Dragons et mécanismes de Adrien Tomas

C’est dans le cadre d’une Masse Critique privée Babelio que j’ai reçu Dragons et mécanismes d’Adrien Tomas. J’avais adoré ma lecture de La Geste du Sixième Royaume en fantasy adulte mais aussi de Zoomancie dans un fantastique Young Adult. Depuis Engrenages et Sortilèges qui avait beaucoup fait parler de lui, j’avais très envie de me replonger dans ses livres. J’étais donc ravie de recevoir celui-ci en service de presse, et je me remercie Rageot Editeur de l’avoir proposé.

Résumé éditeur

Dague est voleur et espion. Il vit de cambriolages et de petits larcins. Alors qu’il est en mission de surveillance, il assiste à l’agression de Mira, une étrangère qui a fui son pays suite à un coup d’Etat.
L’adolescente est archiduchesse, poursuivie par un tyran qui veut l’épouser et s’accaparer ses talents. Car elle fait partie des mécanomages, des sorciers capables de combiner leurs pouvoirs à de savants montages d’ingéniérie mécanique.
En sauvant Mira, Dague est blessé, et les deux jeunes gens sont d’abord contraints de se cacher. Mais l’aristocrate est déterminée. Pour échapper à son ennemi et – accessoirement – tenter de récupérer le trône d’Asthénocle auquel elle peut prétendre, elle est résolue à s’enfoncer au cœur de la jungle.
Un territoire hostile, quasi inexploré, et peuplé de dragons sanguinaires.

Mon avis

Déjà il vous faut savoir que j’ai lu ce roman en lecture commune sur instagram avec la délicieuse @aristotemendoza et que si lire ensemble fut génial, cela diminue drastiquement le nombre de pages lues par jour. Pourtant, l’écriture est d’une telle fluidité et les aventures tellement addictives qu’il n’aurait sans doute pas fait long feu entre mes mains. Mais qui dit une lecture plus lente, dit aussi une lecture plus avisée et plus attentive.

Le roman s’ouvre sur un vol en altitude avec le personnage de Dague suspendu à une gouttière. Dès le début j’ai retrouvé l’écriture d’Adrien Tomas, ses descriptions intelligentes qui savent tout dire sans perdre le lecteur dans des lignes à n’en plus finir. Dague est donc un orphelin des rues d’Asograde, une ville de Xamorée, un continent insulaire où les cités sont principalement côtières et protégées de la Msitwa Ioka et ses dragons carnassiers par des sortes de dômes alimentés en arcanium, en magie. Dague se fait accompagner d’une présence fantomatique, celle de Kimba, la mystérieuse femme qui l’a élevé et qui ne manque pas de mordant. Dague est un personnage que j’ai beaucoup apprécié même s’il reste pour moi un peu trop attaché aux valeurs des héros traditionnels : généreux, altruiste, n’hésitant pas à se mettre en danger pour les autres malgré la réprobation de Kimba… Malgré tout on prend plaisir à le suivre dans ses tours qui lui sauveront la vie jusqu’au bout et ses réflexions sur le monde sont très intéressantes.

Quelques pages plus loin nous faisons la connaissance de l’Archiduchesse Mira, en exil forcé et poursuivi par Arlov, l’assassin de sa famille. Mécanomage de renom, la jeune fille est accompagnée de deux automates Grigorz et Nishka, d’un cog pérorant des proverbes dans les pires situations et d’une sacoche remplie de grenades ensorcelées. Le seul moyen pour elle de revenir sur le trône qui lui revient est de faire une découverte majeure, et elle est bien décidée à la faire dans le seul endroit encore inexploré jusqu’alors : la jungle du continent xamoréen, peuplé de dragons, de plantes sauvages et toxiques, et d’un taux d’humidité insupportable. Riche, fille de la noblesse, elle pose un regard naïf sur le monde. Ayant grandi pour exceller en tout, la mécanomage présente aussi un caractère assez associal, tourné davantage vers ses automates que vers les autres qu’elle trouve particulièrement idiots. Pourtant l’arrivée de Dague et son geste complètement altruiste pourrait bien lui faire ouvrir les yeux sur le monde…mais aussi sur le genre humain.

A ceux ou celles qui pourraient craindre une romance entre ces deux là, n’ayez crainte Adrien Tomas se garde bien de tomber dans ce cliché et nous propose plutôt une amitié en construction entre survie, bravoure et études scientifiques. D’ailleurs, l’auteur a aussi joué la carte de la diversité, en présentant un continent replié sur lui-même à la population principalement noire mais aussi des femmes de pouvoir extrêmement différentes. Mira, brille par son intelligence et se caractérise comme « aromantique » même si elle se nuancera au fur et à mesure du roman, découvrant la puissance de l’amitié et de l’entraide. La princesse-marchande Xenada, régnant sur Asograde, témoigne d’une forme d’intelligence même si elle le met au service d’une cause beaucoup plus égoïste et vénale : l’enrichissement personnel. On apprend aussi que la personne qui règne sur le continent est aussi une reine et la plus puissante dragonne que nous croisons et…je vous le donne dans le mille, une femelle !

On croise aussi dans ce roman le personnage de Shimba, qui fait partie du peuple des Huzunis le dernier à se souvenir d’un mystérieux serment censé tenir en sommeil un monstre flamboyant. Il a la particularité de pouvoir, grâce à une forme de magie singulière, changer de sexe à volonté. Si Mira et Dague le rencontrent en tant que « il », celui leur précise qu’il les informera quand il faudra l’appeler « elle ». Je ne dis pas que le traitement est le meilleur qui soit mais j’ai été véritablement surprise de le croiser en littérature de l’imaginaire young adult qui se contente souvent des relations homosexuelles pour représenter la communauté LGBTQIA+. Je suis partisane d’une diversité même mal représentée, plus que de son absence. Surtout que les représentations elles-mêmes changent selon les individus. Et puis je salue aussi avec beaucoup d’humour le personnage de Cuthbert qui n’a rien à envier au Mushu de Mulan mais je vous laisse faire la rencontre de ce savoureux lézard.

Vous l’aurez compris j’ai vraiment beaucoup beaucoup aimé les personnages de ce roman que j’ai trouvé pour la plupart crédibles. SAUF Arlov. Arlov le grand méchant, le grand mégalo, le savant fou. C’est ce qu’on appelle un méchant caricatural, il n’avait absolument rien pour lui, malgré les remarques parfois admiratives de sa capitaine saluant son intelligence. Je pense que c’est un choix délibéré de l’auteur de présenter un personnage de cet acabit dans son roman mais ça m’a profondément dérangée.

Malgré tout l’histoire suit son cours avec un certain brio, enchaînant impostures, révélations, combats et moments plus calmes où on en apprend autant sur les dragons, l’histoire de la Xamorée que la mécanomagie. J’ai bien aimé aussi ce mélange de sciences et fantasy où la magie végétale vient à la rencontre de la magie mécanique, où on voyage en cosse à travers la jungle mais où on combat avec des arquebuses et des lances de foudre. La fin apparaît un peu expéditive avec une dose de chance assez inconcevable et beaucoup en seront sans doute déçu.e.s.

En résumé

Dragons & Mécanismes est un roman de fantasy qui s’intéresse autant aux dragons, à la magie qu’à l’exploration. Porté par des personnages intéressants, une archiduchesse en exil forcé, un voleur au passé incroyable, un dragon rikiki qui n’a pas la langue dans sa poche, il est desservi par d’autres, dont le grand méchant. Malgré tout, l’intrigue est entraînante à l’image de la plume de l’auteur, d’une fluidité certaine sans verser dans la facilité. Je salue le choix de la diversité fait dans ce roman mais j’aurais préféré sans doute une fin un poil plus longue et moins easy peasy.

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