Apprivoiser la bête de Taï-Marc Le Thanh

Contrairement à Arthur de @ladoaccrocauxlivres sur instagram, je n’ai jamais lu aucun roman de Taï-Marc Le Thranh alors, ici, point de comparaison avec son oeuvre, mais simplement mon avis sur Apprivoiser la bête, son premier roman aux éditions Gulf Stream à la couverture si creepy de Barbarian Factory.

Résumé éditeur

Polly le sait. Les policiers qui perquisitionnent sa maison recherchent la pilule qu’elle a tout juste eu le temps de dissimuler dans sa bouche. Cette pilule, c’est le fruit des recherches menées depuis des années par sa mère : le projet Lilith. Excédés par son silence, les agents l’emmènent au poste pour la questionner sans ménagement. Mais l’interrogatoire tourne mal : Polly avale la pilule et perd connaissance. Lorsqu’elle se réveille, le chaos règne autour d’elle et elle ne se souvient de rien. Seule certitude, la jeune fille est en danger et doit fuir car la mystérieuse substance qu’elle a absorbée attise toutes les convoitises. La traque a déjà commencé.

Mon avis

Ce roman m’a inévitablement fait penser au film Lucy de Luc Besson. L’histoire d’une nana qui se retrouve à maîtriser un pouvoir, une substance, qui lui confère des dons étranges et effrayants, sans qu’elle ne contrôle quoique ce soit avec la moitié de la planète à ses trousses. Et tout comme Lucy Miller rencontrait notre « ancêtre », la fameuse Lucy australopithèque, Polly va être amenée à rencontrer Lilith, d’une certaine façon.

Véritable page turner, alors que la course poursuite se profile de pages en pages, Apprivoiser la bête est impossible à lâcher. Pourtant je ne me suis pas trop attachée à Polly qui reste relativement calme et détachée de tout ce qui lui arrive. Des scènes, qui dans d’autres romans m’auraient peut être fait pleurer, m’ont à peine arracher une grimace. Bien sûr le fait qu’on ne comprenne pas tout de ce projet, que l’on reste toujours en marge, n’a pas jouer en sa faveur. Pourquoi le projet Lilith ? Que visait-il à faire ? Créer des militaires de combat comme le laisse entendre une faction du corps militaire ? Ou bien permettre aux femmes de reprendre le pouvoir comme le laisse penser le ton résolument féministe de Lilith, Polly et sa creepy mother ?

Bien sûr, ce qu’il y a de particulièrement déroutant, c’est que l’on ne sait pas vraiment. Lilith se fait voleuse de corps mais aussi défenseuse, bouclier vivant face aux excécrables de ce monde. Mais Lilith s’offre à tous, même ceux qui en sont indignes. Voilà ce que la mère de Polly voulait éviter en confiant cette pilule à sa fille… Mais Lilith s’offre aussi à un jeune homme, Samuel. Du bout des lèvres, pulpe arrachée, cicatrice immédiate. Entre Polly et lui c’est le coup de foudre instantanée, un truc à te bouffer les entrailles, peut-être même que c’est métaphysique ou surnaturel, avec toute cette histoire de Lilith on ne sait plus. Mais quoiqu’il en soit Polly avance, courre, se bat contre tous ceux qui veulent la contrôler, tombe amoureuse, vivement, ardemment, comme on se brûlerait à une flamme.

Finalement Polly ne serait-elle pas tout simplement une adolescente ? Est-ce que Lilith pourrait représenter la rage des ados d’aujourd’hui ? A vouloir faire partie d’un tout enfin et non plus seulement de ce qui nous divise, à éclater les violeurs, les agresseurs, à mettre un bon coup de pied dans la fourmillière du patriarcat ? La peau blanche, les veines bleues, les ongles noires en plus ? Est ce que Lilith ce n’est pas juste un pouvoir qui change de mains ? C’est toute cette réflexion, ce double langage, cette possibilité qui m’a passionné à travers ce roman et ses personnages.

Bien sûr si l’on cherche bien, on pourrait trouver des métaphores partout, mais généralement la littérature adolescente en est truffée et tout ce qui arrive à Polly et Samuel au contact de Lilith m’a tout simplement fait penser à ma propre adolescence : l’envie d’envoyer valser tout le monde, l’incompréhension face au monde adulte, les changements qui se produisent tant au niveau de tes pensées que de ton corps et le regard des autres aussi, qui évolue à mesure que tu grandis. Rajoutez un zeste de violence, l’impossibilité ou presque de le contrôler, et une certaine face monstrueuse et vous aurez la recette de ce roman aux mille facettes.

En résumé

Apprivoiser la bête est le genre de roman effrayant, spooky à souhait, en bref parfait pour Halloween. Sur une métaphore de l’adolescence d’aujourd’hui qui peine à survivre et à mener ses propres combats, Taï-Marc Le Thanh propose une course poursuite survoltée et ultra-violente à l’aide d’une petite pilule : Lilith. A son contact, tout change, le pouvoir change de camp, et désormais Polly peut abattre son jeu avec un style un peu monstrueux: ongles noires, veines bleues et peau blanche.

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