Jivana de Nadia Coste

Un peu plus d’une semaine que je ne vous avais pas posté de chronique sur une lecture… et quelle lecture ! Je suis contente de renouer avec la fantasy avec ce petit bijou : Jivana de Nadia Coste aux éditions ActuSF sous leur label Naos. 

Avant de vous révéler résumé et chronique il vous faut d’abord savoir que Jivana est un genre d’equel appartenant au cycle Les Fedeylin publié chez Gründ. Sa couverture est vachement plus jolie (oui c’est une considération purement esthétique et subjective mais bon quand un travail est superbement réalisé il faut le souligner) mais du coup il est possible que vous trouviez que le roman manque d’approfondissement quant à son univers. Pas moi. J’aime quand les univers sont nébuleux, quand on ne nous dit pas tout et que l’imagination vous pousse à chercher plus loin, plus haut. Et Jivana est ce genre d’ovni littéraire en littérature de l’imaginaire qui fait qu’imaginer n’est définitivement pas un problème.

Mon résumé

Jivana a toujours été une fedeylin différente des autres. A l’intérieur d’elle, l’esprit prisonnier de la déesse Savironah, déesse de la nuit et des voyageurs égarés, s’exprime. De quoi rendre les autres méfiants, jaloux, voire dangereux. Lors le Dor, leur unique source de lumière, disparaît sous un nuage d’insectes voraces, les fedeylins ont peur. N’ayant d’autre choix que de révéler son identité secrète, Jivana se voit offrir la confiance des sages… Mais tout le monde n’est pas de cet avis.
D’autres pensent que si la déesse n’a pas réussi à s’incarner c’est peut-être parce que l’esprit de Jivana n’a pas disparu. Et certains sont prêts à la sacrifier pour obtenir les pouvoirs de la déesse. Savironah et Jivana décident de fuir ensemble et de trouver une autre destinée, moins funeste. Et dans l’ombre de la nuit sans fin, une prophétie est en marche…

Mon avis

J’ai A-DO-RÉ. En fait je suis passé à « ça » du coup de cœur (malheureusement je ne peux pas vous dire pourquoi sans vous spoiler…vous retrouverez donc ce spoiler tout en bas de cette chronique). Jivana est le genre de roman que je dévore avec parcimonie parce que j’en adore l’univers, la plume, la poésie et que j’aimerais y rester un peu plus longtemps, quelques pages, quelques secondes à me bercer d’imageries, de sensations et de rêves.

L’univers apparaît assez nébuleux puisque l’autrice se contente de légers rappels de sa précédente tétralogie ce qui permet au lecteur de développer un champ des possibles inimaginable. Personnellement pour moi c’est un plus : ne pas avoir à tout expliquer mais créer un univers qui soit cohérent est en soi un vrai tour de force. Il y a beaucoup de créatures qui sont peu ou pas décrites et qui sont d’emblée intégrées à l’environnement de l’héroïne ce qui renforce cette impression de réalisme. Vous n’avez pas à décrire un chat pour que tout le monde comprenne de quoi vous parlez lorsque vous dites « j’ai vu un chat ». C’est exactement la même chose. De fait soit ça passe, soit ça casse…et c’est très très bien passé. Et puis, ne vous en faites pas, vous n’allez pas non plus être complètement dépaysé.e.s : des libellules, des papillons, des grenouilles, des chouettes, des criquets, des sauterelles… Il y a quand même des choses proches de notre univers mais là bas ce sont les animaux et insectes qui sont rois donc ils ont des bras, des jambes, etc.

Jivana est donc une jeune fedeylins aux ailes immaculées partageant son corps avec une déesse. Je crois que, déjà, à partir de là, ce roman me plaisait. La relation qu’elles partagent est extrêmement fusionnelle. Pour autant, le personnage de Jivana n’est pas adulé pour ce don, et cette réincarnation, mais plutôt rejetée par ses pairs qui ont refusé de croire leur mère. Une drôle de métaphore de notre propre ignorance humaine face à la différence… Pas de fausse modestie, de pouvoirs inégalables ou même de courage inébranlable, la jeune feydelin ne possède rien de tout cela juste une voix supplémentaire dans sa tête, quelques bribes de souvenirs des temps anciens et des ailes pâles comme la lune. Alors, quand des jeunes fedeylins décident d’éradiquer son esprit de son corps, Jivana n’a pas vraiment le choix. Elle doit fuir.

La première partie du roman est assez longue à se mettre en place, sans pour autant qu’on s’y ennuie, mais c’est bel et bien la seconde partie qui m’a le plus intéressée. Découverte du monde, des prédateurs, des insectes au dessus de leur tête, des prophéties, des légendes et des contes… Bref, l’aventure ! Le personnage de Jivana mais aussi celui de Savironah évoluent énormément au fil du récit tout comme leur relation. Elles qui ont toujours été cloîtrées au sein d’un petit village se retrouvent à explorer le monde en quête de…quoi ? de Tharanys, le dieu ayant créé le Dor ? d’un moyen de réincarner Savironah ? d’une voie à parcourir ? Les théories se bousculent. Si l’autrice aborde également d’autres personnages, comme le frère de Jivana ou le père de Savironah, le récit se concentre entièrement sur elles et les deux figures masculines ne sont finalement que peu présentes. Une bonne leçon pour tous les auteurs et autrices qui continuent encore et encore à mettre des hommes pour aider leurs héroïnes dans leurs quêtes. Merci Nadia d’enfin démontrer que non, on en a pas vraiment besoin. D’ailleurs les deux créatures qui leur sont du plus grand secours sont deux personnages femelles…

Peut-être que c’est ça. Peut-être que ce n’est pas l’univers, la poésie, les créatures magiques ou même nos deux héroïnes fantastiques que j’ai le plus aimés… mais cette métaphore constante, irréelle, de notre propre quotidien, des maux du monde. L’esclavage, les violences sexuelles, l’amour, la fraternité, l’enfantement, le consentement, sont autant de points que l’autrice aborde sans trop en avoir l’air. Et ça rend toute son histoire beaucoup plus profonde, intelligente et merveilleuse. La fantasy peut aussi raconter ce genre de chose, se faire le relais d’une voix ou de plusieurs, et c’est quelque chose que l’on oublie souvent au profit de l’imaginaire ou de l’évasion. Mais oui, l’un peut aller avec l’autre, et c’est une petite pépite que je tiens entre les mains.

En résumé

Jivana est un roman extrêmement bien construit à l’univers réfléchi. L’héroïne, ou plutôt les héroïnes, sont remarquables de tendresse, d’amour et de chaleur dans un monde où l’obscurité les pourchasse. Pas de grands destins, pas de grands combats, mais une évolution, un parcours, une voie à emprunter. Avec beaucoup de poésie et de grâce, l’autrice mêle à son univers des messages contemporains qui ne laissent pas indifférents, tout en permettant à ses lecteurs une immersion totale dans un roman original et rafraîchissant. Une pépite à découvrir et à savourer !

 

 

SPOILER ALERT

SPOILER ALERT

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Bon là je ne peux plus rien pour vous si vous avez fait fi de mes avertissements. Sachez toutefois que ça ne vous gâchera en rien l’intrigue 😉

Il y a quelque chose qui m’a un peu dérangée dans ce roman c’est la manière dont Savironah et Jivana se déclarent leur amour. C’est tombé un peu trop comme un cheveux sur la soupe et j’aurais peut-être aimé avoir un peu plus de réflexion, par exemple de Jivana, sur ce qu’elle ressentait vraiment pour Savironah. Je me suis dit « c’est dommage ». Je suis repartie aussitôt dans ma lecture 😉

SPOILER ALERT

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