Ours : retour sur Terre de Johan Heliot

Est ce que j’ai craqué pour ce roman parce que la couverture était signée Patrick Conan comme pour tous les epik de la collec’ du Rouergue Jeunesse ? Peut-être bien ! Ou bien simplement parce qu’il m’intéressait beaucoup ? Ah oui ça aussi. Un roman court, jeunesse, très addictif et aussi très original bien que s’appuyant sur des classiques (revendiqués) comme La Planète des Singes.

Mon résumé

Voici dix mille ans, les habitants de la Terre ont abandonné leur planète direction Proxima à des milliers d’années lumière. Portant, alors qu’ils sont dans leur caisson de sommeil pour ne se réveiller que sur cette nouvelle planète, celle-ci est détruite par un astéroïde et l’intelligence artificielle qui pilotait la nef, contrainte de retourner vers la Terre, seule planète habitable assez proche pour ne pas épuiser le carburant. C’est donc en revoyant leur chère planète bleue que Kar-El, (un tek) Onésime (biotik) et Shi-Ma (protek) se réveillent…et ils ne sont pas au bout de leur surprise. Des centaines de kilomètres sous leurs pieds, ce sont les ursidés qui sont désormais l’espèce dominante…

Mon avis

Il n’y a pas à dire Johan Heliot est un très bon auteur de SFFF, avec une plume remarquablement fluide, sans faire de fioritures. De fait, on plonge directement dans le roman sans se poser de questions, ni trop de difficultés. Nous découvrons ce premier volume avec deux paires d’yeux d’abord : celles de Kar-El, réveillé de stase par une Intelligence Artificielle, et celle de Grysard, un Mords-Lune qui observe cet étrange objet stellaire depuis sa tour. Oscillant de l’un à l’autre, nous apprenons à regarder l’inconnu, le nouveau dans un sens comme dans l’autre.

Parce que si les ursidés sont désormais l’espèce dominante ils sont bien loin du comportement sauvage dans lequel ils avaient été laissés, éteints dans une planète en ruine. Marchant sur leurs pattes antérieures, se servant de couverts à table, arborant vêtements et bijoux, les ours ont pris un comportement typiquement humain. Regroupés en différents clans obéissant aux plus forts, les Purs avec leur fourrure blanche, ils fonctionnent à la manière des districts d’Hunger Games : certains clans se serrent la ceinture tandis que d’autres s’empiffrent et acquièrent des monopoles sur le saumon.

Lâchés en pleine nature, attaqués par les ours, les trois humains ne perdent pas leur sang froid. Coupés de toute communication avec leur nef, c’est leur priorité absolue. Quitte à trahir de potentiels alliés pour rencontrer ces fameux « Purs » que l’on dit puissants mais dont la cité est surtout bâtie sur d’anciennes technologies humaines. D’ailleurs si les uns les prennent pour des dieux, la Grande Mère et l’Ours Père, d’autres semblent particulièrement au courant de leur existence, même dix mille ans plus tard.

Grysard, de son côté, curieux de nature et grand savant, se lance sur la trace des humains accompagné d’un diplomate et de deux ursiniens un peu boulets sur les bords. Mandaté par Mahénielle, l’ourse qui tient lieu de cheffe aux Purs, il découvre peu à peu les secrets et dangers du palais et des trahisons qui se profilent dans l’ombre. Retrouver les choses tombées du ciel ne devient pas une simple quête scientifique mais bientôt un enjeu pour toute la communauté ursinnienne.

Un roman relativement complexe donc, mais très abordable pour le public des 8-12 ans de la collection éclair+ d’Auzou avec ce qu’il faut pour piquer la curiosité des plus grands. Je ne peux malheureusement pas vous dire grand chose de plus tant le roman est court sans vous spoiler mais sachez qu’il s’agit d’un premier volume qui se lit d’une seule traite. Bien sûr, on pourrait, en tant qu’adulte, en attendre davantage peut-être, plus d’explications, de densité, d’émotion, mais le divertissement est au rendez-vous.

En résumé

Ours : retour sur terre est un premier volume et une belle entrée en matière dans un univers de science-fiction riche et prometteur. S’adressant aux 8-12 ans à travers la collection Eclair+, l’auteur nous entraîne dix mille ans plus tard, sur Terre, alors que les Ours sont désormais l’espèce dominante et que les humains doivent trouver refuge sur leur ancienne planète. Allant de surprises en rebondissements, nous partons à la rencontre d’un peuple étonnant où les rancœurs, la vengeance et l’égo, semblent bien semblables à ceux des hommes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :