Pax et le petit soldat, un formidable conte initiatique

Pax et le petit soldat avait fait grand bruit à sa sortie en janvier dernier chez Gallimard Jeunesse, mais c’est outre-atlantique qu’il avait d’abord été largement salué par la critique. Une quête initiatique qui nous rappelle que nous ne cessons jamais de grandir…

Mon résumé

La guerre est imminente. Le père de Peter s’enrôle dans l’armée et laisse son fils à son grand-père. Mais Peter doit faire un sacrifice qu’il n’est pas tout à fait prêt à faire : laisser partir Pax, son renard qu’il a élevé depuis son plus jeune âge. Alors, Peter jette la figurine de soldat dans la forêt, laisse Pax courir à sa poursuite et monte dans la voiture, le coeur en milles morceaux. Pourtant, chez son grand-père, il n’arrive pas à se débarrasser de la désagréable sensation qu’il n’a pas fait ce qui aurait dû être fait. N’écoutant que son courage, sac à dos rempli, carte mémorisée, Peter part à la poursuite de sa deuxième moitié d’âme.

Mon avis

Pax et le petit soldat est un roman initiatique et d’apprentissage comme on en voit beaucoup. Il a cela de particulier qu’il mélange plusieurs éléments que l’on a tous, à des degrés différents, expérimentés (l’amitié, la guerre, la loyauté, le devoir, l’amour, la culpabilité, etc.) pour former quelque chose de nouveau, un genre de nouvel état d’esprit que chacun peut atteindre.

Sarah Pennypacker ne verse ainsi pas dans le manichéisme si commun aux romans jeunesse dont les auteurs pensent à tort qu’un enfant est incapable de comprendre la pluralité humaine. Au contraire, elle n’hésite pas à montrer les facettes multiples de ses personnages à commencer par Peter, le petit garçon de 12 ans dont on suit les aventures et qui peut se montrer aussi naïf que colérique, aussi tendre que violent ; ou encore avec Vola, une rescapée de la guerre qui marche à l’aide d’une prothèse mécanique et dont l’histoire est aussi terrible que poétique.

Et puis il y a Pax, bien évidemment, le renard que nous suivons régulièrement dans ses péripéties, lui qui, désormais abandonné des siens, s’efforce de survivre dans un milieu qui lui est aussi étranger qu’hostile. Pax qui finira par apprendre que le monde, dehors, ne ressemble guère à son enclos du jardin de « son garçon » au grès de ses rencontres avec une renarde et son petit frère. Lui qui, de loin, verra la guerre avancer, avec tous ces hommes malades.

« C’est une maladie qui frappe parfois aussi les renards. Cela les conduit à changer de comportement, à attaquer des étrangers. La guerre est une maladie humaine qui y ressemble. »

Mais ne vous y trompez pas, si Peter et le lecteur, doivent au grès de la lecture, affronter de terribles épreuves, à commencer par l’apprentissage de la vérité aussi cruelle soit-elle, Pax et le petit soldat est rythmé par une poésie, une frénésie et un désir de vivre qui m’a littéralement charmée ! Les jolies illustrations de Jon Klassen viennent rehausser l’ambiance magique de ce petit pavé, et, disséminées entre les pages, nous invitent à prendre part au voyage. L’amitié remarquable qui lie ces deux êtres m’a vraiment prise aux tripes et mon coeur battait la chamade de retrouver son renard.

Le mot de la fin

Première lecture de 2018 qui ne m’aura absolument pas déçue. Le résumé et la couverture rendent compte à merveille de la pluralité de ce roman aussi riche pour un adulte que pour un enfant. Vérité, voyage et spiritualité sont de la partie, alors que les deux protagonistes se battent pour enfin se retrouver incarnant loyauté et amitié, ces deux joyaux qui manquent parfois à notre société.

« Il repensa aux paroles de son grand-père : « la pomme ne tombe jamais loin de l’arbre », et la nausée et la peur l’envahirent de nouveau. Il baissa le regard vers la table en pin usée pour cacher cette phrase qui lui faisait honte et qu’il sentait écrite en lettres brûlantes sur son visage.
Vola tendit les bras et posa ses deux mains de part et d’autre de son crâne. Peter se figea. A part une main approbatrice sur l’épaule de la part de son père de temps en temps, et quelques coups de poings amicaux de la part de ses amis, personne ne l’avait touché depuis la mort de sa mère. Vola attendit, comme si elle savait qu’il avait besoin de temps. Puis elle appuya, fermement.
C’était un geste étrange, mais Peter ne recula pas, ne bougea pas un muscle, ne respira même pas. Car à ce moment-là, cette prise solide était la seule chose qui l’empêchait d’éclater en mille morceaux. »

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