La guerre du lotus tomes 1 à 3 de Jay Kristoff

La trilogie de La Guerre du Lotus de Jay Kristoff a été rééditée récemment aux éditions Big Bang et je dois dire que ce fut un véritable plaisir de les avoir en avant première grâce à mon partenariat avec eux. Pourquoi ? Parce que cette trilogie est une pépite ! ❤ Vous pourrez retrouver ma critique du premier livre juste ici. Pour celle-ci je vais tenter de vous brosser dans le sens large (sans spoiler) pourquoi vous devez vous procurer cette trilogie au plus vite 😉

Résumé du tome 1

La jeune Yukiko fait partie des chasseurs du shogun. Un maître cruel, qui règne sur un empire malade et vicié par la pollution des machines. Lorsqu’il leur donne l’ordre de capturer un arashitora, un tigre de tonnerre, créature légendaire qu’on dit disparue, c’est presque un arrêt de mort. Car quiconque déçoit le shogun y perd la vie.

Yukiko accomplira l’impossible…mais s’égarera dans la dernière forêt sauvage des îles de Shima, avec pour seule compagnie un tigre du tonnerre mutilé et furieux. Saura t-elle dénouer les fils qui la lient mystérieusement à cette bête extraordinaire ? Et se pourrait-il qu’elle soit la mythique danseuse d’orage, l’ultime espoir de son peuple ?

Mon avis sur la trilogie

Accrochez-vous. Ce commentaire peut paraître banal mais il n’en est pas moins vrai et ce pour chacun des trois tomes. Accrochez-vous. Malgré le vocabulaire japonais que vous n’allez peut être pas saisir entièrement. Malgré la longueur des premières pages de chaque volume. Malgré le flou qui parfois règne autour des intrigues et des personnages. Accrochez-vous parce que vous allez vivre une aventure extraordinaire où se mêlent écologie, féminisme, combat, violence, mythologie, drames et espoirs. Accrochez-vous parce que vous allez sourire, grimacer, pleurer aussi peut être comme moi, à la page 722 du troisième volume. Accrochez-vous parce que ça peut être long, autant de pages, mais que chacune d’entre elle en vaut la peine.

« Non, écoute-moi, petite. Regarde autour de toi. Regarde ce monde qu’ils t’ont laissé. Un ciel rouge. Des rivières noires. Des montagnes d’ossement. Ta colère est justifiée. Tu as raison d’être furieuse. »

Pour brosser un portrait très large de la trilogie, disons que l’on s’enfonce progressivement dans les politiques du Shogunat de Yama, de la Guilde à l’origine de la terre mutilée, et de la révolution en marche. A travers le personnage de Yukiko, fille d’un des plus grands chasseurs de son temps, nous allons ouvrir les yeux en même temps que les siens sur la folie, la violence, et la colère du monde. Alors que celle-ci possède un don qu’elle doit cacher aux yeux de tous sous peine d’être assassinée publiquement par la guide, le Sçavoir, elle se lie involontairement à un tigre du tonnerre, un arashitora dont la légende dit que l’un d’entre eux enferma à jamais la déesse Izanani en Enfer.

Au fil des pages et des tomes nous oscillons entre la noirceur du monde, et l’espoir d’une rébellion massive, d’une révolution en marche. Nous découvrons des personnages extraordinaires : le guildien Kin-san dont l’amour brille comme une étoile, le samouraï Hiro qui ne jure que sur son honneur, la jolie Michi prête à tout pour détruire le shogunat, Kaori la fille des rebelles au visage défiguré et au coeur fissuré, Daïchi l’ancien dont la sagesse côtoie un passé douloureux, Buruu bien sûr le tigre du tonnerre, Hana et Yoshi les jumeaux au sang mêlé, Daken le chat des rues… Une énumération qui peut paraître impressionnante, qui vous ferait dire que tous ne peuvent être les héros de cette histoire. Mais si Yukiko est celle dont on chantera les louanges à travers mille cités, les héros sont parfois des garçons et des filles ordinaires.

Jay Kristoff a créé un véritable univers, puissant, dense, aux personnages superbement esquissés, tous un peu brisés, mais forts et dangereux. D’inspiration japonaise à n’en point douté, il créé tout de même sa propre mythologie, ses propres codes, ennemis et machines offrant un délicieux mélange de fantasy et de steampunk. Un monde sombre, violent, noir de crasse, de suie, de pollution, où le lotus noir a tout corrompu sur son passage empoisonnant terre et peuple, leur fournissant à la fois les armes, la drogue, tout cela au prix de millions d’innocents.

J’ai adoré autant l’écriture que les messages écologiques et humanistes qui se dégageaient parfois des pages, souvent si terriblement justes. A n’en point douter cette trilogie ne sert pas seulement le but de la fantasy et du divertissement mais invite ses lecteurs à se lever, se battre, et suivre Yukiko sur son chemin.

« La vérité, c’est que l’abysse est en chacun de nous. Dans notre avidité. Dans la façon dont nous considérons ceux qui sont différents de nous. Dans notre manière de considérer les plus petites ou les plus faibles comme des proies. Cela commence par les bêtes sur la terre, les oiseaux dans le ciel. Et bientôt nous nous retrouvons à considérer comme inférieurs les gens qui ont une couleur de peau différente. Ou des dieux différents. Nous les croyons inférieurs, alors nous les attaquons, nous les tuons, sans nous poser de questions. Comme ils sont différents, nous nous croyons dans notre droit. parce que nous sommes plus forts, nous pensons que nos actions sont justifiées. C’est l’abysse en chacun de nous. Et nous sommes encore tout près du bord. Bien plus qu’on ne l’imagine. Ils nous suffirait de nous égarer un instant et nous nous retrouverions à contempler les ténèbres. Et qui viendra à notre secours ? Puisque tout ce qui est différent de nous a été éradiqué ? »

Une épopée grandiose et dramatique, où l’auteur prend plaisir à jouer sur la corde sensible, s’amusant aussi de l’exagération des films et mangas japonais pour les retranscrire ici dans les combats notamment, n’hésitant pas à faire glisser Michi à genoux sur un parquet lustré, ou à faire basculer Yukiko dans le vide avant qu’elle ne soit ratrappée in extremis. Il y a un côté très cinématographique d’ailleurs.

Qui dit épopée et violence, dit bien évidemment combat. En ce sens le dernier volume, contant la dernière grande guerre en est peut être un peu trop pourvu, les rebelles bataillant sur tous les fronts au sol, dans les airs, sur la mer, pris en étau entre les guildiens, les gaidjin aux yeux ronds et l’armée du Shogunat. Beaucoup des héros que nous suivons meurent, souffrent, étouffent. Le dernier volume est une apothéose mais aussi un déchirement. Ce goût de la violence nous le retrouvons dans chacun d’entre eux à des degrés divers, d’autant plus que l’auteur les fait souffrir de toutes les façons possibles, par la violence physique mais aussi psychologique, par la perte d’une partie d’eux ou de leurs proches.

Mais c’est ça aussi qui fait de La Guerre du Lotus une trilogie si grande et belle. Aucune légende ne finit bien. Celle ci m’a arrachée des larmes, ce qu’il me manquait pour en faire un coup de coeur. Alors lisez-la en sachant que vous serez secoué.e, aimanté.e aux pages. Lisez-la en sachant que tout n’est pas ce que vous croyez. Que l’auteur est parfois un menteur comme le disait James Clemens, mais qu’il y a, au fond de la colère de ces insurgés, beaucoup de la mienne.

En résumé

La trilogie de La Guerre du Lotus de Jay Kristoff est une saga extraordinaire qui est pour moi un coup de coeur dans les genres de l’imaginaire. Aux frontières de la fantasy et du steampunk, l’auteur a composé trois volumes denses et complexes au sein d’un Empire aux inspirations japonaises sur fond d’écologie. L’histoire de Yukiko, fille d’un grand maître chasseur et de son tigre du tonnerre Buruu. D’Hana et Yoshi, les jumeaux aux dons cachés. De Kin et Hiro tour à tour amants, traîtres, héros. D’une multitude de personnages en somme, superbement campés, pour former une fresque magnifique et dramatique. Parce que ne vous y trompez pas, si La Guerre du Lotus réunit des héros et des créatures mythiques, elle donne la voix aussi à une violence inouïe, des combats meurtriers, de la rage et du sang versé. Avec au bout, une lumière baignée de larmes. Un espoir entouré de noir.

> D’autres avis sur Les Fantasy d’Amanda qui m’a gentiment suivi par message instagram dans ma consternation puis ma crise de larmes sur le dernier volume ^^

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