Vorace de Guillaume Guéraud

« Vorace » est un nouveau titre de la collection epik des Éditions du Rouergue ! Et ce trimestre cette collection va s’étoffer de très très belles publications. Quand je vois les auteurs, écritures et couvertures qui peuplent cette collection je suis tellement fière d’être partenaire du Rouergue jeunesse ❤ Ce roman de Guillaume Guéraud paraîtra le 21 août.

Résumé éditeur

Elle commence par dévorer de petits organismes sans que personne ne s’en aperçoive. Puis des rats, des chats, des chiens. Avant de s’attaquer aux enfants. Et aux adultes. Elle est invisible, inaudible, impalpable. Mais tout le monde la surnomme « la Bête ». Elle est vorace. Et elle engloutit les gens sans laisser de traces.
Léo, un adolescent sans parents et sans domicile, qui traîne avec son chien dans les rues de Paris, a la capacité de la repérer. Il distingue une espèce de masse floue qui traverse les matières. Le nombre de victimes grimpe en flèche dès que Léo rencontre Cosmina. Une fille aussi perdue que lui. Tous les deux se collent l’un à l’autre pour échapper aux mâchoires de la Bête.

Mon avis

Ce roman parle d’une bête, « la Bête ». Une Bête que personne ne peut voir, entendre, toucher ni même tuer. Une Bête qui les dévore. D’abord les rats, les cafards, ces petites créatures de rien du tout qu’ont en horreur les habitants des villes. Elles disparaissent et personne n’y prend garde, peut-être même quelques uns sont-ils heureux de ne plus les apercevoir sortant des égouts, des poubelles et des rues malodorantes. Puis ce sont les chats. Domestiques, sauvages, les de gouttières, les persans, les angora. Puis de plus en plus gros, de plus en plus proche. Bébés, enfants, adolescents, adultes. La terreur s’installe. Et à mesure que le roman avance, cette terreur nous poursuit. Le lecteur est poursuivi par cette bête. Qui n’est pas là. Peut-être.

Aucun trouble. Aucune perturbation dans ses rétines. Tandis que l’homme s’arrachait les cheveux à pleines mains, tandis que la femme fourrait les siennes dans la bouche pour s’empêcher de hurler davantage, tandis que leurs voix s’éteignaient et que leurs corps soubresautaient comme des pantins électrifiés, la luminosité du ciel terne ne vacilla même pas.

Cette Bête ça pourrait être tout et n’importe quoi. Godzilla ? Pourquoi pas. Ou alors un alien ? Une force extraterrestre ? Une force paranormale comme dans Gone de Michael Grant ou Midnight de Dean Koontz. Un truc. Une chose. Un monstre. Une créature. Ou pire. Des comportements humains : individualisme, capitalisme, consumérisme. La façon dont les gens se montrent monstrueux envers leurs semblables. La façon dont ils se tuent, dont ils s’avilissent, dont ils créent des monstres. On ne sait pas. Elle est là. Elle a faim. Elle ne s’arrête pas. Et Guillaume Guéraud réussit l’exploit de nous effrayer de cette chose invisible, tels les montres que l’on imaginait cachés sous notre lit.

Pourtant ce roman ne se concentre pas que sur la Bête. Il n’y a pas que la terreur, pas que l’angoisse, pas que le malheur. Il y a aussi Léo et Cosmina, et puis Tcheckov, tous les trois contre le temps, le monde, l’espace, la mort. Un sans-abri, une roumaine et un chien abandonné. Trois êtres dans le courant, en mouvement perpétuel, avec ce qu’ils ont de simples et d’émouvants ces gens là.

— « Oscillation de l’espace-temps »… »Polarisation »… »Coalescence »… »Inflation cosmique »… Ça te dit quelque chose ?
— On dirait que ça parle d’amour.

Alors oui ce roman parle aussi d’amour. D’un amour puissant, jeune, explosif, qui crie dans les parcs, sous les couettes, à même le bois plein d’échardes d’une petite cabane. Des baisers volés au nez et à la barbe de la famille de Cosmina, ce quotidien partagé de cambriolages d’appartements, de culture de cannabis et de décoration de table ; peintures et mains. Quelque chose à la fois de dur, d’incongru, de suffocant, d’enthousiasmant. Et puis… il y a tout le reste.

Son don qui lui permet de voir la Bête. Une équipe de scientifiques un peu barrés. Des commémorations, des orgasmes dans la nuit noire, des disparitions de plus en plus, encore et encore. Et puis des questions. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Quoi ? Et l’écriture of course. Vindicative, tantôt simple, tantôt brute, tantôt douce et voluptueuse, en dent de scie, en comme je les aime : vivante.

En résumé

Ça ne plaira pas forcément à tout le monde : y a pas vraiment de début, pas vraiment de fin, juste ce qu’il faut de stupeur, de frayeur, d’égoïsme, d’altruisme. Des personnages esquissés mais dont les quelques facettes peintes vous feront peut-être les aimer, une intrigue qui n’en est pas vraiment une : voilà c’est arrivé, qu’est ce qu’on fait ? rien, tout, l’amour ? Mais c’est beau, grandiose, palpitant, impitoyable et addictif. Et en plus, c’est un coup de cœur.

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