Sueurs froides de Nadia Coste

Un roman qui a de quoi donner..des sueurs froides ! C’est tellement tentant avec ce genre de titres, je ne m’en lasse pas 😉 Toujours est-il qu’il s’agit du troisième roman que je lis de l’autrice. En effet j’avais découvert Jivana, puis la duologie L’Envolée des Enges chez ActuSF. Je la retrouve donc dans un tout autre registre, bien éloigné de la fantasy adulte à laquelle j’étais habituée.

Résumé éditeur

Des ricanements dans les conduits d’aération, des empreintes de mains ensanglantées, des objets qui changent de place… Les jeunes hockeyeurs en son persuadés : la patinoire de Greilles est hantée par le fantôme de Thomas Grimbert, mort sur la glace 30 ans plus tôt.
Moins superstitieux, plus concentrés, les patineurs artistiques décrochent la place très convoitée de l’ouverture au gala du club. La rivalité coutumière entre les athlètes s’accentue : coups bas, insultes, intimidations… Et lorsqu’un lycéen est retrouvé pendu dans les vestiaires, les accusations se multiplient. Suicide ? Règlement de compte ? Et si Thomas était de retour pour se venger ?

Mon avis

Je ne suis pas particulièrement fan de thrillers, bien que j’en lise de temps en temps. De fait la dynamique fonctionne toujours sur moi, 1) parce que je ne cherche pas à savoir qui a fait quoi 2) parce que j’adore me laisser surprendre. Pour autant, l’autrice a semé beaucoup d’indices… Tout ça pour dire que les amateurs du genre trouveront peut-être l’intrigue un peu « facile » et les rebondissements évidents mais moi j’ai beaucoup aimé m’y plonger et me laisser emportée.

A quelques jours à peine du Gala où sponsors et recruteurs doivent être présents, l’équipe des Buses de Greilles apprend que, non, elle ne pourra pas passer en deuxième partie de Gala. Trop désinvoltes, trop violents, les hockeyeurs ont fait une mauvaise saison et le club préfère laisser la place aux patineurs. Imaginez ! Des hockeyeurs bien forts et bien virils, relégués par des nénettes en costumes paillettes. Ça ne passe pas. Manque de bol, le plan d’Antoine, Hugo et Samir ne fonctionne pas et les revoilà la case départ…en pire. Puis Hugo se suicide. Le tableau de Thomas coule des larmes de sang. La patinoire adresse des mots ensanglantés aux joueurs. Panique. Horreur. En cela Nadia Coste est très forte. Elle distille ses petites allusions horrifiques, ses événements paranormaux, faisant monter la tension, aussi bien la nôtre que celle des joueurs.

Bien entendu, les romans publiés par Gulf Stream se contentent rarement de raconter des belles histoires, et c’est encore plus vrai dans la collection #échos. Ainsi, sous couvert d’une enquête couverte de paranormal, c’est une véritable chasse aux préjugés qui s’opère. Non il ne suffit pas de rouler un peu des hanches pour être gay, et oui un gars musclé, un vrai « mec » peut aussi être homosexuel. Derrière des personnages somme toute assez caricaturaux, Nadia Coste aborde donc avec un certain réalisme l’homosexualité dans le milieu du sport. Inconsciemment je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ça un peu lourd… l’homophobie d’Antoine, les extrêmes auxquels les joueurs sont prêts à aller pour ne pas être de ce bord, j’avais l’impression de vivre une caricature… Et pourtant ? Pourtant ce n’en est pas une. Il n’y a qu’à voir l’absence de chiffres, l’absence de témoignage, pour comprendre qu’au delà du tabou, l’homosexualité dans le milieu du sport est un abattoir.

Toutefois la caricature est telle que je n’ai pas pu m’attacher aux personnages… d’autant que les points de vue s’enchaînent à toute vitesse, permettant aussi à l’intrigue ses multiples rebondissements. Je ne verrai plus le granité grenadine de la même manière, c’est moi qui vous le dit. De même que les « méchants » m’ont semblé très méchants. Toutefois c’est ce qui donne aussi cet aspect complètement barré, proche de l’horreur, qui m’a beaucoup plu dans le roman. Imaginez une bande de jeunes, patineurs et hockeyeurs face à deux psychopathes qui veulent soit les découper pour expérience, soit les punir pour…pour quoi au juste ? Bonne question. Les psychopathes sont parfois insondables… Toujours est-il que toute la dernière partie du roman est relativement violente et couverte d’hémoglobine. Pas de quoi faire des cauchemars mais peut-être faire la grimace en lisant certaines descriptions.

Bref. Le roman se mène tambours battants, le tout servi par une plume fluide bien qu’assez effacée (dans le sens où je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait tant plus dans Jivana ou L’Envolée des Enges). Sous couvert d’une intrigue horrifique, l’autrice nous enjoint surtout à nous méfier de ce que l’on voit et de ce que l’on croit savoir. La vérité n’est pas toujours là où on pensait la trouver.

En résumé

Court, intense, le dernier roman de Nadia Coste pourrait bien vous donner quelques sueurs froides. Véritable thriller horrifique pour les adolescents, l’autrice aborde sans trop en avoir l’air l’homosexualité dans le milieu du sport et si ses personnages semblent un brin caricaturaux, elle s’en sort très bien avec une intrigue bien ficelée et une fin qui fait froid dans le dos. On regardera différemment les granités grenadines et on se méfiera désormais des portraits de joueurs dans les patinoires…

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