Coup d’État de Valérie Simon

Après ces romans très contemporains et réalistes, j’avais bien besoin d’une dose de fantasy. C’est chose faite avec ce service de presse des éditions ActuSF : Coup d’état de Valérie Simon qui avait originellement publié aux éditions du Riez. Paru dans leur collection Naos, il s’adresse avant tout aux jeunes adultes, mais les amateurs de complots politiques et autres prises de pouvoir en fantasy devraient s’y plaire.

Résumé éditeur

Après plusieurs années d’exil, la princesse Alia est de retour dans son palais où l’attend son père. Les retrouvailles s’annoncent explosives. L’adolescente est furieuse contre lui. Pourquoi, après la mort de sa mère, l’a-t-il envoyée encore enfant loin de sa seule famille chez les Initiées du Denaia, un ordre de femmes puissantes et influentes dans le royaume d’Alsybeen ? Victime d’une tentative meurtre dès son arrivée, elle doit en plus lutter pour sa vie. Qui lui en veut ? Et est-ce que tout cela aurait à voir avec le Cristal, cette précieuse source d’énergie détenue par son royaume ?

Mon avis

Des complots, de l’action, des assassinats, des vengeances, de l’humanité dans toute sa noirceur, sa cruauté… ❤ Oui, oui je suis plutôt folle comme nana, mais que voulez-vous, la fantasy m’a toujours fait ce petit effet disjoncteur, et j’adore quand des complots politiques se mêlent à la fantasy…et que les femmes y ont toute leur place ! Dans Coup d’état il n’y a pas le temps de tergiverser, à peine la princesse Alia Shanine de Messaline met-elle un pied dans la capitale qui la vue naître, qu’elle subit une première tentative d’assassinat, qui ne sera pas la dernière. Et elle en connaît même la source ! Un attentat qui m’a rendu légèrement paranoïaque, et alors qu’Alia batifolait avec son jeune garde du corps, moi je restais tous les sens aux aguets à me demander qui viendrait la zigouiller. Un roman sous haute tension donc mais pas exempt d’une certaine humanité.

Dans ce monde plutôt arabique (en tout cas c’est ainsi que je me l’imagine avec ses monstres écailleux, les robes à voiles vaporeux, les noms aux consonances maghrébines), la cité d’Aslybeen provoque toutes les convoitises. Extractrice d’un minerai rare, elle a su construire un pouvoir économique considérable que tous voudraient bien posséder. Pourtant, elle est aujourd’hui affaiblie. Alors que, 10 ans auparavant, sa mère se faisait assassiner, Alia était envoyée au Denaia pour y recevoir la formation des Initiées, une sororité de femmes répondant aux ordres de la Mère Mircea Karach Wee et étant placées auprès des hommes les plus influents de l’Empire. Maintenant qu’elle est revenue, tous se concentrent sur son retour, et le Roi d’Aslybeen en oublie légèrement la sécurité de son royaume. Pourtant, tous ne voient pas d’un bon oeil le retour de la princesse bâtarde, unique héritière du trône, et tandis que certains la convoitent ardemment, souhaitant en faire leur épouse, d’autres complotent pour la faire assassiner coûte que coûte : le Denaia, l’organisation-même ayant commandité le meurtre de sa mère et l’ayant élevée en son sein. (Rien que ça je trouve ça scandaleux !).

Cette organisation est assez particulière, on sent un pouvoir sombre et dangereux, et pourtant elles ne se servent pas de magie (ou à peine) et semblent pouvoir mener le monde à leur pied avec seulement deux attraits : le charme et la sensualité. On serait tenter de mettre un petit grain de sel féministe là dedans, et dire « oui mais quand même, ce sont des femmes qui ne sont là que pour coucher, on ne les voit que comme des objets, etc. ». Oui mais non. Dans une société résolument patriarcale, ce groupe de femmes est peut-être celui ayant le plus de pouvoir, elles se servent de la faiblesse des hommes pour mieux les dominer, les assujettir et les mépriser. Ce n’est qu’un grand jeu de domination dont elles semblent avoir la pleine maîtrise. Alia a grandi dans cet univers sans en avoir jamais tout à fait fait partie. Est-ce le mariage d’amour de sa mère, Galah, une Initiée et son père, le roi, qui lui donne toute cette humanité ? Peut-être. Elle se bat entre deux univers avec l’impression de se noyer, l’envie de mépriser la faiblesse d’aimer tout en en recherchant sans cesse sa chaleur et son réconfort.

Sur ce grand échiquier où tout le monde y va de sa petite vengeance personnelle, de sa manipulation éhontée, ou de sa trahison, on croise bon nombre de personnages très intéressants qui ont encore sans doute quelque rôle à jouer dans le prochain tome : Alia bien sûr, belle, forte et indépendante, mais aussi incroyablement intrépide (parfois à ses risques et périls), et pleine de cette humanité débordante qui m’a fait ne l’aimer que plus ; la Mère Mircea dont on ne comprend pas bien les motivations si ce n’est celle de conserver le plus de pouvoir possible ; Haslet Jorka, l’héritier du trône impérial qui, élevé dans une méfiance farouche à l’égard du Denaia finit par impressionner par sa droiture et son courage (sa stupidité ?) face à Mircea ; War’en, le jeune capitaine protégeant la princesse tout en lui vouant un amour inconsidéré et pour finir Javis, un mercenaire tout ce qu’il y a de plus charmant avec une chimère de compagnie assez terrifiante.

Alors oui j’avoue quelques scènes m’ont dérangée. Notamment celle entre Haslet, qui se méfie du Denaia, donc, et qui tombe sous le charme d’une jeune femme…qu’il sait être envoyée du Denaia, parce qu’elle peut lui procurer plaisir charnel et famille. Oui…bon…autant vous dire que tout de suite ce personnage m’a un peu déçu, lui qui tenait tête à la femme la plus puissante de l’empire ! Mais il y en a eu d’autres, comme par exemple toutes ces minauderies entre War’en et Alia… Mais ça rendait la princesse si attachante, si innocente, que j’ai tout de suite excusé l’autrice. D’autant qu’Alia n’est pas qu’une princesse en manque d’amour, c’est aussi une redoutable guerrière capable de pénétrer l’esprit des hommes d’une effleurement. En clair elle est badass 😉

Pour terminer j’ai beaucoup apprécié le fait que l’univers de Valérie Simon ne s’embarrasse pas de magie. Il était déjà compliqué de retenir les noms, créatures et les complots sans que l’on y rajoute de la complexité. On peut donc profiter pleinement du dépaysement offert par la ville de Cristal ou le vent des landes, mâtiné d’une bonne dose de trahison sans se demander s’il ne va pas y avoir une entourloupe commanditée par je ne sais quel magicien sorti de nulle part. Genre Gandalf.

En résumé

Coup d’état est un premier tome rempli de complots, de créatures écailleuses, de femmes mortelles et séduisantes et de petits jeux de pouvoir. Un gigantesque échiquier où tous déplacent leurs pions pour dominer son adversaire. Un roman de fantasy addictif et dépaysant qui vous entraîne dans un monde cruel et froid, où seule l’humanité de l’héroïne semble ramener un peu de lumière.

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