Danse(s) contemporaine(s) au Quai

Je ne suis pas chroniqueuse de spectacles vivants mais j’aime beaucoup pouvoir en parler de cette façon, comme si je les critiquais. Bien sûr, mes critiques ne sont ni techniques, ni pointues, elles sont davantage de l’ordre de l’affect et de la réflexion. Mais comme je le dis souvent, mon blog me sert aussi de mémoire… Voici donc les reviews de deux soirées au Quai : une avec le double spectacle Suite for five et How to pass, Kick, Fall and Run, et l’autre avec la chorégraphie de Youval Pick Fabula Acta Est. Et un grand merci au Quai d’avoir une politique de prix si avantageuse pour les étudiant.e.s !

MERCE CUNNINGHAM / ROBERT SWINSTON

© Arnaud Hie (site du Quai, Angers)

Soirée du 26 sept. T400 20H00 – 21h00

Je n’attends rien. Un ami m’a parlé de Merce Cunningham et j’y vais par curiosité pour ce chorégraphe, qui, dit-on, a révolutionné la danse contemporaine. Je suis néophyte, admirative, j’apprécie le spectacle. Je suis au premier rang, je ne vois pas les tableaux mais j’observe avec assiduité les danseurs qui se présentent à quelques pas de moi.

Suite for five,

Vert. Orange. Violet. Bleu. Jaune. Cinq couleurs. Cinq danseurs. Leurs mouvements semblables à ceux des oiseaux, des grues peut-être. Un sourire espiègle. Piano corde. Corde piano. Et les voilà qui s’entrecroisent, dépouillés de tous artifices, loin de l’indistinct des spectacles regardés de loin. Là on voit. Les muscles, leurs respirations, leurs crispations. Là on entend. Leur souffle tendu. Leurs pieds qui glissent, frappent. Le parquet qui crisse. Tout cela créé une mélodie qui leur est propre. La musique vient y faire un contrepoint étrange, décalé, collaboration intime entre Merce Cunningham et John Cage.

How to pass, Kick, Fall and Run

De la tante Marge au professeur Suzuki. Des champignons au jukebox. Ou encore du bus à la mort de Buddha. Les histoires de Cage forment un tout hétéroclite dont quelques phrases arrachent des sourires. En opposition, adéquation, désaccord, les danseurs s’emparent d’une scène vierge dans un ballet étrange.

Ces deux chorégraphies ont été très étranges pour moi. Je n’avais jamais vu de spectacle où les danseurs sont autant libres. Certains danseurs transmettent une forme de liberté mais ils sont toujours accrochés à la musique. Sur ce spectacles, leurs chorégraphies étaient tellement en contrepoint de la musique ou des textes de John Cage qu’il ne ressortait une forme de facilité, et de musique intérieure. Une excellente expérience.

 

YUVAL PICK

© Sébastien Erome (site du Quai, Angers)

Soirée du 15 oct. T400 20H00 – 21h00

Je suis fatiguée. Ma journée a été longue et il a plu le temps que je rejoigne le théâtre, j’ai froid et il ne reste que peu de place, toutes sur les extrémités, j’accepte mon sort. Je me souviens qu’à un moment une femme riait parce qu’un des danseurs criait sur scène de façon étrange, comme si cela résonnait dans sa cage thoracique. J’ai ris aussi.

Acta est Fabula

J’ai l’impression, en allant au Quai, que cela fait bien trop longtemps que je n’avais pas vu de danse contemporaine pure. J’ai toujours apprécié les formes transverses, mélanger le numérique et la danse, le cirque et le chant, le théâtre et la musique pop rock. Mais je dois dire que Acta est fabula a eu un drôle d’effet. Il y avait quelque chose de profond dans la simplicité, du rire dans les cris, et de l’énergie dans ces mouvements qui n’avaient de signification que pour les danseurs et leur chorégraphes. J’ai été plus que ravie de les entendre parler après, en bord de scène. Rien n’est plus sincère que ce qu’on a ressenti sur l’instant, sans rien pour le piéger, l’enfermer dans des sens qui ne nous parlent pas. Mais c’était intéressant de pouvoir relier mes émotions sur des mots.

Une série de citations du bord de scène (toutes prises de paroles confondues) : « Comment, en éveillant les imaginaires, on exerce les corps. Je voulais beaucoup de gestes de bras liés au sternum, là où se concentrent les émotions du coeur. Dans l’idée du totem. C’est travailler pour créer des symboles qui nous réunissent. Les danseurs sont porteurs de messages. Percussions au niveau du sol, pousser pour féconder la terre, il y a un rapport organique qui pousse les percussions corporelles. Acta est fabula est un terme latin pour dire « la fin » : la scène est finie, fin de musique, fin de chanson, de choses qui se coupent et se rassemblent pour à la fin créer quelque chose de neuf. Donc des costumes festifs, qui pétillent et qui vibrent. »

Ces propos décousus sont à l’image même du spectacle de Yuval Pick, percutants, intrigants, messagers.

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