L’Effet coccinelle de Yann Bécu

Je l’ai pris parce que son résumé était complétement barré, mais eu un peu de mal à rentrer dedans parce qu’il l’était aussi. Ce genre de lecture où tu t’accroches, et puis que tu finis par lire d’une traite.

Résumé éditeur

Le lancement de l’Homo Sapiens, c’était une idée pourrie. Génétiquement trop instable. Le service Créa avait prévenu dès le début. Ils préféraient de loin le projet Bonobo. Question score de paix, une vraie promenade ! Bonobo Sapiens, ça aurait signifié la résolution du moindre conflit par le sexe… Chantier pépère, en somme. Tu parles ! Les boss du 33e étage n’avaient rien voulu entendre. L’Homo Sapiens c’était parfait pour eux : audacieux, vendeur, et tellement sexy sur le papier.
Sur le papier, peut-être, mais sur le Terrain… Parce que nous autres on est les techniciens, les larbins de la création… « Les Boueux » , comme ils disent en haut lieu. Siècle après siècle on patauge dans ces eaux crapoteuses. Et chaque fois qu’on prend possession d’un corps ici-bas, on en paie le prix : coups de chaud, coups de froid, coups de pompe, coups de blues, coups de foudre, toute la chimie humaine s’impose à nous…
Alors forcément, il arrive qu’on gaffe. Or notre récente bourde risque de coûter cher. Si on ne la rattrape pas très vite, l’humanité va droit dans le mur… Adieu, triple A. Adieu, Homo Sapiens. Et bonjour les sanctions.

Avec L’Effet Coccinelle, Yann Bécu développe une idée vertigineuse… Si une « preuve divine » était publiée, aussi éblouissante soit-elle, il resterait tout de même une question potentiellement explosive : quelle branche de quelle religion a misé sur le bon cheval ?

Mon avis

Le roman s’ouvre sur une pièce « au dossier » rédigée par le Gendarme Adjoint 2e classe Jean-Philippe Jaouen avec force détails et circonvolutions « laitier livreur de lait », « il a put se garer plus loin dans une rue prépendiculaire » (fautes dudit gendarme). Il faut dire que cette histoire de camionnette volée ça le chiffonne le Jaouen, mais il saurait pas dire pourquoi, et puis bon il faut faire ses preuves. Mais bon le Colonel Jean Destouches en a un peu marre du loustic qu’il envoie à Ezanville. Bizarrement c’est dans ce petit trou paumé que Jaouen retombera sur son affaire de camionnette volée…et sur le plus grand débarquement d’extraterrestres. Sisi.

Parce que voyez-vous cette fameuse camionette du laitier livreur de lait, c’est là dedans que se trouvent Raphaël, Eyaël et Mitraillette (mais c’est pas son vrai nom vous voyez). Des prénoms Angéliques pour des Boueux, trois Agents au service de la Ruche, cette entité spatiale stationnée à quelques années lumières de la Terre. Et devinez quoi ? Ben c’est un peu les dieux de l’univers, enfin nos dieux à nous puisque les humains sont pas descendus d’Adam et d’Eve, ni même des singes, mais bien du génie (euuuh) créatif du Service créa de la Ruche. Le projet « Homo Sapiens ». Sauf que rien ne va dans ce projet audacieux, vendeur et sexy, qui se trouve être plutôt un projet de l’emmerdement maximal pour ceux qui doivent faire en sorte d’atteindre un « score de paix » acceptable. Un score de paix. Sur Terre. Vous l’avez ? Le truc impossible.

Alors si en plus certains humains balancent l’air de rien la « preuve divine » alors là l’humanité est pas sortie de l’auberge. C’est à ça qu’ils servent les Boueux : éliminer les humains qui conduiraient à cette fameuse « preuve divine ». Pourquoi ? Mais parce que ce serait un joyeux bordel ! Quelle religion faudrait-il suivre ? Quels dogmes ? Aime ton prochain, ou fais la guerre à ceux qui ont pas la même religion que toi, ou bien heureux qui vit comme un pauvre, ou bien… Le bordel on vous dit. Et puis la guerre, puisque tous les problèmes des hommes se résolvent ainsi. Une trentaine de cibles par équipe donc. Ils en sont à Camille Landru au début du récit. Vers le milieu ils en sont surtout à tenter de survivre sur Terre, lâchement abandonnés par leur Ruche suite à leurs énormes bourdes. Faut dire qu’ils étaient pas super super clairs là haut.

Vous comprenez à quel point ce roman est complètement abracadabrantesque ? ou dantesque ? ou drôlesque ? Sans parler des petites interventions de Jaouen qui sont sérieusement des petites pépites d’idiotie et de coups de chance. Nous allons donc finir par suivre les trois gugusses sur Terre, sur la Ruche, dans leurs déboires, leurs soirées alcoolisées, et leurs petits coups de pu*e. Oui bah ils sont pas franchement gentils hein. De base ils éliminent les gens quand même. Mais les voilà dans le corps de l’homo sapiens, avec tout ce qui va pas chez eux : leur fragilité, leurs émotions, leurs conneries amoureuses. Une grande étude en temps réel, à ça c’est sûr c’est pas le service créa qui se caille les miches ou crève d’amour. Ça non !

En résumé

Servi par une plume aussi fluide et cynique que possible, l’Effet coccinelle est un one shot complètement barré, où il est autant question de la création de l’univers, de paris sportifs, d’idiote humaine, de divinité (mais laquelle au juste ?) et de remises en question. Sous couvert d’humour et d’ironie, Yann Bécu offre une vraie critique sociale sur l’effet de masse, notamment, le racisme ordinaire, aussi, tout en supputant que tout cela est aussi profondément humain et viscéral. Bref c’est un moment de lecture hors du commun, inventif, qui ne plaira pas à tout le monde mais seulement, peut-être, au plus audaci.eux.ses d’entre vous.

3 commentaires sur “L’Effet coccinelle de Yann Bécu

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  1. Il est dans ma PAL, le résumé m’ayant intriguée, mais je ne pensais pas le roman aussi barré. Je suis assez curieuse de le lire d’autant que les thématiques abordées, sous couvert d’humour et de fiction, m’intéressent…

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