Lady Helen et le Club des Mauvais jours de Alison Goodman

On va pas se mentir j’arrive légèrement après la bataille…cinq ans après pour être exacte. J’avais envie de lire Lady Helen depuis si longtemps mais je repoussais à chaque fois mes lectures pour…je ne sais quelle raison. Là je travaille en bibliothèque et donc en voyant les deux premiers volumes en rayon j’ai foncé et je les ai dévorés. Se passe maintenant le moment fatidique du : flemme d’attendre qu’ils commandent le tome 3, je vais tous les acheter comme ça je les aurais dans ma bibliothèque. Oupsi. Bref voici mon avis sur cette saga riche et addictive !

Résumé éditeur

Londres, Avril 1812….
Lady Helen Wrexhall s’apprête à faire son entrée dans le monde. Bientôt, elle sera prise dans le tourbillon des bals avec l’espoir de faire un beau mariage. Mais une bonne de la maison disparait, des meurtres sanglants sont commis, la plongeant soudain dans les ombres de la Régence. Helen fait la connaissance de lord Carlston, un homme à la réputation sulfureuse. Il appartient au Club des mauvais jours, une police secrète chargée de combattre des démons qui ont infiltré toutes les couches de la société.

Lady Helen est dotée d’étranges pouvoirs, mais acceptera-t-elle de renoncer à une vie faite de privilèges et d’insouciance pour rejoindre lord Carlston et basculer dans un monde terrifiant ?

Mon avis

Le premier volume est relativement long à se mettre en place puisqu’Alison Goodman prend grand soin de détailler sa société anglaise du début du XIXe en la truffant de réalités historiques aussi agréables qu’enrichissantes. Si cette longueur en aura sans doute gêné plus d’un.e, elle m’a, pour ma part, plutôt enchantée.

On y fait donc la connaissance de Lady Helen Wrexhall dont les parents sont morts tragiquement alors que sa mère était jugée coupable de haute trahison et de conspirer pour la France contre le gouvernement britannique. Orphelins à un jeune âge, son frère, Andrew, et elle, se retrouvent alors chez leurs Oncle Pennworth et leur Tante Léonore, tous deux faisant partie de la bonne société. Accablée par le poids de la folie de sa mère, la jeune Lady doit, aux yeux de son oncle, conclure un mariage avec un parti suffisamment gros pour effacer cette « tâche » de leur arbre familial. Dotée d’un don remarquable pour lire les visages et d’une intelligence vive, Helen s’est pourtant construit une forme d’indépendance féminine novatrice et indécente pour l’époque, n’hésitant pas à lire des ouvrages scientifiques et faisant fi de la bienséance. Nous la rencontrons à un instant charnière de sa vie alors qu’elle va être présentée à la Reine Charlotte et enfin faire son entrée dans le « monde ». Pourtant des ombres viennent gâcher ce tableau idyllique : la disparition de son amie Délia avec un jeune homme sans mariage et son étrange discours ; le meurtre d’une domestique de sa maison laissant derrière elle des objets dérangeants ; le retour de Lord Carlston, un proche de la famille soupçonné du meurtre de sa femme disparue, Elise ; et bien sûr ses propres émotions et comportements « déviants » qui lui valent le mépris de son oncle…

Bien vite, la jeune femme ne tarde pas à se retrouver mêler à de dangereux secrets avec à ses côtés Darby, sa fidèle femme de chambre dont la force de caractère n’a d’égale que son intelligence. J’ai d’ailleurs adoré l’évolution de ce personnage qui n’hésite plus à ouvrir la bouche et dire ce qui doit être dit… même si cela va à l’encontre parfois de la barrière morale londonnienne. D’ailleurs c’est un personnage que je trouve particulièrement féministe et qui, de par sa naissance, ne se retrouve pas forcément engoncée dans un enrobage sociale comme Lady Helen.

Sans crier gare on bascule de la société brillante, des bals et des demandes en mariage à des rencontres démoniaques, des secrets, et des bastonnades. Parce que Lady Helen a un don, elle est une Vigilante, destinée à protéger le monde contre les Abuseurs, des créatures dont on ignore l’origine et qui n’hésite pas à se nourrir des pires travers de l’humanité. L’autrice a d’ailleurs réussi avec brio à mélanger une fantasy détonnante à un christianisme puritain, rendant son roman d’autant plus réaliste et ancré dans son époque. A la fin du premier volume, elle explique toutes les recherches qu’elle a faites, les robes qu’elle a portées, les événements historiques qui sont réels, d’autres desquels elle s’est accommodée. C’est un travail titanesque qui m’impressionne d’autant plus qu’ils rehaussent son récit d’un charme fou à la Jane Austen.

Alors oui c’est une intrigue de « cour » finalement qui peut lasser et ennuyer dans la première moitié du récit puisque l’on suit un personnage principal engoncé dans les principes de l’époque, qui ne doit ni courir ni élever la voix, une jeune femme qui se soumet donc, à l’autorité masculine, parce qu’elle n’a pas le choix mais qui n’en pense pas moins. On passe de bals en bals, de bras en bras, on assiste à des petites batailles d’égo masculines assez insupportables mais mais mais… c’est brillant et drôle aussi. On lève les yeux au ciel mais on sourit aussi devant les rebuffades d’Helen, parce que cela reste un roman ancré dans un contexte historique et qu’il faut donc en avoir conscience. A partir du moment que l’on accepte ce fait… cela ne peut qu’être génial ! 😉

Pour le côté romance, le premier volume reste assez soft de ce côté ci, on comprend que deux hommes vont finir par se battre pour elle, mais sans que son cœur ne soit véritablement pris par l’un ou par l’autre (l’égo masculin toujours). L’écriture est fluide, l’intrigue prenante et addictive bien qu’elle prenne son temps (le second volume avance ainsi beaucoup plus rapidement) et certaines choses mériteraient, peut être d’être enlevées pour alléger le récit. Mais pour ma part ça l’a fait. Même très très bien puisque j’ai enchaîné sur le second sans m’arrêter que le troisième est en chemin…avec les deux premiers recommandés !

En résumé

Lady Helen et le Club des Mauvais jours est un récit de fantasy ancré dans un paysage londonnien du XIXe absolument sublime, riche de détails et d’intrigues. Malgré quelques longueurs au début du premier volume, on enchaîne les pages avec délectation en se réjouissant du point de vue plein de bienséance mais aussi de verve de Lady Helen envers cette société aussi étouffante qu’exaltante. La fin du premier volume, en apothéose, donne une envie folle de continuer la suite ! Comme quoi il faut aussi parfois chercher dans les anciennes sorties…et pas seulement dans les nouveautés !

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