis dans le temps et l’espace, et gros méchants seront au rendez-vous…quitte à s’y perdre un peu trop souvent !

Dès le départ tout s’enchaîne beaucoup trop vite, impossible de prendre une pause, les voilà partis sans explication, sans au revoir, sans même que cela semble leur poser problème, une seule idée en tête : retrouver le père disparu… Alors que depuis le début on passe en revue les sentiments de la mère éplorée. Incohérence ?

Par la suite nous apprenons que le père faisait partie d’une recherche gouvernementale où son talent consistait à trouver et comprendre le phénomène de la « compraction », malgré lui le voilà à se battre contre ça, une conscience diabolique et sombre, emprisonnant les planètes sous le joug de l’uniformité au nom du bonheur. Les trois Mrs Q envoient alors nos trois adolescents combattre une créature qu’elles avouent elles-mêmes avoir du mal à repousser, et tant pis pour l’idée qu’elles seraient des amies irréprochables, elles m’ont plutôt fait l’effet d’êtres loufoques et parasites. Les nombreux liens avec la religion m’ont un peu perturbée mais après tout pourquoi pas.

J’ai été aussi déconcertée par les nombreux clichés qui pullulent dans le roman (l’adolescente colérique, l’amour qui peut tout sauver, la conscience sombre qui n’est là que pour être sombre apparemment sans aucune réflexion) bien qu’à la réflexion il est possible qu’ils ne soient devenus des clichés qu’au fur et à mesure de lectures actuelles… en comparaison avec celles de 1962 ! (Il faut toujours relativiser…).

Le roman aborde de nombreux thèmes assez intéressants pour la jeunesse, comme par exemple l’espace, les voyages dans le temps, et certains phénomènes plus cachés comme ceux de l’adolescence, l’amour fraternel, ou la loyauté. Dommage cependant que l’autrice utilise des termes aussi compliqués à comprendre pour des enfants !

Le mot de la fin

Les personnages manquant de profondeurs, l’incohérence du récit, la précipitation dont l’autrice fait preuve et la difficulté pour des enfants de comprendre cette aventure, ont rendu cette lecture mitigée. Le premier tome d’une saga dont je ne lirais pas la suite mais dont j’irais volontiers voir l’adaptation cinématographique… afin de voir comment le fameux phénomène de « compraction » a été traduit !

Je vous laisse avec le trailer officiel !

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