L’Âge d’or tomes 1 et 2 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

Un diptyque que j’avais vu passer plusieurs fois sur les réseaux et qui m’attirait irrésistiblement. Alors quand j’ai vu que les deux volumes se trouvaient à la médiathèque où je travaille, j’ai foncé ! Et grand bien m’a pris puisqu’ils se sont révélés aussi beaux que palpitants.

Résumé du tome 1 :

L’âge d’or : « Ami, souviens-toi des hivers passés, jamais des tyrans rien ne fut donné »

Le vieux roi est mort. Sa fille, Tilda, s’apprête à lui succéder, bien décidée à mener les réformes nécessaires pour soulager son peuple, accablé par la famine et l’oppression des seigneurs de la cour. Mais un complot mené par son jeune frère la condamne brusquement à l’exil. Avec le soutien de preux chevaliers, le sage Tankred et le loyal Bertil, la princesse déchue décide de reconquérir son royaume. Commence alors pour eux un périple aventureux au cours duquel leur destin se révèlera lié à « L’Âge d’or ». Plus qu’une légende, plus qu’une fable, L’Âge d’or est un livre perdu au pouvoir si grand qu’il pourrait changer la face du monde…

Mon avis

Plus le temps passe et moins je me satisfais des bandes dessinées courtes que j’avale de toute façon en trente minutes de temps pour autant d’argent dépensé. Aussi avoir affaire à un diptyque aussi long, 228 pour le premier volume, 189 pour le second, me ravissait. Il faut dire que la magnifique couverture du premier tome nous donnait déjà beaucoup d’indice sur qu’ils allaient contenir : une épopée, une fuite, une princesse devenue guerrière, et une eau trouble.

Dès les premières planches les différents protagonistes, principaux ou secondaires, se mettent en place. D’abord un groupe de trois manants voyageant au grès des guerres, pour y échapper la plupart du temps sans y parvenir tout à fait, à la recherche d’un quignon de pain à manger : Petit Paul est un peu simplet pourtant il est le seul qui sait lire, le second, Poudevigne est un vrai râleur mais a bon coeur ; quant au dernier, Languile, il ne souhaite que prendre son destin en main. Leurs conversations sont à la fois truculentes et dérangeantes ; à mi chemin entre une blague de Kaamelott et une réalité trop crue.

Ensuite on aperçoit Tankred, le sage et preux chevalier, seigneur revenu d’exil pour le sacre de Tilda ; ainsi que Bertil un garçon de basse extraction qu’il a recueilli lorsque ses parents furent tués et qui jouait allégrement avec la princesse lorsqu’ils étaient petits. Comme un spectre s’avance le Seigneur Loys de Vaudémont, vieux, aigri, abus de pouvoir, avec dans son sillage la reine régente et le fils. Tous les trois pousseront la jeune Tilda à l’exil alors qu’on la retrouve sujette aux vertiges, légiférant pour éviter que ses sujets ne soient plus taxés encore par des hommes riches et gras. Le mystère s’épaissit alors que d’énigmatiques personnages font leur apparition comme ce village de femme niché au coeur de la forêt, cet agitateur qui pousse les petites gens à se révolter, ou encore les textes de l’Âge d’or qui sont comme une promesse miroitante mais qui conduiront aussi bien à des guerres qu’à la paix.

Une véritable épopée médiévale donc, au centre de laquelle Tilda, comme une Jeanne d’Arc moderne, conduisant armées et preux chevaliers derrière elle, entre deux crises, deux visions. On y retrouve les serfs, les seigneurs, les châteaux, les petites trahisons intestines et bien sûr une révolution. Et puis quelque chose autour de la tradition orale alors que les pages de l’Âge d’or semblent avoir disparu depuis longtemps. Une quête aussi, quasi arthurienne alors que la jeune princesse doit rechercher un trésor perdu que son père lui aurait légué, confiant sa garde à un vieillard aveugle. Bref, je ne vous raconte pas tout, vous le découvrirez bien assez tôt.

En quelques dizaines de pages, Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil montrent déjà une panoplie merveilleuse de leur talent : des planches colorées, et vives, des détails partout où le regard se pose suffisamment longtemps, des personnages expressifs mais aussi des planches silencieuses comme des accalmies ou des noyades. J’ai beaucoup aimé aussi comment, sur une même planche, à l’intérieur d’un même dessin, ils avaient réussi à créer un dynamisme surprenant en y faisant se déplacer leurs personnages.

Un commentaire sur “L’Âge d’or tomes 1 et 2 de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil

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  1. Halàlà, tu parles si bien de ces BD !! Tellement de sujets si bien abordés : les relations de pouvoir, de richesse, d’égalité homme/femme, et puis cet aspect totalement surnaturel qui survient avec les visions de Tilda… Tant de mystères, et puis la beauté des planches !
    Merci pour cet article 😀

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