Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu de Karim Berrouka

Je reviens avec un roman résolument timbré mais aussi très drôle et dans un sens un brin flippant, il s’agit de Celle qui n’avait pas peur de Cthlhu de Karim Berrouka que j’ai reçu en service de presse par les éditions ActuSF. Karim Berrouka j’en ai beaucoup entendu parlé, on m’a chanté ses louanges, on m’a dit à quel point ses romans étaient bourrés d’humour ce qu’on ne m’avait pas dit c’est que c’était à ce point génial.

Résumé éditeur

Qu’est-ce qui est vert, pèse 120 000 tonnes, pue la vase, n’a pas vu le ciel bleu depuis quarante siècles et s’apprête à dévaster le monde ?
Ingrid n’en a aucune idée.
Et elle s’en fout.
Autant dire que lorsque des hurluberlus lui annoncent qu’elle est le Centre du pentacle et que la résurrection de Cthulhu est proche, ça la laisse de marbre.
Jusqu’à ce que les entités cosmiques frappent à sa porte…

Karim Berrouka revient pour relever un terrible défi : convaincre Ingrid d’aller éclater du Grand Ancien pour sauver l’humanité.

Mon avis

Celle qui n’avait pas peur de Cthlhu est un roman à l’humour exaltant, on ne s’ennuie pas une seconde alors que certains schémas répétitifs auraient pu m’y pousser. Au contraire, on en redemande !

« Le monde est patient, il respecte la logique des tensions, une sorte de loi universelle qui veut que l’élastique de la réalité ait une résistance accrue, et qu’avant qu’il ne pète, il faut qu’il enregistre une puissante tension. Ainsi va le monde, comme les hommes. Ils endurent, ils subissent. Puis, un jour, c’est le chaos. »

Ingrid est le genre de nana que j’adore rencontrer dans un roman. Totalement insensible et quasi hermétique au monde « cosmique » qui l’entoure, elle se retrouve propulsée dans un univers de fous et de débiles profonds (pas moi qui le dit) sans perdre de sa verve et de son flegme. C’est tout bonnement rafraîchissant et je trouve ce personnage extrêmement bien construit.

Lorsqu’un beau matin, un homme l’aborde dans un métro bondé, journal levé devant les yeux et commence à lui parler en mode « espion », Ingrid n’a pour elle qu’une seule réflexion : qu’est ce qui la pousse encore et toujours à tomber sur des mecs tordus ? A commencer par son ex, Tungdal, qu’elle a retrouvé à son réveil en train de psalmodier au dessus d’elle un genre de rite vaudou. Qui aurait soi disant volé un engin nucléaire qui lui vaudrait d’être recherché par la DGSE. Qui lui tombera dessus un bon matin, pied nu et encore en pyjama pour l’emmener de force dans un bureau sécurisé. Pourtant tout ceci n’est qu’une minuscule partie de tout ce qui lui arrivera. De Vienne à la Mongolie, en passant par Le Havre, Ingrid se fait ballotter de secte en secte.

J’ai dit secte ? Disons qu’être le « centre du pentacle » à ses inconvénients lorsqu’elle seule peut libérer -ou non- Cthulhu, le fameux monstre cosmique capable de réduire la population humaine à de simples crevettes dégueulasses et verdâtres. Cela attire les convoitises. Et notamment celles de plusieurs siècles aux noms abracadabrants faits de majuscules à tout bout de champ, et les adorateurs de l’Eglise Evangélique Quantique et de leur Jésus Higgs Dieu-Boson Yog-Sothoth, et les disciples de Shub-Niggurath, la Chèvre noire, (qui forniquent dans des orgies gigantesques) ou encore les fervents croyants de la Mélopée… Tant de mysticisme et de grands mots pour des illuminés, cela tient de l’ubuesque !

Karim Berrouka en joue et en surjoue, nous plongeant tour à tour dans des situations cocasses et abracadabrantesques, et on esquisse des sourires, quelques rires, le tout en ayant l’impression de passer un moment littéraire absolument dingue. Je me demande si l’auteur riait tout seul en écrivant son texte ^^

Le roman n’en oublie pas pour autant le côté plus mystérieux de l’oeuvre de Lovecraft, son horreur ténu, sa tension impalpable, les rêves qui envahissent l’héroïne, les œuvres que produit son amie, Lisa, et bien sûr d’autres personnages, comme un scribe revenu à la vie après plusieurs siècles de morts pour leur livrer une formule. Et si Celle qui n’avait pas peur de Cthlhu souffre d’une certaine régularité qui lui fait perdre plusieurs fois de son souffle, Karim Berrouka arrive encore et toujours à nous surprendre, jusqu’à la fin. Fin que j’ai d’ailleurs trouvé très belle d’une certaine façon.

En résumé

Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu est une reprise habile et amusante des mythes lovecraftiens. En se jouant de ses codes, Karim Berrouka construit un roman tordu et tordant où chaque situation s’envole du pire à l’absurde. Une lecture rafraîchissante qui me poussera sans doute à découvrir un peu plus l’auteur.

 

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Un commentaire sur “Celle qui n’avait pas peur de Cthulhu de Karim Berrouka

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