Les amours d’un fantôme en temps de guerre de Nicolas de Crécy

Les amours d’un fantôme en temps de guerre est le genre de petite pépite indéfinissable, d’OVNI littéraire étrange, où l’âge du lecteur n’a que peu d’importance. Conseillé par Myriam (du prix des incorruptibles) lors du SLPJ de l’année dernière, j’avais été subjuguée par les illustrations. Récompensé par un prix, ce roman-album graphique aura de quoi plaire. Et pour parachever le tout, je l’ai lu en lecture commune avec Mes écrits d’un jour ! Vous pouvez retrouver son avis à la suite du mien (quand elle l’aura posté), ou, mieux encore, sur son blog ❤

Mon résumé

On suit les aventures d’un petit fantôme qui a perdu ses parents. Recueilli par son cousin, il rencontre alors des dizaines de fantômes noircissant des pages à la machine à écrire. De lieu en lieu et de fantôme en fantôme, notre héros nous conte ses jeunes escapades fantômesques en compagnie de Lili, la chienne Boulette, ou encore la petite fille au journal. La traversée d’un siècle de guerres et de douleurs entre fantômes et fantômes acides, où l’amour et l’amitié ne s’oublient jamais.

Mon avis

Les amours d’un fantôme en temps de guerre est un titre légèrement trompeur puisqu’on ne s’attache pas tant que ça aux amours de notre jeune fantôme plutôt qu’à la guerre qui oppose fantômes et fantômes acides. Ces derniers, nés de la rancœur et de la haine, grandissent et forment une armée fasciste et désincarnée. Cette guerre n’est pas tout de suite révélé à notre héros qui fera d’abord la connaissance de Lili, une fantôme de peu son aîné qui hante une maison de campagne. Naïvement, on suit les premiers pas du fantôme dans ses nouvelles attributions : les fantômes de campagne, il faut le savoir, sont des fantômes de grenier ! Lili et notre fantôme se lient d’amitié, et passent le temps comme ils peuvent, tous deux quasi orphelins dans un monde qui n’est pas fait pour l’innocence. C’est le cousin Boris qui leur raconte ce qui se passe dans le vaste monde, cette guerre injuste qui décime des fantômes par centaines.

N’écoutant que leur cœur, nos deux fantômes, et Boulette, la chienne avec laquelle ils se sont liés d’amitié, s’engagent dans la résistance. S’enchaînent alors une série de petites épreuves dont notre fantôme n’en ressortira pas sans heurt et sans douleur. Une scène en particulier m’a un peu choquée tant elle était douloureuse et c’est ce qui m’a fait réfléchir à ce que me disait Héliéna, que ce n’était pas pour les enfants. Je pense que sa lecture est assez universelle au contraire d’autant plus quand on comprend le parallèle détonnant qui est fait entre la seconde guerre mondiale et celle des fantômes. L’auteur nous l’annonce d’emblée, les événements dans le monde fantomatique arrivent peu après dans le monde des humains, on savait dors et déjà à quoi s’attendre ce qui rendait le tout un peu « prévisible » après les nombreux cours d’histoires que nous avons eu ! Mais ce n’est pas le but premier je pense.

Nicolas de Crécy nous offre une relecture poétique et sombre de la seconde guerre mondiale. La fin n’en est que plus glauque et j’ai eu un pincement au coeur. L’impression que tout est vain, que tout recommence sans arrêt me dégoûte de l’humanité. Sous des airs de contes pour enfant, l’auteur propose une véritable réflexion sur notre société moderne qui n’apprend guère de ses erreurs et engendre à coup sûr ses propres démons. La notion des fantômes est d’ailleurs assez intéressante si on y réfléchit bien ! Sans forcément les nommer, nous rencontrons également les personnages de l’Histoire que nous connaissons tous et toutes comme celui de Anne Franck.

Le ton est assez monocorde, notre fantôme âgé d’environ 89 nous raconte son histoire mais je n’y ai pas retrouvé beaucoup d’émotions en dehors de la mélancolie et de la nostalgie ce qui rend l’ensemble très triste mais aussi très touchant. On oscille entre illustration et récit et cette combinaison des deux fonctionne à merveille. Certaines planches sont d’une beauté picturale saisissante, aux couleurs automnales. Tandis que d’autres, par leurs détails et leur impact, rendent le récit d’autant plus troublant et sombre. Un joli mélange des deux qui m’a parfois émue.

En résumé

Les amours d’un fantôme en temps de guerre est un roman illustré qui revisite à sa façon la seconde guerre mondiale. Sur un fond de tension et de résistance nous suivons avec parfois beaucoup de tristesse les aventures fantomesques de notre héros qui traverse cette époque avec candeur et naïveté. La fin, incroyablement pessimiste, est aussi une leçon de l’humanité qui heurte autant qu’elle fait réfléchir. En bref, une lecture touchante aux pages mélancoliques pour une petite pépite littéraire.

2 commentaires sur “Les amours d’un fantôme en temps de guerre de Nicolas de Crécy

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