La Reine du Tearling de Erika Johansen

Non je ne me suis pas trompée de titre ^^ Le roman en gagnant son édition poche a également remporté un nouveau titre mais qui est moins connu que le premier « Reine de Cendres ». Dois-je réellement vous parler de ce roman quand celui-ci a déjà plus de 130 critiques sur Babelio ? Et bien pourquoi pas. Je parle de tous les romans que je lis, les bons, les mauvais, mes incontournables, les inconnus et les best-sellers. Et puis pour Le Mois de la Fantasy je peux bien faire un petit effort non ?

Résumé éditeur

Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle diabolique a pris le pouvoir. Le jour de ses dix-neuf ans, une garde dévouée l’escorte de son repaire à la capitale, où elle devra reconquérir la place qui lui revient de droit et devenir Reine du Tearling.
Kelsea ne s’est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu’elle découvre vont la pousser à commettre un acte d’une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente et déchaîne la vengeance de la Reine rouge.
La quête de Kelsea pour sauver son royaume et aller vers son destin ne fait que commencer. Long périple semé d’embûches, empli de bruit et de fureur, de trahisons et de combats farouches. Une épreuve du feu, qui forgera sa légende… ou la détruira.

Erika Johansen nous entraîne dans une épopée flamboyante où une jeune princesse insoumise devra lutter pour monter sur le trône.

Mon avis

Un « Game of Thrones au féminin ». Voilà comment il a été décrit par la presse et les représentants de JC Lattès. On ne peut pas dire que ce soit faux : une femme de dix neuf ans est d’un seul coup catapulté dans une course au trône et rencontre en chemin l’injustice, la mort, l’esclavage. Ça ne vous rappellerait pas une petite Daenerys Targaryen ? Pourtant dans ce roman pas de dragons, pas de concurrents fougueux à la tête d’armées impitoyables, seulement un tyran, le frère de sa mère à détrôner, et l’image idéalisée d’une reine à étioler. Parce que si Kelsea a grandi isolée de tout et de tous, elle a aussi appris à imaginer, rêver, fantasmer une mère inconnue, grande reine d’un peuple immense. Mais la réalité a un goût amer et elle fera tout pour ne pas ressembler à celle qui l’a envoyée au loin pour la protéger…ou s’en débarrasser.

Un récit initiatique donc, dans un monde que l’on croirait totalement fictif, imaginaire si des bases de sciences tout à fait contemporaines et des romans tout aussi connus (Rowling, Tolkien, et j’en passe) ne faisaient pas leur apparition. On ne sait rien de la disparition de notre monde, rien ou presque de cette « Traversée » qu’effectuèrent les occidentaux vers le « nouveau continent ». Pourtant notre monde se disperse dans certaines expressions, certaines visions. C’est à la fois déroutant et palpitant, mais je ne le classerai dans aucun autre genre que la Fantasy pour ses gardes en armure, son héroïne puissante, et la magie qui se dégage de ses deux talismans.

Le point fort de ce récit reste son personnage principal : Kelsea Raleigh. Forcée du jour au lendemain à abandonner ceux qui l’ont élevée, Barty et Carlin qu’elle a appris à aimer malgré la main de fer de cette dernière, elle se lance sur sa propre voie avec bien des difficultés. Incapable de foncer à bride abattue, de manier l’épée, elle se sent gauche, maladroite et mal dans sa peau. Tout la ramène à son corps qu’elle trouve bien loin des portraits de sa mère, trop empâté, et pas assez lisse. Le regard et les remarques du Fetch, un homme dangereux surnommé « Le Père des Voleurs » pour qui elle éprouve pourtant une sorte d’attraction la feront souvent rougir de honte. C’est une femme-enfant forte et intrépide mais qui reste souvent une adolescente et la transition entre l’enfance et l’âge adulte est très bien retranscrite dans ce roman. On s’attache à elle pour sa force de conviction, son esprit un peu rebelle, et la façon dont elle mène sa justice, avec compassion. Pour autant, mais c’est vraiment une appréciation très très personnelle, si mon physique se rapproche davantage du sien que de toutes les autres héroïnes musclées et fines, je me suis assez vite lassée de ses diatribes concernant son corps. Un peu c’est bien, trop ça a tendance à m’agacer. Mais certain.e.s d’entre vous seront peut-être ravi.e de retrouver un personnage loin des clichés 🙂

Je pourrais également parler de la galerie de personnages qui l’accompagnent en commençant par sa Garde : Massue, Pen, Dyer, et j’en passe, tous des combattants invétérés, des membres d’élite mais dont elle devra pourtant se méfier, car le mal s’insinue partout dans ce royaume corrompu par son oncle et l’Empire Mort. Et on en vient ainsi aux ennemis, ou plutôt à une ennemie en particulier, la Reine Rouge. Tout le long du roman, cette dernière nous apparaît comme une femme d’affaire particulièrement virulente versée dans l’art du marché noir et de monnayer ce qui ne devrait pas l’être (enfants, femmes, organes, etc.) Pourtant elle éprouve aussi du dégoût pour certains d’entre eux et ses points de vue distillés dans le roman nous apportent aussi d’autres aspects de sa personnalité, à commencer par la peur et l’envie de grandeur. Une ennemie qui apparaît manichéenne dans l’esprit des héros, mais qui ne l’est pas autant qu’on pourrait l’imaginer ! Vous l’aurez compris, la fresque de personnages imaginée par Ericka Johansen n’a rien (ou presque) de manichéen et ça fait du bien.

Ce premier volume se concentrant sur la quête de Kelsea et ses embûches pour parvenir jusqu’au trône, on en apprend peu sur l’histoire, l’inimité entre Mort et Tear, ou encore sur la magie mais je suis sûre que les deux prochains tomes sauront défaire ces parts d’ombre, et je dois dire que celui-ci m’a beaucoup enthousiasmée ! 🙂

En résumé

Reine de Cendres est un premier volume particulièrement addictif dont l’écriture fluide et la fresque de personnages parfaitement maîtrisée annonce une grande trilogie à la hauteur de Fille de l’Empire ou Kushiel, deux sagas que j’ai adorées et qui mettent aussi en place des personnages féminins. Un royaume au bord du gouffre, une soif de justice et un trône à garder et redorer… hâte de lire la suite !

Le mois de la fantasy : ce roman rentre dans la catégorie « Dame Arwen : une autrice / une héroine » mais valide également la catégorie « un anneau pour les gouverner tous : un roman avec des artefacts » puisque Kelsea a en sa possession un collier de saphir capable d’une magie tout à fait destructrice.

3 commentaires sur “La Reine du Tearling de Erika Johansen

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  1. Ce roman est dans ma PAL, et ton avis me donne encore plus envie de le lire ! Ce prisme féminisme que tu évoques m’intrigue pas mal…

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