Magie Brute un mélange décapant de pulp, d’humour et de magie

Magie Brute est le premier tome d’une trilogie Les chroniques du Grimnoir, suivi de Malédiction et Foudre de guerre. Publié en 2015 par L’Atalante, c’est tout naturellement qu’il a rejoint ma wishlist avec sa couverture rétro et pulp qui promettait action, magie, super héros et bien d’autres choses…

Mon résumé

1930. Une époque bien différente de la nôtre. Les dirigeables sillonnent le ciel, des zombies ont envahi Berlin des suites de la première guerre, et la magie a définitivement changé la face du monde. D’un côté l’Imperium, des japonais, mi-ninja, mi-samouraïs, mi-yakuza. A leur tête « le président » un homme mystérieux au regard bien trop vieux, désireux d’anéantir une grande partie des États-Unis et de redéfinir la société selon ses désirs. De l’autre côté le Grimnoir, une organisation secrète faite de chevaliers à l’honneur sans faille prêts à tout pour défendre les actifs et les protéger.

Et au milieu de tout ça une bande joyeux drilles bien vite rejointe par Jake Sullivan, héros de guerre, « lourd » et fin connaisseur en armes de poing, ayant passé un accord avec le FBI pour traquer les meurtriers de son acabit, des actifs, et Faye une jeune fille aux yeux gris, rachetée dix dollars par un portugais à une famille de okies où elle subissait exorcisme sur exorcisme afin de supprimer son pouvoir de « voyageuse ». Deux personnages poussés par la roue du destin à se battre, par honneur pour l’un, pour venger ceux qu’ils aiment pour l’autre et pourquoi pas, au passage, sauver le monde tout entier.

Mon avis

Larry Correria mélange de très nombreux genres à l’intérieur de son roman ce qui le rend à la fois complètement dingue et terriblement accrocheur. Un peu d’urban fantasy, d’uchronie, de pulp, de comics, de super-héros, de jolies-filles-qui-ne-sont-pas-que-jolies, de magie, de scènes d’action dignes des plus grands western ou d’un film de Tarantino, et vous aurez à peu près une vision complète de ce que peut être Magie Brute. Mais vous serez tout de même loin du compte.

Ce cocktail détonnant, s’il peut sembler légèrement indigeste de prime abord, fonctionne étonnamment bien grâce aux actions imprégnant chaque chapitre entre tension et règlement de compte, mystères et révélations. Loin de nous dégoûter des scènes de combat, l’auteur y place tout son art et nous les déroule une à une, véritable fresque cinématographique où chaque coup de feu, chaque pied tendu et chaque acrobatie se déroulent comme au ralenti sous nos yeux appréciateurs.

Si le récit peut sembler parfois un peu en surcharge de testostérones les apparitions régulières de Delidah belle blonde à qui il ne faut pas trop chercher des noises, de Jane excellente guérisseuse légèrement timide (la plus douce des trois) et de Faye la paysanne qui pourrait bien tous les sauver s’ils n’y prennent pas garde, sont là pour redonner une présence féminine au récit… tout en donnant une bonne raclée aux méchants.

Loin de n’être que des pantins qui ne savent que se battre chaque personnage possède un passé, une histoire qui semble les avoir construits souvent avec leur dose de douleur et de morts. Tout est donné au bon moment et l’auteur ne paraît pas attendre un quelconque prétexte pour donner telle ou telle information. Loin des séries B habituelles, il semble avoir tissé sa toile et nous propose une enquête à mi chemin entre le roman noir et la fantasy où chaque petite pièce s’emboîte parfaitement à la suivante au fur et à mesure des pages.

Si je regrette parfois une action un peu trop linéaire et des rebondissements que l’on commence à voir venir un peu trop tôt j’admire avec beaucoup de respect la manière dont il se sert de nos propres images collectives pour créer des ambiances fortes et cognitives. Je pouvais tout imaginer, tout recréer et les nombreux détails que Larry Correia donne sur les pouvoirs de chaque protagoniste nous permettent de les comprendre à la perfection, de la « carte mentale » de Faye à la « poussée gravitationnelle » de Jake Sullivan. Sans parler des scènes d’actions : de l’attaque zombie sur le manoir, des prises d’assauts de dirigeables, des sauts de la mort dans le vide, la destruction d’un immeuble entier, rien ne semble arrêter l’auteur…et rien ne semblait pouvoir m’arrêter moi, avalant des litres d’actions et de pages par la même occasion.

J’ai également beaucoup apprécié les petites parties en début de chaque chapitre évoquant différents pans de la période des « actifs » et permettant de comprendre petit à petit comment ils sont apparus et la manière dont ils ont vécu, – nous croiserons notamment un mystérieux Tesla et un non moins reconnu Einstein – d’un interrogatoire de police, en passant par un entretien entre un mort et son nécromancien, ou encore les mémoires de personnes plus ou moins célèbres, petit clin d’oeil à Adolf Hitler qui fait son apparition dès le chapitre 3 !

Alors oui on retrouve certains clichés hérités sans aucun doute de ses multiples inspirations, oui certaines « surprises » se font malheureusement sentir trop tôt (mais ne serait-ce pas pour nous étonner d’autant plus ailleurs ?), et quelques personnages manquent un peu de profondeur mais ce n’est rien en comparaison au plaisir quasiment jubilatoire de lire chaque page de ce roman détonnant.

Le mot de la fin

Le roman est entraînant, la plume de l’auteur précise et sans bavure, les scènes d’action palpitantes et décapantes, les personnages bien construits, et le melting pot inspiré des confluences américaines (pulps, comics, western, roman noir et j’en passe) fonctionne à la perfection. En bref une petite perle qui rejoint avec grand plaisir ma bibliothèque et qui me donne envie de lire les tomes suivants !

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