La Dragonne et le Drôle de Damien Galisson

La Dragonne et le Drôle ça part comme un conte de fée avec ce titre non ? Et pourtant, ce n’est pas tout à fait cela. Un roman de la collection Exprim » chez Sarbac’ qui m’a même tiré une petite larme…Si si, parce que ce roman n’a absolument rien de drôle.

Mon résumé

Le Drôle a onze ans et cela fait si longtemps qu’on ne l’a pas appelé autrement que le drôle qu’il en a oublié son prénom. Le seul à pouvoir lui rappeler, Rudy, son grand frère, ne décoche de toute façon pas un mot, il préfère planter des flèches. Coincés dans leurs rôles de membres d’une bande de mercenaires, les deux frangins vivent de truandises. Jusqu’à celle de trop où Chef demande au Drôle de tuer. Il le fait. Il en gardera des cauchemars, un goût de cendre dans la bouche et l’envie de se carapater. Le Drôle il n’est il aime la douceur, les rimes, les chansons. Et il aime aussi la Dragonne qui s’échoue devant lui, même lorsqu’il devra faire face à une armada d’aéronefs.

Mon avis

Et bien ça pour un premier roman… c’est un premier roman ! La carte, au tout début, à de quoi intriguer, des cercles, imbriqués ou non, leurs roses des vents au centre, avec des symboles, de ci, de là ; et ensuite c’est l’écriture qui happe, empruntant allégrement à la poésie et au vers libre, pour tisser rêveries, violences et douceurs. On y suit le Drôle, onze ans, un « moins que rien » aux yeux du Chef et de Tanner, les deux brutes mercenaires qui les accompagnent lui et son frère alors qu’il pose son regard désenchanté sur le monde, comme lavé de l’amour de sa mère qui l’a abandonnée et Rudy qui ne le regarde même plus. Pas un sourire, pas un mot. Même quand les coups pleuvent et les ordres sont aboyés. Même quand il doit sortir dans l’air froid et mouillé. Parfois, on entend son filet de voix qui sort de sa bouche. C’est beau, fluet, comme un chant d’été.

Obligé par Chef à faire ce qu’il déteste le plus au monde à un garçon qui lui ressemble un peu trop, le Drôle commence petit à petit à perdre pied. Alors quand en plus Chef vend son cheval pour pouvoir embarquer dans une aventure encore plus sanglante et destructrice, il prend son courage à deux mains et il saute de l’embarcation, retrouve la terre ferme et peut-être, aussi, la dragonne qu’il a vu s’échouer quelques temps avant.

S’ensuit un dialogue fait de chants et de beauté entre l’écailleuse créature tapie au fond de son nid de pierres, et le jeune garçon solitaire. Dans leurs poitrines résonnent des vents, des vols, des familles, de la douceur et parfois, aussi, de la faim, de la soif, de la peur, de la douleur. Et c’était beau. Vraiment. J’ai lâché ma larme, à un moment qui n’était ni triste, ni dramatique, ni violent, juste beau comme le sont le coucher du soleil en plein hiver, les yeux de mon amoureux ou les amitiés éternelles. Et je ne m’y attendais pas, en fait, à me faire happer comme ça par ce roman si court, cette fantasy singulière, cette narration en vers qui fonctionne à merveille.

En résumé

La Dragonne et le Drôle est un premier roman, court, de fantasy en vers. C’est un titre jeunesse, adulte, adolescent. C’est de la poésie, des chants d’amour, de colère, et de vie. C’est simplement beau, comme les yeux de mon amoureux, si beau qu’une fois j’ai lâché une larme. C’est vivant, pas toujours tendre, et une jolie aventure où les mots tombent, glissent, chutent, se rattrapent et parfois, parfois, touchent en plein coeur.

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