Aux auteurs, aux autrices

Livres, eux, moi, nous.

Il y a des livres tu sais, qui me transpercent le cœur.
Parce qu’ils sont grands, forts, puissants. Parce qu’ils disent très haut ce que je pense très bas, ce que je suis, mes recoins, mes contours. Que je n’ai pas appris à aimer. Que j’apprends déjà à voir, leur donner le droit d’exister.

Et c’est étrange. De sentir les mots des autres résonner en soi. De sentir les maux des autres s’écrire en soi. C’est tellement intime, un coup de poing, creux des phalanges dessinées sur le ventre, dans le ventre. Ils se tatouent à l’intérieur de mon épiderme, s’incrustent. J’ai leurs pensées à l’intérieur de moi, des papillons qui battent des ailes enfoncés dans ma chair, sensation de quelque chose qui se tortille.

Il y a des livres qui sont la caresse et le couteau, te trucident et te réconfortent. Ils sont le baume et le sel, ravivent les plaies autant qu’ils les soignent. Les attisent et les apaisent.

C’est fascinant comment parfois, on se reconstruit avec les mots des autres, on se rassemble autour de soi, on s’apprivoise, et on se laisse de la place pour rire, pleurer, se reconnaître, sourire, s’aimer, entre les lignes. Pourquoi n’en sommes nous pas capables ? Dans leurs lignes, les auteurs se livrent-ils ou se réinventent-ils ? Les autrices s’écrivent-elles ou s’inventent-elles ?

Il y a des livres donc. Et il y a moi. Et peut-être nous. Les auteurs ont-ils conscience de leur pouvoir de destruction, de libération, d’ascension ? Les autrices se reveillent-elles un matin, le coeur battant à tout rompre de nous avoir dynamité.es ? Se sentent-ils bouleversés de nos larmes ? Se découvrent-elles sœurs, amies, amantes, littéraires ? Savent-ils qu’ils nous plient, nous cassent, nous heurtent ? Savent-elles qu’elles nous électrochoquent, nous tachycardisent ? Se lèvent-ils un matin, la main sur le cœur de nous sentir vibrer, à cause d’eux, grâce à eux ? Se couchent-elles le soir, les yeux fermés sur nos rêves, nos espoirs, nos douleurs passagères ?

Et nous. Dans tout ça. Les « à la dérive ».

À la dérive d’eux. D’elles.

À tous ceux et toutes celles qui ont écrit un roman qui m’a délitée,

Je vous aime.

7 commentaires sur “Aux auteurs, aux autrices

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