Pupa : un petit peu de chair fraîche ?

Pupa de Sayaka Mogi est le premier manga que je lis depuis un bon p’tit moment. J’avais complètement craqué sur sa couverture hyper colorée par rapport aux illustrations intérieures très sombres et glauques. Déçue ? Pas déçue ?
ATTENTION cet ouvrage est destiné à un public averti, âmes sensibles s’abstenir.

Mon résumé

Yume et Utsutsu sont frère et sœur. Après une enfance tragique avec un père qui les battait eux et sa mère, les deux enfants grandissent en comptant uniquement l’un sur l’autre, Utsutsu jouant au grand frère protecteur de seulement un an l’aîné. Jusqu’au jour où, rentrant de l’école, Utsutsu reconnaît la voiture de leur père et envoie Yume dans le parc changeant leur destin à jamais. Pourtant une jeune femme les avait prévenus : « Vous feriez mieux de rentrer chez vous avant l’apparition des papillons rouges ». Yume, désormais un monstre avide de chair humaine, et Utsutsu, devenu un homme capable de régénérer ses blessures à l’infini, vont devoir continuer à vivre avec ce nouveau fardeau.

Mon avis

Pupa, du nom du virus ayant contaminé nos deux jeunes adolescents, est un mélange complexe d’innocence et d’horreur, de pureté et de noirceur, non emprunt d’une certaine forme de grâce et de tendresse. Il aurait pu être absolument sublime.

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Les illustrations sont littéralement à couper le souffle, foisonnantes de détails, toutes dans un clair obscur parfaitement maîtrisé et où chaque personne trouve sa place de vignette en vignette. Bien entendu c’est aussi par elles que sont véhiculées les sentiments d’horreur et dégoût qui montent petit à petit à la lecture de ce premier tome. Cannibalisme, chair fraîche arrachée des corps, et les affreux « crunch crunch » tellement représentatifs qu’ils en deviennent dérangeants. Manger de l’humaine ce n’est quand même pas rien.

On peut également voir un effort fait au niveau de la psychologie des personnages et la façon dont ils contrastent les uns avec les autres : Yume douce, timide, candide au sourire angélique qui se transforme en monstre avide ; Utsutsu le frangin protecteur et magnifique qui cache pourtant des côtés si sombres qu’il pourrait bien s’y perdre lui même. L’image la plus frappante est celle de cette petite fille (puisque représentée comme telle malgré ses 16 ans) à la califourchon sur son frère en train de manger à pleine dents sa chair. La lumière qui se tâche d’ombre.

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Le personnage du père semble avoir également été créé non seulement pour provoquer la colère du fils, le faire sortir de ses gonds et révéler sa véritable nature que pour ajouter un peu plus de mystère, ses actions et sa façon de les mener semblant complètement invraisemblables. Il en est de même du personnage de Maria, la jeune femme qui les prévient du danger et qui va par la suite se servir d’eux comme cobayes pour l’étude de ce virus mortel qui les a ravagé.

Du suspense, du mystère, des adolescents torturés, des monstres, dans un univers macabre. Jusque là ça allait plutôt bien. Jusqu’au ce qu’on lise réellement chaque page une par une. Jusqu’à ce qu’on se rende compte que les dialogues sont plats et creux et qu’en dehors des « je veux te protéger frangine », « tu peux me manger si tu veux » et autres, quand ce ne sont pas des cris d’agonie, il ne s’y passe pas grand-chose. Il y a une véritable disproportion entre les illustrations très gores et sanguinolentes et les dialogues presque trop « innocents » et simples.

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Finalement on a un peu l’impression que l’auteure a cherché à faire du gore pour du gore et qu’elle s’est pas la suite intéressée au scénario qui n’est pas du tout à la hauteur de la qualité graphique de l’ouvrage.

En résumé

Pupa est une lecture divertissante mais qui malgré un potentiel graphique et scénaristique énorme reste en retrait. Premier tome d’une série qui demande à avoir le coeur bien accroché. A conseiller pour ceux aimant le gore, le trash et l’horreur. Je tenterai peut-être le second tome pour savoir ce qu’il en est et comment ça évolue.

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