Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro

Boudicca. Cette reine celtique dont peu ont entendu parler, adulée encore en Angleterre, morte en 60 après JC, ayant choisi de combattre les Aigles romains alors que ceux-ci déferlaient sur l’Angleterre (Britannica) telle une vague, décimant, arrachant et brisant les celtes et leurs cultures. Boudicca est l’une des seule à s’être élevée contre cette injustice et à avoir combattu pour venger son peuple et se venger elle-même alors qu’elle fut fouettée en public et ses filles violées pour leur irrespect envers Rome. C’est cette histoire, pleine de silences, de non dit, de mots, de dieux anciens et de bataille que Jean-Laurent Del Socorro a choisi de nous conter.

Résumé éditeur

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?
À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Mon avis

A l’instar de Je suis Fille de Rage que j’avais lu pour le PLIB et reçu de la part des éditions ActuSF, Boudicca a eu le droit à une édition collector -et je compte me procurer Royaume de vent et de colère dans le même format tellement ils sont beaux- que je trouve magnifique. Si vous souhaitez faire un beau cadeau n’hésitez pas à vous tourner vers ces éditions qui sont vraiment agréables au toucher et à la vue avec des dorures et une mise en page aérée. Mais si vous voulez en plus qu’il soit aussi excellent à la lecture qu’à sa vue, tournez vous vers les romans de Jean-Laurent Del Socorro.

Alors oui étrangement je le découvre à rebours, remontant le fil de ses publications et je commence petit à petit à lui faire une confiance aveugle. J’ai déjà dû le dire dans une autre chronique mais j’ADORE qu’on me parle de l’histoire à travers la fiction et d’autant plus celle d’une femme au destin aussi fort que celui de Boudicca. Cette Reine qui n’était ni belle ni grâcieuse (comment ça les princesses ne sont pas TOUTES jolies ? et ben non) mais qui combattait aux côtés des guerriers, relevait la tête quand on voulait la faire ramper et faisait payer très cher à quiconque son manque de respect envers elle. Boudicca que mon frère prenait régulièrement comme impératrice quand nous jouions à Civilisations.

« Je préfère encore ma folie qui nous rêve la tête haute
à ta raisonnable soumission qui nous courbe l’échine ».

De Boudicca, les historiens ne disent pas grand chose car rares sont ceux à avoir voulu garder trace des échecs des romains pourtant ce sont bien à quelques uns d’entre eux que l’on doit les quelques lignes qui font référence. L’auteur s’est donc appuyé sur les bribes d’information pour extrapoler la personnalité, l’histoire, le passé de cette guerrière. Comment a t-elle été forgée ? Quelles étaient ses douleurs, ses souvenirs, ses trahisons ? Comment a t-elle grandi, qui lui a appris à combattre, qui l’a protégée ? Découpé en trois parties (auxquelles s’ajoutent un prologue, un épilogue, deux nouvelles), l’ouvrage s’intéresse à différentes périodes de sa vie où Boudicca fut tour à tour fille, femme, reine et mère, évoluant à travers ses différentes facettes d’elle même avec autant de candeur que de douleur. Antedios, son père, ne se remettra jamais de la mort de sa mère ; son mari, elle n’en tombera jamais amoureuse en lui témoignant toutefois de la tendresse, réservant ses silences pour Jousse, une femme muette aux doigts de fée ; reine, elle ne l’aura jamais été tout à fait que le jour où elle subit le fouet, le premier jour de sa bataille, où le regard des Icènes changèrent ; et mère, enfin, elle le fera difficilement, d’abord proche de ses filles puis lointaine, pleine de rage et de guerre, les mains sur la lance plutôt que sur leurs épaules.

« Prydain tu ne m’as pas menti.
Ce ne sont pas les mots qui nous blessent le plus.
Mais bien les silences qui nous tuent. »

Trois périodes donc, trois volutes, trois comme les arabesques qui composent le triskel, symbole si cher aux celtes. Des scènes de vie, de combat. Des scènes de paix et de tendresse. Tout n’est pas égal, et je ne dirais pas que c’était à chaque fois un superbe moment de lecture mais l’écriture de l’auteur est si facile, si fluide, et parfois ponctuée de telles pépites que je me redressais les yeux scintillants de plaisir à minima toutes les dix pages. Tout comme dans Je Suis Fille de Rage dont j’avais déjà apprécié la justesse, j’ai beaucoup aimé qu’il nous dépeigne une personne humaine, dans toutes ses faiblesses, ses défauts mais aussi sa grandeur. J’ai aimé qu’elle ne soit pas qu’une légende, un nom sussurré, mais aussi une enfant, une adolescente en manque d’amour, une femme et une guerrière. Le tout en traversant cette histoire et les rares lambeaux qu’il nous en reste.

En résumé

Au même titre que Je suis fille de rage, Boudicca est un roman à mi chemin entre la fiction et l’histoire, nous dévoilant avec brio le destin de cette Reine celte dont il ne nous reste aujourd’hui que le nom et quelques bribes d’informations. Dans ce roman intime, au cœur des batailles romaines et des landes anglaises regorgeant de sang et de sorts druidiques qui ne sont parfois que les actes des hommes, Jean Laurent Del Socorro nous offre le portrait d’une fille, d’une femme, d’une mère et d’une guerrière aussi humaine que vous et moi. Mais profondément Reine. Et indubitablement Légendaire.

8 commentaires sur “Boudicca de Jean-Laurent Del Socorro

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  1. Comme toi j’ai lu ses romans à rebours et comme toi j’ai adoré, c’est vraiment un auteur coup de cœur pour moi ❤️ et les royaumes c’est mon texte favori j’espère que tu l’aimeras autant que moi, en plus il a un nouveau roman dans cet univers qui sort cette année :3

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    1. Ouuuu que de bonnes nouvelles ! Chez ActuSF aussi ? 🙂
      Je compte bien me procurer la version collector de Royaume de vent et de colère en tout cas !

      J'aime

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