La fille d’encre et d’étoiles de Kiran Millwood Hargrave

La fille d’encre et d’étoiles… J’avais craqué sur la couverture en salon. Puis sur le magnifique travail éditorial quand je l’avais tenu entre mes mains. Et ensuite j’avais vu les chroniques, plutôt négatives ou mitigées et j’avais repoussé ma lecture. Aujourd’hui je l’ai lu et je reviens sur cette lecture qui aura déçu tant de personnes…mais qui m’a bien plu !

Mon résumé

Isabella est seule au monde. Enfin, pas tout à fait. Il lui reste Pa, un père cartographe qui a un jour visité mers et terres lointaines, Pep, un chat paresseux, et Miss La, une poule au caractère de cochon. Elle ne rêve que d’une chose : découvrir ce qui se trouve au centre de l’île. Car Joya est aux prises d’un gouverneur qui, petit à petit, a isolé l’île du reste du monde : interdiction d’y débarquer, interdiction d’en partir, interdiction de traverser la forêt. Isa se lie d’amitié avec Lupe, la fille du gouverneur, une relation improbable que tout le monde ne regarde pas d’un beau oeil. Lupe est égoïste et naïve, ignore tout des agissements de son père, se complet dans l’innocence. Et puis Cata, une camarade de classe meurt, assassinée dans le verger par sa faute. Est-elle aussi pourrie que le reste de sa famille ? Elle se jette à la recherche de l’assassin à travers la forêt interdite bien décidée à prouver à sa meilleure amie qu’elle n’est pas « pourrie » entraînant le gouverneur, ses hommes et Isa dans sa course. Et au bout du chemin, un mythe auquel plus personne ne croyait, des loups de feu, et l’odeur du soufre

Mon avis

Impossible de parler de ce roman sans vous parler d’abord de l’objet-livre. S’il y a bien une raison pour laquelle j’adore la littérature de jeunesse c’est celle-ci : l’objet a toujours un quelque chose de magique. La fille d’encre et d’étoiles n’échappe à la règle. Une couverture à rabat, douce sous les doigts, un titre bleu au marquage à chaud (dorure) sans parler de l’intérieur… De minuscules dessins de cartographie à toutes les pages, lignes de fuite, bateaux aux voiles épaisses et autres compas qui viennent magnifier le texte. Et des cartes ! Deux cartes en couleur au début et à la fin qui viennent encadrer les quelques 268 pages du roman. En bref, un travail éditorial qui en jette et qui m’a complètement fait craquer en salon du livre ! ❤

Mais bon l’extérieur c’est bien, mais, vous le savez bien, il n’y a pas que l’apparence qui compte ! Après avoir lu de très nombreux avis mitigés ou négatifs je partais vraiment avec l’impression d’aller à l’échafaud, l’envie de le reposer avant même de l’avoir ouvert, freinant des quatre fers. Alors je ne sais pas si c’est mon ressenti en contrecoup de ce à quoi je m’attendais…mais j’ai plutôt bien apprécié ce roman d’aventures.

On se retrouve projetés dans un univers de fantasy mais qui pourrait être tout aussi bien un passé de notre société actuelle puisque l’on retrouve des noms très proches de notre géographie : Aegypt, Afrika, Amrique, etc. L’île de Joya ne présente quant à elle aucun attribut particulier pouvant nous permettre de la rapprocher d’une autre île (en tout cas aucun que je ne peux vous révéler sans vous spoiler). D’ailleurs point de magie et on effleure du bout des doigts les créatures extraordinaires.

« Chacun de nous porte sur sa peau la carte de sa vie, dans sa façon de se mouvoir et même dans sa façon de grandir, disait souvent Pa. Regarde, tu vois que le sang qui circule à mon poignet n’est pas bleu mais noir ? Ta mère disait toujours que c’était de l’encre. J’ai la cartographie dans le sang. »

Nous suivons le parcours d’Isa, une petite fille de treize ans, qui a perdu sa mère et son frère jumeau à cause de l’utilisation intensive d’un argile particulier pour le gouverneur. Bien qu’éloignée des affaires politiques qui opposent le gouverneur au reste du village de Gromera, Isabella n’est pas dupe non plus. Alors quand Cata, une jeune camarade de classe meurt, assassinée, après avoir été cherché des fruits du dragon dans le verger interdit pour sa meilleure amie, Lupe, Isa lui crache tout ce qu’elle avait sur le cœur. Blessée, la fille du gouverneur fuit ses reproches, refusant de voir que son père a commis toutes ces atrocités pour rester au pouvoir, refusant de comprendre pourquoi tous les villageois la regardent d’un oeil noir. Et puis lui vient une idée, prouver à Isa qu’elle n’est pas pourrie comme sa famille.

J’ai trouvé ce passage vraiment triste et dur, mais aussi extrêmement bien retranscrit. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé tous les moments passés au village. On en apprend plus sur les légendes qui l’entourent, notamment celle d’Arinta et de Yote, la colère des habitants est palpable, et les animaux frappent leurs cages et enclos ce qui donne une atmosphère un peu angoissante à tout cela. Par la suite nous nous enfonçons dans la forêt, où les talents de cartographe d’Isabelle sont grandement appréciés, avant bien évidemment de faire face aux bannits, ceux que le gouverneur a repoussé de l’autre côté de la forêt, à des créatures lupines gigantesques qui n’ont rien à envier aux chiens de l’enfer, et à Yote, le dieu du mythe de Joya. Là l’aventure prend véritablement le pas sur les relations entre les deux filles, on combat, on fuit, on rebondit, on a peur, on tombe, on tente de survivre. Beaucoup ont plutôt apprécié cette partie parce qu’elle était beaucoup plus dynamique… mais pour moi c’est la partie la plus brouillon. On ne comprend pas tout ce qui se passe, les scènes s’enchaînent sans vraiment de lien et on ne sait pas très bien comment elles en arrivent là où elles sont. Tout cela est flou et j’ai eu beaucoup de mal à m’imaginer cette partie, comme si le texte avait été tronqué, ou comme s’il manquait des bouts. La fin en elle-même est d’ailleurs assez précipitée et manque d’introspection pour le personnage d’Isabella, alors qu’il se passe plutôt des trucs horribles je n’ai pas réussi à ressentir toute l’émotion que j’aurais dû avoir à ce moment là… Bon après je suis peut être froide comme un glaçon, ça reste envisageable 😉

Du point de vue de l’écriture, on se retrouve avec une narration fluide bien qu’assez banale au final. Quelques phrases sont poétiques, notamment celles prononcées par Pa, mais ce n’est vraiment pas l’écriture qui m’a fait poursuivre l’histoire.

En résumé

La fille d’encre et d’étoiles est un premier roman réussi, revenant sur la construction des mythes : de faits historiques en histoire, d’histoire en légende, de légende en mythologie, on oublie parfois que vérité et leçons s’y cachent. Derrière sa couverture au toucher soyeux, ce livre recèle un univers riche et original dont la narration, les réactions parfois décevantes du personnage principal et le manque de précisions de certaines scènes d’action viennent entacher le potentiel. Cela reste toutefois une chouette lecture pour de jeunes lecteurs !

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