Lettre à toi qui m’aimes de Julia Thévenot

Lettre à toi qui m’aimes. J’ai l’impression de vivre avec depuis plus d’un mois puisque nous en discutons depuis que nous avons lancé le « blog tour » sur instagram et les réseaux sociaux. Chaque jour une personne différente, un contenu différent pour vous parler autrement de Lettre à toi qui m’aimes : playlists musicales, interviews, entretiens, lives, portraits chinois, histoire dessinée, il y a eu de tout et pour tous les goûts, ce fut génial et intense, comme courir un marathon. Moi j’ai écrit une lettre comme on écrit une chanson, a letter to you who loved me so, un truc inspiré, mais aussi une blessure qui peinait à se refermer. Vous pouvez la retrouver par ici, comme une petite rédemption offerte par Penny, Yliès et bien sûr, Julia qui a écrit un roman d’amour étonnant et curieux, juste et poétique.

Résumé éditeur

Yliès et Pénélope, ça sonne comme un couple fait pour s’aimer, un duo romantique de lettrés : musical, gourmand, sucré-salé.
Alors pourquoi Pénélope ne l’aime-t-elle pas, Yliès, hein ?
Elle joue avec lui, en plus, sérieux : du jour où elle l’a rencontré, elle a su qu’elle lui plaisait, elle l’a senti, compris.
Alors pourquoi, pourquoi, l’a t-elle laissé s’amouracher, se glisser dans son quotidien et ses amitiés, aller aussi loin, aussi près ?
Pourquoi ne veut-elle pas l’aimer ?

Mon avis

Les romans qui me parlent, ils sont des dizaines, des centaines, les romans coups de coeur, les romans pépites, eux, ne sont pas si nombreux. Il en faut beaucoup. Il faut qu’ils me touchent, qu’ils me hantent. Il faut qu’ils m’émeuvent, qu’ils me bercent. Lettre à toi qui m’aimes, lui, est un écho, une lumière diffuse, un instant capturé de celle que j’étais. Penny et moi ne nous ressemblons pas, on a même, pour ainsi dire, rien en commun. J’étais timide et maladroite, insolente, je prenais les gens de haut, pour qu’ils évitent de me prendre de plus haut encore, mais j’étais complétement aveugle aussi. Moi je n’ai rien vu venir de mon « non amour », alors que Penny, elle, l’a senti au premier regard.

« Entre toi et moi, l’air s’est rempli, au début, de cette sensuelle moiteur interrogative »

L’amour. N’y a t-il pas plus beau sujet en littérature ? La langueur, l’exquise sensation de l’attente, des mains qui se frôlent, des odeurs, des brusques rougissements. Mais tout le monde en parle, tout le monde l’écrit, le chante, l’interpelle. Oh, de tas de façons différentes bien sûr, mais il n’aurait sans doute pas été très original de parler de l’amour ainsi, d’en vanter les caresses, les délices, les supplices.

« Et le soir, en secret, pendant que j’arpentais tes insomnies, Côme habitait les miennes. Ses yeux noirs me faisaient l’effet d’un café serré, je me sentais tachycarder rien qu’à le regarder. »

Alors parlons de l’amour à sens unique en ce cas. Sa souffrance décadente, cette impression de fatalisme irréel, son boomerang de larmes humides et d’abandon, l’envie irrépressible d’écouter des musiques tristes pour se goinfrer de morosité. Là encore, les romans sont pléthores à conter ce vaste désenchantement, cette incohérence amère.

« J’ai su, avec une douce certitude, et souri différemment à partir de là : tu me plaisais, presque, mais pas. A mon contact, en revanche, chaque parcelle de toi – chantait »

Là où Julia frappe fort -et si juste pour mon petit cœur- c’est qu’elle se prend au jeu de conter le point de vue de celle qui n’aime pas en retour. Celle qui prend de plein fouet ces regards enamourés, celle qui culpabilise, se sent monstrueuse et indélicate, cruelle et fragile à la fois. Celle qui ne veut pas blesse mais qui se trouve dans la position de celle qui doit le faire.

« J’aurais peut-être dû faire attention à ton cœur, quand tu me l’as collé dans les bras. Je l’ai piétiné, et ça ne se fait pas – même à petits pas précautionneux, on n’a pas le droit ; on ne brise pas les cœurs, voilà. Je suis désolée. Peut-on briser un cœur avec douceur ? Ça m’a semblé un processus si naturel, je n’ai pas dû l’inventer. »

J’ai été touchée en plein cœur par la poésie de Julia, sa prose sensuelle, sensible, un peu hachée. J’aime les mots couturés, les phrases courtes et percutantes, où chaque petit bout veut dire quelque chose, signifie réellement. J’ai aimé chacune de ses pages, de ses virgules, de ses états d’âme. J’ai aimé Pénélope, sa fraîcheur, ses sourires, ses esquives. Par bien des égards Yliès a chanté différemment à mes yeux, sans cesse j’y revoyais mon meilleur ami, notre histoire, ou plutôt notre fin d’histoire, son achèvement dans la douleur et cette source éternelle de culpabilité.

Mais ce roman a cela d’extraordinaire que toutes et tous, nous pouvons nous y retrouver. Se retrouver dans cet amour à sens unique, se retrouver dans ce coup du destin si injuste qui nous fait aimer sans être aimé.e en retour, ou se retrouver dans la voix de Pénélope, cette voix qui nous dit que, malgré tout, on finit tous par guérir.

En résumé

Lettre à toi qui m’aimes est un roman pépite, une petite merveille de poésie, de justesse, de musique et de mots. C’est un roman d’amour, un roman en vers libre, en prose, sensuel et tendre, cruel parfois, amer un peu, mais aussi doux et incisif. Il est paradoxal, piquant, amusant. Un petit livre rose, hors collection, d’à peine 130 pages qui nous raconte une histoire d’amour pas comme les autres, unique et universelle à la fois.

2 commentaires sur “Lettre à toi qui m’aimes de Julia Thévenot

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