Liavek de Megan Lindholm et Steven Brust

Reçu de la part des éditions ActuSF, Liavek est une autre oeuvre me permettant d’explorer les récits de Megan Lindholm / Robin Hobb. Cette fois-ci, il s’agit d’un recueil de nouvelles, qui, liées ensemble, formerait davantage une novella.

Résumé éditeur

Dans la majestueuse cité portuaire de Liavek, les habitants reçoivent une dose de « chance » chaque année, le jour de leur anniversaire. La plupart des gens ne peuvent utiliser ce pouvoir, seuls les sorciers ont appris à le manipuler, souvent à leur propre profit. Kaloo, une jeune orpheline, sent qu’elle pourrait apprivoiser et développer sa « chance », mais comment faire alors qu’elle ignore sa date de naissance ? Taraudée par cette question, elle consulte un mage pour tenter de lever le voile sur ses origines. Commence pour elle une quête initiatique qui l’emmènera sur des sentiers dangereux. Certains mystères devraient rester dans l’ombre…

Mon avis

Avant d’évoquer ces différentes nouvelles et les personnages qui les composent, il me faut revenir sur le sujet de Liavek. Liavek est une cité portuaire, mais ce que vous ignorez peut être c’est qu’elle n’est pas sortie de l’imagination de Megan Lindholm et Steven Brust, mais de celle de deux autres auteurs : Emma Bull et Will Shetterly. Puis elle fut incarnée à travers la plume d’une dizaine d’autres écrivains tels que Nancy Kress, Alan Moore, ou encore Bradley Denton pour ne citer que les plus connus. Après cinquante six nouvelles et sept poèmes de cette ville partagée, la « page est tournée » comme le disent les éditions ActuSF en début d’ouvrage, et elle se tourne à merveille avec cette mise en avant de ce recueil. Ainsi les lecteurs ne connaissant pas ce principe (genre moi) se retrouvent de suite conquis !

L’anthologie que je vous présente est composée de 6 nouvelles : « Un acte de contrition » (Steven Brust, 1985), « Hasard de naissance » (Megan Lindholm, 1985), « La fortune du pot » (Megan Lindholm, 1986), « Un acte de foi » (Steven Brust, 1986), « Un acte de miséricorde » (Steven Brust et Megan Lindholm, 1987) et « Un acte d’amour » (Steven Brust, Gregory Frost et Megan Lindholm, 1988). Ce que je trouve très amusant c’est que chaque nouvelle semble se répondre et j’ignore si les deux auteurs se sont véritablement concertés ou s’ils se renvoyaient tout simplement la balle à chaque fois, comme un cadavre exquis qui continuerait de s’écrire. Ainsi dans la première nouvelle on voit de jeunes voyous pénétrer dans un établissement et dans la seconde ces individus s’en faire chasser, les destinées des deux personnages principaux venant donc juste de se croiser. On retrouve donc des coupures entre chaque nouvelle mais les ellipses sont courtes et les personnages s’échangent. D’un côté le point de vue de Kaloo, jeune orpheline recueillie par des aubergistes de Liavek, de l’autre le Comte Dashif, fidèle bras droit du gouverneur local, l’Eminence rouge (terrible et sanguinaire au dire de tous).

J’ai globalement préféré les points de vue de Kaloo parce que je les ai davantage compris. Le Comte Dashif, lui, se présente comme froid alors qu’on sent davantage un homme blessé, s’étant vengé d’une femme qu’il aimait et l’ayant regretté toute sa vie. Il s’est voué à la protection de son seigneur et fait office aussi bien d’espion que d’homme de main, contrôlant ses réseaux d’une main de fer et n’hésitant pas à abattre des chameaux en pleine rue pour lui avoir cracher sur son beau manteau rouge. Un vrai salaud quoi.
Kaloo, elle, cherche sa « dose de chance », incapable de savoir sa date de naissance. Aimant sa famille d’adoption avec ferveur mais ne se voyant pas finir sa vie dans une auberge, elle tente le coup auprès d’un sorcier, contre l’avis de sa mère les tenant pour l’engeance du diable. Prenant ses leçons en cachette, celui-ci l’entraîne dans nombre de dangers et non des moindres : voler le Comte Dashif.

La confrontation entre ces deux personnages est électrique, entre haine et admiration, dans ce décor à peine esquissé. On ressent toutes les possibilités qu’offre cette ville, et cette dose de « chance », élément magique dans un univers de complots. C’est peut être d’ailleurs ce qui a pour moi le plus pêché dans cette lecture, en se concentrant sur la relation entre Dashif et Kaloo, l’intrigue perd un peu en saveur et on passe sur certains éléments sans tous les comprendre comme par exemple les personnages comme Brajii et Jolesha, deux personnages féminins que l’on voit apparaître dans ces fictions mais peut être les trouve t-on ailleurs, dans d’autres univers, écrits par d’autres écrivains !

En résumé

Liavek fut une lecture divertissante et sympathique dont le principe d’une ville partagée entre plusieurs auteurs et autrices m’a complètement séduite. Pour les plus réticents d’entre vous face au format nouvelles, ce recueil permet véritablement de suivre les deux personnages, Dashif & Kaloo à travers les six récits qui le composent, composant une toile immersive et convaincante.

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