De Brume, de Métal et de Cendres de Gwendolyn Clare

De Brume, de Métal et de Cendres est le second tome de la duologie de Gwendolyn Clare parue aux éditions Lumen. J’avais chroniqué le premier tome il y a de cela moins d’un an et j’étais ressortie de ma lecture vraiment ravie. Attention risque de SPOILERS ! (dès le résumé)

Mon résumé

Elsa a mis tellement de temps à faire confiance aux pazzerellones qu’elle reste abasourdie par l’horrible trahison de Léo, parti avec le Livre-Monde capable d’anéantir le monde entier. Une arme dangereuse qui est désormais entre les mains d’un Garibaldi fou furieux bien décidé à employer tous les moyens nécessaires pour rendre à l’Italie son indépendance. Ni une ni deux un plan commence doucement à germer dans son esprit de polymathe : un projet fou et insensé qui mettra son coeur et sa raison à mal mais quitte à se jeter dans la gueule du loup autant que ça soit avec panache.

Elle devra mentir, intriguer, manipuler, mais elle est prête à tout pour récupérer ce qui lui appartient et protéger son monde. Sa route sera pavée d’embûches plus invraisemblables les unes que les autres : un ange automate, une maison devenue folle, un Aris Garibaldi aussi charmeur qu’inhumain, un labyrinthe infernal… Et derrière elle : un carbonaro épris, une Porzia avec le poids de sa famille sur les épaules, un Valdenien bien loin de chez lui et son pouvoir le plus puissant : la scriptologie.

Mon avis

En droite ligne du premier tome Gwendolyn Clare nous plonge directement dans l’action. Ici pas de pages introductives mais un prologue intrigant mettant en scène un ange mécanique aux longues griffes venu veillé sur un homme endormi. Le tout reste nappé dans une brume de mystère pendant presque trois cent pages avant qu’enfin n’apparaisse la vérité. Avec de subtiles rappels destinés à remettre son lecteur autant que son personnage sur les traces de Léo Garibaldi, l’autrice ne s’embarrasse pas des quelques deux cents pages qui avaient parues si longues dans le premier tome. Dans ce second et dernier volume c’est la précipitation, la fuite en avant, l’échappée belle qui prédomine, la corde est tendu et tous marchent sur un fil, prêts à basculer dans le vide.

Funambule virtuose Elsa n’hésite pas une seule seconde à échafauder un plan qui a tout d’une démarche désespérée pour récupérer le Livre-monde tant convoité. D’ailleurs rien ne fonctionnera comme prévu et rebondissement en rebondissement, de portails en portails, nous suivons avec délice notre personnage se perdre dans les méandres du plan diabolique conçu par sa créatrice… On en prend plein les yeux, entre monstres marins et nuages de cendres gigantesques, folie artificielle et révélations chocs. Les pages défilent à une vitesse folle et après commencé ma lecture à minuit je l’achève, le souffle coupé, à trois heures du matin. Waouh. Les romans de Lumen me font souvent cet effet, de véritable page turner qui n’oublient pas de développer des univers intéressants et captivants. Bravo !

Et cette fois-ci, les points négatifs que j’avais relevé dans le premier tome se sont envolés comme par enchantement, et on s’attarde un peu plus sur les personnages secondaires notamment Porzia, Léo et Faraz qui laissent davantage entrevoir leur psychologie. Oui j’aurais aimé en voir plus, en apprendre plus mais on ne peut décemment pas décrire un univers aussi vaste, présenter une héroïne aussi complexe et ensuite jongler avec perfection entre tous les autres personnages… Non on ne peut pas, mais la tentative est réussie et on se laisse facilement prendre au jeu et…j’adore le personnage de Porzia.

Je ne reprocherai qu’une seule chose : le manichéisme évident du grand méchant, Garibaldi, qui m’a un peu déçue… Mais Aris, son fils, rattrape le coup avec son génie machiavélique et pourtant cette espèce de tendresse que l’on ne peut s’empêcher d’éprouver pour son égoïsme dévastateur. Peut être que je plains ce personnage trop puissant, dont le génie n’a été que la seule raison qui a gardé son père près de lui. Quand on vit sans amour, peut-on seulement être autre chose qu’un monstre ?

D’autres détails viennent renforcer la trame initiale et lui donner davantage de consistance sans que l’on sache lesquels sont importants ou non notamment les éléments uchroniques de la révolution italienne. L’écriture est fluide quoique soutenue parfois et nous entraîne avec brio d’un monde à l’autre sans nous perdre, entre jargon scientifique et émerveillement scriptologique, on continue de s’enrichir de cette histoire troublante où se mêlent sentiments, familles et politiques.

Quant à la fin… et bien. Je ne sais pas quoi en penser. Pour moi, elle présente tous les éléments pour envisager une suite, peut-être avec un autre personnage. D’ailleurs de multiples détails nous invitent à le penser notamment avec une certaine prophétie… qui ne s’est pas encore réalisée. Alors Gwendolyn Clare & Lumen, que nous réservez-vous encore ?

En résumé

De Brume, de Métal et de Cendres est un second tome parfaitement maîtrisé qui nous entraîne sur un rythme affolant dans la gueule du loup. Sur les traces d’Elsa, Léo et Porzia on sursaute, on frissonne et on se réjouit avec eux. Si le roman souffre parfois de manichéisme, il se rattrape largement avec une plume fluide et agréable et des personnages profondément attachants. Si vous voulez un page turner efficace, un univers à couper le souffle et un dépaysement total pendant près de 400 pages…vous frappez à la bonne porte.

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