Objet trouvé de Matthias Jambon-Puillet

Un nouveau roman des 68 premières fois, le dernier pour moi pour cette session, je vous ferai un bilan dans peu de temps. Je repousse sa lecture depuis un moment, par la surcharge de travail mais aussi, sans doute, par peur de ce qu’il raconte, et de comment il le fait. Finalement ce fut une bonne lecture entachée par quelques petits détails. 

Résumé éditeur

Le soir de son enterrement de vie de garçon, Marc disparaît, laissant seule sa fiancée, Nadège, enceinte de leur premier enfant. Trois ans plus tard, alors que Nadège a refait sa vie, on retrouve Marc : nu, dans une salle de bain, bras menottés dans le dos. Dans la pièce voisine, quelqu’un est mort – une femme gainée de cuir. Qui était-elle ? Que s’est-il passé durant ces années ? Et, surtout, quel futur pour Marc et Nadège ?

Derrière l’énigme apparente se cache une histoire simple qu’il faut reconstituer, celle de trois personnes qui se cherchent, se frôlent, et doivent choisir comment mener leur vie.

Mon avis

Je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture parce que je ne l’ai ni adoré ni détesté et finalement, si c’était pour moi compliqué de parler de ma lecture précédente parce que trop extrême, il m’est compliqué de parler de celle-ci parce que entre deux (finalement quand est ce que ce n’est pas compliqué ?) Entre deux, mais entre deux quoi ? Entre la soumission et la domination, entre l’absence et l’abandon, entre l’enquête et la romance, entre la littérature et la sociologie, entre deux mondes, entre deux chaises, entre deux lignes.

Il y a des choses que j’ai beaucoup aimées et d’autres qui m’ont laissée indifférente à commencer par le personne de Nadège dont je n’ai globalement pas su quoi faire.

« Elle n’en veut pas à cet homme qui fait son travail, mais à tout le reste. A commencer par elle-même, qui a été assez bête pour se croire devenue plus forte. Nadège s’en veut de boire la tasse »

Le roman est divisé en trois parties : Nadège, Marc, Sabrina. Le personnage de Nadège apparaît au début, plutôt simple, dont la vie va basculer une seconde fois quand marc est retrouvé dans cet appartement, ligoté, absent, le regard vide. Toutes ces années à se voiler la face, à maintenir un masque de bonheur, volent en éclat. Que faire lorsque son fiancé, disparu le soir de son enterrement de vie de garçon réapparaît dans sa vie ? Pour Nadège la réponse semble être une évidence, là où j’aurais sans doute aimé la voir davantage hésiter, peut-être un peu plus psychologique pour lui donner un peu plus de prestance par rapport à celui de Sabrina.

Sabrina, elle, est une dominatrice. Elle ne l’a pas toujours été, pas toujours autant, pas à longueur de journée. Il y a quelque chose d’assez fascinant chez elle, de charismatique, et je suis très fière de la manière dont l’auteur a su montrer ce que pouvaient être les relations BDSM dans ce qu’elles ont de plus beau et de plus tendre. C’est dans cette partie que l’on rencontre également le personnage de Marc dans toute sa masculinité et ce qu’elle dit.

C’est ce personnage qui occupera la dernière partie de ce premier roman. Finalement c’est celui-ci que je trouve le plus important et je pense qu’énormément de messages passent à travers lui, et à travers le regard des autres. Parce que la question essentielle qui se distingue en filigrane c’est celle de la masculinité. Ce diktat infernal que les hommes subissent tout autant que nous mais dont on parle moins et que l’on accuse souvent, de tous les maux du monde. Et c’est là où le caractère extrêmement sociologique de ce roman se fait jour, surfant peut-être aussi sur la prise conscience généralisée des carcans sociétaux qui nous oppriment. La masculinité. La virilité. Eddy de Pretto en parle aussi dans une de ses musiques : « tu seras viril mon fils, Tu brilleras par ta force physique, ton allure dominante, ta posture de caïd et ton sexe triomphant pour mépriser les faibles, tu jouiras de ta vue d’étincelles, virilité abusive ». Sex Education la nouvelle série de Netflix, l’évoque également à travers le personnage d’Adam qui n’en peut plus qu’on ne le voit qu’avec son gros pénis et qui psychote tellement là dessus qu’il n’arrive même pas à en jouir (petite pause série : allez-y elle est vraiment bien foutue, drôle, et aussi extrêmement sensible). Marc, lui, se décharge devant ses parents de toutes ces choses qui l’empêchaient d’être lui même, de trouver un équilibre.

« Parce que je devrais me réjouir ? Vous vous fichez bien de ce que je peux ressenti. Ma vie n’est pas sur des rails, ce n’est pas une succession d’ordres: épouse-la, fais un enfant, trouve un boulot, achète ta maison, et surtout n’oublie pas d’appeler le dimanche. Vous voulez que je sois comme vous, « comme tout le monde » alors que je ne sais même pas qui je suis. C’est pour ça que je suis parti. Et parce que vous n’avez rien compris et que vous voulez tout recommencer comme avant, je devrais dire merci ? »

Dans le roman, « Dame K. », une dominatrice dit « peut-être que c’est vrai ce qu’on dit, qu’il faut avoir connu la soumission pour dominer ». Peut-être aussi qu’il faut avoir tout essayé pour comprendre ce que l’on veut vraiment. Pour moi ce roman c’est exactement cela, un message. Alors peut-être que je ne me souviendrai plus ni des noms, ni des mots, ni des sons, ni des pages, parce que je n’ai pas été transcendée, parce que l’écriture ne m’a pas tant touchée, mais le message, lui, restera et c’est ce qui en fait une lecture remarquable.

En résumé

Objet trouvé est un premier roman extrêmement intéressant qui évoque des sujets peu communs. BDSM, masculinité, soumission sont des thèmes que vous croiserez entre ses pages, peut-être que vous serez choqué.e.s par certaines pratiques, peut-être que vous ne comprendrez pas le message, peut-être que vous allez fermer les yeux, oublier ce roman, et le laisser dans une boîte à livres. Peut-être que ce sera dommage. Et peut-être que ce sera quelque chose d’extraordinaire pour une autre personne.

Anecdote : puisque j’ai cherché Objet trouvé de Matthias Jambon-Puillet sur Google pour essayer d’en apprendre un peu plus désormais j’ai des publicités sponsorisés facebook pour de la lingerie sexy et des cravaches… à méditer.

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