Hope and Red de Jon Skovron

Hope & Red est le premier volume d’une trilogie fantasy dont les couvertures sont à tomber par terre. Bon, de manière générale j’adore les couvertures Bragelonne, je trouve qu’elles reflètent toujours parfaitement l’ambiance de l’histoire qu’elles contiennent. Trêve de bavardage, place à la chronique !

Mon résumé

Hope est l’unique survivante d’un petit village, où l’ensemble de sa famille et de ses amis fut massacré pour le compte des expérimentations des biomanciens. Les biomanciens. L’empire. Et des corps dont émergent des larves, dans les cris et le sang. Elle n’a jamais oublié. Élevée par un prêtre Vinchen, elle devient la seule femme à qui l’art guerrier des Vinchens fut enseigné. Accompagnée de son épée, Le Chant des Lames, un seul mot s’embrase dans son esprit : vengeance.

Red, lui, est le seul rescapé d’un mal qui toucha bon nombre de femmes dans les bas quartiers, l’épice corallienne. Une substance qui colorait les yeux des enfants de rouge. Orphelin à l’âge de huit ans, il découvre la vie de pirate aux côtés de Sadie, puis de voleur en réussissant bon nombre de coups dans la basse cité. Mais Cercle Paradis est gangrené par la peur. Des personnes disparaissent et on ne les revoit jamais.

Les destins de Hope et Red vont se croiser, pour le meilleur et pour le pire, formant une alliance improbable et dévastatrice que l’Empire n’est pas prêt d’oublier.

Mon avis

Ce premier volume est assez lent. On attend que les deux personnages se rencontrent pendant une bonne partie du roman puisque les premiers pas de nos deux héros se font à l’âge de 8 ans. On les voit évoluer depuis lors, chacun de leur côté. Hope échappant aux coups des prêtres de l’ordre, apprenant en secret un art martial que les femmes n’ont pas le droit de connaître ; Red rencontrant Sadie dans les bas quartiers de Laven et apprenant à ses côtés à maîtriser son destin. L’une a une épée qui chante et l’autre des dagues de lancé. Alors on patiente. On assiste aux trahisons, disgrâces, amitiés. On se prend d’affection pour les personnages secondaires, bien esquissés ce qui est assez rare dans la fantasy pour être souligné.

« — Est-ce qu’un mecton prend l’air étonné quand le glorieux soleil perce les cieux assombris de nuages avec ses rayons ardents ? (Red trancha la gorge de la savate qu’il venait de poignarder). Non ! Il esquisse un sourire reconnaissant et poursuit son chemin ».

On apprécie notamment le Capitaine Carmichael aux côtés duquel Hope finit par trouver une nouvelle famille, sans romance aucune d’ailleurs, juste un homme généreux qui l’aide à grandir encore. On se prend d’affection pour Bouche-Trou, l’ami d’enfance de Red, bonne pâte quoique parfois sans doute un peu bête mais d’une loyauté sans faille. Et puis on adore Ronce, garde du corps dans un bordel, une chaîne pour arme et un mordant impitoyable. Un peu plus tard on s’intrigue pour Brigga Lin, une biomancienne qui découvre un peu tard que les hommes sont d’une incroyable cruauté, effaçant par leur ego démesuré, leurs coups, leur aveuglement tout le pouvoir que les femmes pourraient obtenir. Il est intéressant de voir que deux ordres réservés aux hommes, se retrouvent avec une femme dans leur rang…et que ces femmes soient bien plus puissantes que lesdits hommes. Mmh… un message à faire passer peut-être ?

L’ambiance oscille ; les bas fonds de Laven, (Cercle Paradis, Dos d’Argent, La Pointe du Marteau, que des noms aux allures de richesse), les meurtres, les disparitions, les vols et les prostitués d’un côté ; la piraterie, les gréements, et les abordages de l’autre. On passe de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante, mer et terre ferme avec toujours en toile de fond quelque chose de sombre, de sanglant, tel un esprit vengeur.

« — Qu’est ce que tu veux devenir ?
— Le plus grand voleur que Laven la Nouvelle ait jamais connu, répondit-il aussitôt.
Sadie éclata de rire et des gerbes de bière jaillirent de sa bouche et de son nez. Sa chaise se balança dangereusement et elle faillit tomber à la renverse.
— C’est idiot, je suppose.
— Idiot ? répéta Sadie. C’est le truc le plus soleil que j’aie jamais entendu. »

Alors oui parfois on étouffe. On devine ce qui se déroule dans l’ombre un peu trop vite, quoique le twist final on ne le voit pas vraiment venir. Il y a du sang, de la violence, des meurtres un peu à tout bout de champ, des complots, et même une petite guerre. Mais il y a aussi de l’amour, de la tendresse, de l’amitié, de l’humour (beaucoup d’humour noir, mais pas que), un jargon amusant que l’on retrouve de pages en pages, des personnages aux caractères bien trempés qui rendent le roman captivant et trépidant même lorsqu’il ne se passe rien. Tout ça, c’est un peu Soleil comme dirait Sadie. Mais le duo Hope & Red lui, c’est carrément soleil, c’est explosif, un peu prévisible parfois, tous les deux des flèches de mort dirigées vers les biomanciens.

En résumé

Le premier volume de l’Empire des Tempêtes, quoique un peu lent, ne manque pas de classe et de panache. Les personnages sont bien campés, l’ambiance ténébreuse. On se prend d’affection pour chacun d’entre eux, on sourit beaucoup, grimace parfois mais c’est parfaitement dosé. Avec humour, tendresse et larmes on traverse Laven la Nouvelle avec Hope & Red à la conquête de leur destin…et de leur vengeance.

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