La Traque des Anciens Dieux : Les deux princes de H.Lenoir

Après mon énorme coup de coeur, l’autrice ne pouvait pas me laisser sur ma faim (faim de son écriture et de son humour décalé) et elle m’a gentiment envoyé son roman auto-édité en service de presse. Et quelle surprise !

Résumé

Marc est un prince. Malheureusement, il aurait préféré un statut plus modeste (bourgeois, ou même comptable) pour échapper aux traditions magiques qui pèsent sur ses épaules. Quand sa princesse, à la suite d’une faille juridique, se révèle être un deuxième prince, tout aussi mécontent de la situation, les deux fiancés partent en quête pour détruire l’enchantement qui les relie. Leur voyage leur fera traverser le monde et rencontrer d’étranges compagnons : un escroc philosophe, une sorcière revêche, une fée terrifiante et deux dragons à l’humour particulier. Ils ignorent que c’est une mission bien plus importante qui les attend au bout du chemin, une mission qui demandera tout leur courage et leur persévérance pour la mener à bien.

Mon avis

Dès le départ le roman part sur les chapeaux de roues. On découvre des êtres étranges bien décidés à choisir le destin du monde alors que les uns et les autres semblent avoir des dettes envers eux. Le temps d’un prologue on comprend que quelque chose d’étrange se déroule sans comprendre quoi… Et j’avoue que je n’avais pas du tout fait le lien entre ce prologue et la suite du roman avant un petit moment. Par la suite nous suivons Marc, un Prince sur les épaules duquel repose bien entendu une destinée magique à savoir : épouser une princesse, une tisserande ou une éleveuse d’oie, qu’importe tant qu’il l’épouse et que cela n’entraîne aucune catastrophe sur le royaume. Il faut dire que d’autres avant lui ont bien essayé de contrarier leur destinée mais des événements cataclysmiques se produisaient dans les jours suivant les décisions desdits personnages royaux. Alors pas le choix il va falloir chercher une princesse. Tout se déroulait à merveille jusqu’à ce qu’il croise un renard, qui lui indique une mystérieuse tour où, bien entendu, une princesse est censée s’y reposer, qu’il l’embrasse… (comprenez que des cheveux longs ça trompe aussi)…et découvre un prince. Alors on aurait pu partir sur une jolie relation sauf que nos deux héros ne sont pas du tout attirés l’un par l’autre. A partir de là les choses se corsent.

En se basant sur les contes qui ont bercé notre enfance, Madame Lenoir nous entraîne avec brio dans une aventure rocambolesque bourrée d’humour et de clichés…assumés ! Le vieux monsieur qui leur offre une réponse à leur quête sans qu’ils n’aient rien demandé parce que c’est une quête princière ? Accordée. La fée (certes un peu frappée) qui semble protéger la « princesse » ? Accordée. Un beau prince valeureux, plein d’honneur, de muscles et d’envie d’en découdre ? Accordé ! Et bien sûr une quête princière pour parachever le tout ? Accordé.

Il faut dire que tout a été orchestré d’une main de maître.sse par une sorcière à la mémoire millénaire qui s’est plus ou moins dit que des princes étaient tout à fait adéquats pour accomplir un destin hors du commun et que bon, globalement, on ne pouvait pas trop se trompait quand on misait sur des princes puisque, bien entendu, les quêtes princières aboutissent toujours. Tant pis si pour cela on les piège un petit peu et qu’ils ont littéralement, le coeur qui se brise dès qu’ils s’éloignent l’un de l’autre. Tant pis si cela les fait traverser des pays entiers et les entraîne loin de chez eux. Et tant pis, enfin, s’ils doivent se frotter à d’autres sorcières, des dragons et des créatures cheloues : après tout, ce sont des princes.

Vous comprenez où je veux en venir ? C’est tout simplement génialissime ! Sans parler des références si drôles aux « obligations » de la destinée des uns et des autres ! Après tout est-ce qu’on a demandé aux dragons s’ils avaient envie de se transformer en voleur avare dès qu’ils croisaient une pépite d’or ou un diamant ? Non ! Est-ce qu’on a demandé aux princesses si elles avaient envie d’être cruches et de faire des minauderies ? Non plus ! Tout semble avoir été décidé du Grand Enchantement. Qui l’a lancé ? Pourquoi ? Rétablissement de l’ordre cosmique, équilibre naturel de l’univers, ou bien sortilège ? Peut-être trouveront-ils la réponse au bout de leur quête insensée : rassembler des statues cheloues pour empêcher les êtres qui y sont enfermés d’en sortir.

Normalement tout devrait absolument bien se passer n’est ce pas ? Bon bien sûr ils ont tous leur petit caractère : Marcus Prince de Keilles est particulièrement taiseux et solitaire (c’est à dire qu’il se sent particulièrement floué par toute cette histoire). Quant à Eleuthère est plutôt du genre bavard et expansif malgré une colère qui sourde en lui (faut dire que rester à dormir pendant TROIS ANS dans une tour contre son gré jusqu’à ce qu’on vienne l’embrasser c’est pas non plus une partie de plaisir). Nos deux héros ont bien sûr été vite rejoints par Saga, une jeune sorcière bien décidée à prouver à sa mère qu’elle est capable d’accomplir ce qu’on attend d’elle, et tout naturellement par un manant transformé en bon samaritain (le bon copain utile mais sacrifiable pense t-il d’ailleurs). Et que serait une histoire de prince sans un dragon ? Ou plutôt une dragonne puisque c’est particulièrement à une jeune créature dragonique que l’on s’attache ❤

La plume de l’autrice est aussi fluide, addictive et drôle que dans Félicratie. Si ce roman souffre d’un manque de relecture pour notamment enlever quelques répétitions trop lourdes, il ne nous présente pas moins un univers de fantasy rondement mené, où les contes se trouvent malmenés à souhait (point bonus pour la fée complètement tarée moi je l’adore). Le récit entrecoupe des scènes d’action avec des scènes de voyages, de découvertes et de petits blablas au coin du feu ou dans une auberge. Je lui ai trouvé un petit côté Reflets d’Acide ou Donjon de Naheulbeuk dans ses répliques et sa construction. Et puis surtout une chouette évolution des personnages…sans romance (si si je vous jure).

En résumé

La Traque des Anciens Dieux de Hélène Lenoir est un excellent premier volume. Malmenant les contes avec panache (la fée complètement frappée, la princesse qui est un prince, les dragons blasés, les animaux enchantés farceurs…) elle nous offre une quête princière de haute volée, parodique et drôle à souhait. Quelques longueurs et répétitions alourdissent le récit sans que cela ne m’ait empêchée de le dévorer de bout en bout appréciant aussi bien l’évolution des personnages, la chouette camaraderie qui les unit, leurs joutes verbales et bien entendu les dizaines de références aux mythes, légendes et contes qui font notre imaginaire.

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